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(Les Disputaisons) La critique en poésie, contribution de Siegfried Plümper-Hüttenbrink


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Posté 07 septembre 2019 - 08:46

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<p class="blockquote MsoNormal" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><a href="https://poezibao.typepad.com/poezibao/"> </a><em><a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20240a4ce5080200b-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Image disputaison" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20240a4ce5080200b img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20240a4ce5080200b-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Image disputaison" /></a>Poezibao</em> crée aujourdâhui une nouvelle rubrique, intitulée Les Disputaisons. Il sâagira à chaque fois de débattre dâune question littéraire, en donnant la parole à plusieurs intervenants sollicités directement par le site. <br /><br /><a href="https://poezibao.typepad.com/poezibao/"><em>Poezibao</em></a> inaugure cette rubrique avec une première série à parution aléatoire, qui comportera sans doute une quinzaine de contributions. Le thème : la critique en poésie. Cette nouvelle rubrique comme cette première Disputaison ont été conçues par Jean-Pascal Dubost. <br /><br /><br /></span></p>
<p class="blockquote MsoNormal" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: center;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><strong>Une disputaison :</strong><br /><strong>La critique en poésie</strong><br /> <br /></span></p>
<p class="blockquote MsoNormal" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';">Issue de la <em>disputatio</em> latine, la disputaison (ou la dispute) était au Moyen Âge une pratique universitaire qui consistait en un débat dialectique oral rassemblant deux personnes dialoguant autour dâun problème théorique posé par un tiers (le maître) ; sans rhétorique, il sâagissait de raisonnement brut ; ce nâétait pas une confrontation. Nous avons demandé à plusieurs critiques littéraires de disputer par écrit autour de la critique en poésie, insistant auprès dâeux sur le fait que lâappréciation défavorable y est rarissime.<br /><br /><br />Première contribution : Siegfried Plümper-Hüttenbrink <br /><br /><br /><br /><br /></span></p>
<p class="blockquote MsoNormal" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: center;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><strong>Siegfried Plümper-Hüttenbrink</strong><strong><br />Voeux et aveux dâun critique</strong><br /><br /></span></p>
<p class="blockquote MsoNormal" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';">Je nâai jamais su si je suis un critique bien recommandable. Ce dont on discute et dispute me lasse à la longue. Quant au mot de <em>critique</em>, jâavoue quâil est fait pour mâindisposer. Ne génère-t-il pas tôt ou tard un état de crise auquel il faudra remédier ? Je lui préfère de loin celui dâ<em>examen</em> clinique. Car en se fiant à lâétymologie, lâacte de <em>critiquer</em> revient aussi à discerner, disjoindre et trier. Sans vouloir parler de dissection<em>,</em> ni recourir ici à une radiographie, il me semble que toute critique ne peut sâeffectuer que par une saisie clinique de ce quâelle loue ou incrimine. Elle repère des symptômes, effectue des tests, et dresse au final un diagnostic. Et sans doute nâen va-t-il pas autrement de la recension critique dâun livre. Si elle touche au vif, elle risquera tout autant de guérir son auteur de ses travers que de lâempoisonner pour le restant de ses jours. Mais souscrire à de tels pratiques médicales à lâégard dâun livre et de son auteur me répugne plus quâautre chose. Quant à émettre un avis ou prescrire des indications de lecture, je nâen ai ni les compétences ni lâenvie. Jâestime nâavoir en rien à décréter un <em>pour</em> ou <em>contre</em> lui. Prendre sa défense ou en faire un éventuel accusé relève dâune jurisprudence qui nâest pas de mon ressort. Quant au soi-disant critique quâil mâarrive dâêtre, sans doute tient-il à retirer ses épingles dâun jeu qui peut virer au massacre.  <br /><br />On me rétorquera quâune critique en règle et dûment argumentée dâun livre peut sâavérer éclairante pour son auteur. Il pourra à lâavenir réviser ses acquis, se corriger de ses maladresses, voire se bonifier avec lââge. Si bien quâun livre manqué aura été un mal nécessaire, une étape à franchir pour son auteur qui sera dès lors en voie de guérison. Et sa publication, si inefficace et indue soit-elle, nâest jamais à contre-indiquer, vu quâelle a reçu lâaval dâun éditeur. Jean Paulhan, qui nâétait pas avare en paradoxes, allait jusquâà dire que ce sont les défauts et non pas tant les qualités dâun livre qui font parfois inexplicablement tout son charme. Et ne dit-on pas de certaines maladresses quâelles sont touchantes, si risibles soient-elles ? Sans oublier certaines malformations qui ont de quoi vous troubler, comme un strabisme oculaire ou la langue de qui bégaye. Comme si en louchant, on allait se mettre à <em>voir double</em>. Et en fourchant de la langue, tenir soudain un <em>double langage</em>. Ce qui peut sans doute arriver de mieux à un critique sâil tient à soupeser le <em>pour</em> sans perdre de vue le <em>contre </em>au cours de ses investigations<em>.<br /></em><br />Malgré mes réticences et mes réserves en matière de critique, jâai dû toutefois contribuer régulièrement aux <em>Cahiers critiques de poésie</em> du CIPM depuis leur création en 2001 par Emmanuel Ponsart. Sans doute de ce quâil me laissait carte blanche pour me retrouver infailliblement en hors-jeu. Car rendre compte en bonne et due forme de la parution dâun livre était le dernier de mes soucis. Seul mâimportaient les signes avant-coureurs quâun livre était en mesure de me fournir sous forme dâindices, et à lâaide desquels une sorte dâenquête écrite pouvait éventuellement venir à jour.<br />À lâart de la critique et de la controverse qui a vite fait de tourner au vinaigre, je préférais ainsi lâentente complice, et dont on ne sait au juste si elle est réelle ou sâavère fictive, vu quâelle se communique toujours par <em>intersignes </em>qui sont autant de sous-entendus qui restent invérifiables. Et sans doute est-ce encore aujourdâhui la seule forme dâapproche critique que je parviens à envisager avec un livre de ce quâelle mâamène parfois à cohabiter mentalement avec son auteur. Aux signes de pistes quâil me livre, il ne me reste plus quâà lui faire signe en retour, son livre assurant le relais.<br />Il va sans dire quâune telle approche critique ne peut se réaliser quâen pleine fiction. Rien ne peut venir la valider, hormis quelques indices de lecture, et qui restent on ne peut plus hypothétiques. Et si elle prend un livre et son auteur pour <em>guide</em>, câest en vue de sâengager dans une enquête langagière au sens où lâentendait sans doute Ludwig Wittgenstein dont on sait quâil nâavait de cesse de parler par signes indicatifs, voire conducteurs, avec ses « <em>jeux de langage</em> ».<br /><br />Suite à ces <em>avoeux </em>qui sont loin dâêtre fiables, il me reste un dernier vÅu à formuler en matière de critique et que je détiens dâAndré Hirt. Il dit quâau cours dâune approche critique il sâagit non pas tant de « <em>creuser un texte que de lâaccompagner, et en quelque sorte de le mimer</em> ». En le laissant se reconduire en ses traces vives ? En le déchiffrant en miroir ? En se mettant à son diapason, sur sa longue dâonde ? En révélant quelque chose du processus quasi organique qui lâa fait venir à jour ? En lui faisant signe en retour des signes quâil nous adresse ? Il semble que les manières de le mimer sâavèrent multiples. La seule qui reste guère envisageable revient à lâincorporer.<br />Siegfried Plümper-Hüttenbrink<br /><br /><strong>Siegfried Plümper-Hüttenbrink<br /><br /><br /></strong></span></p><img src="http://feeds.feedbur.../~4/IfaKctz0Jo8" height="1" width="1" alt=""/>

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