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(Note de lecture), Yann Courtiau, Frictions, par Christophe Esnault


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Posté 04 juin 2019 - 09:44

 

Câest donc cela lâart : un art qui vous emmène vers un autre

6a00d8345238fe69e20240a48ba60b200d-100wiPour Frictions, Yann Courtiau a traqué les apports de la littérature dans la musique et son livre parvient à éviter le jeu du flot de références et la cascade de nameâs dropping, lâhasardeuse succession de listes de noms, piège de lâexercice. Oui de la référence et du nom, vous en trouverez à foison, mais ils sâarticulent sur du sens et sur un monde émotionnel, sensitif, celui dâun féru de musique et de littérature. Au programme ou plutôt aux platines - Courtiau est DJ à ses heures  - et sur des plages que dâautres nommeront chapitres : Albert Camus et The Cure et son Killing an Arab, les Écossais de Mersault⦠Les angoisses de Sylvia Plath traduites par un mur sonore explosif par Les Sonic Youth, Oscar Wilde adulé par Morissey, Aldous Huxley mis en musique par les Buzzcocks avant que Le Meilleur des Mondes par incompréhension soit support à publicité pour une association de retraités, Lautréamont partout : chez Christian Death, Divine Comedy jusquâà chez Adamo, Jean Genet et le très controversé Death in June à renfort dâexpérimentation et collages sonores, The Ex qui nâaura même pas besoin de citer Franz Kafka ou de le nommer, Winfried Georg Sebald et un live dédié de Patti Smith. On sâarrêtera là en nâévoquant quâune courte part de ce que contient le travail de recherche de lâauteur et son euphorie à nous en faire part. En voilà dâun prisme qui sait dire la littérature. On prend des notes ou on interrompt sa lecture pour aller voir le clip « Cheerfull Hypocrisy ». Câest donc cela lâart : un art qui vous emmène vers un autre. Les pistes sont innombrables. Le lecteur-auditeur quelquefois lacunaire ira vers les trouées de sa discothèque idéale. De mon côté je me souviens avoir échangé un album des Rolling Stones et offert un demi au bar contre un Bukowski en collection Speed 17 lors dâune convention du disque à un moment où jâétais à peine un lecteur ; dâavoir couru chez le disquaire après avoir entendu dans un film le Everybody knows de Léonard Cohen. Puis dâavoir acheté un gros volume Poésie et chansons du songwriter les jours suivants. On se laisse à penser que sous Frictions se cachent dâautres livres à venir puisque sâimpose, comme une entêtante Face B, une autre question : Que fait la musique à la littérature ?

Christophe Esnault

Yann Courtiau, Frictions : ce que la littérature fait à la musique et ce que la musique en a fait, La Baconnière, 2019, 158 pages, 17â¬.



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