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(Les Disputaisons) La critique en poésie, contribution de Pierre Le Pillouër


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Posté 09 septembre 2019 - 12:37


6a00d8345238fe69e20240a4aaa0a8200d-100wiPoezibao
propose une nouvelle rubrique, intitulée Les Disputaisons. Il sâagira à chaque fois de débattre dâune question littéraire, en donnant la parole à plusieurs intervenants sollicités directement par le site.

Poezibao inaugure cette rubrique avec une première série à parution aléatoire, qui comportera sans doute une quinzaine de contributions. Le thème : la critique en poésie. Cette nouvelle rubrique comme cette première Disputaison ont été conçues par Jean-Pascal Dubost.

Une disputaison :
La critique en poésie

Issue de la disputatio latine, la disputaison (ou la dispute) était au Moyen Âge une pratique universitaire qui consistait en un débat dialectique oral rassemblant deux personnes dialoguant autour dâun problème théorique posé par un tiers (le maître) ; sans rhétorique, il sâagissait de raisonnement brut ; ce nâétait pas une confrontation. Nous avons demandé à plusieurs critiques littéraires de disputer par écrit autour de la critique en poésie, insistant auprès dâeux sur le fait que lâappréciation défavorable y est rarissime.

Deuxième contribution : Pierre Le Pillouër


Pierre Le Pillouër

Dès la création de la revue en ligne Sitaudis en 2001, jâai annoncé les couleurs (qui tachent et fâchent) en dressant une liste de Ceux que nous ne publierons pas puis jâai proposé de désigner Le Pire des Poètes (en lieu et place du Prince, au prétexte que ce serait plus facile pour notre époque), tout en raillant quelques livres ou attitudes de poètes, parmi les mieux considérés du moment. 
Je me souviens de réactions indignées et de rumeurs désagréables, dont l'accusation de pratiquer la censure.
Il sâagissait pour moi avant tout d'attirer des visiteurs au-delà du cercle trop restreint des poètes lecteurs de poètes et à cet égard, ce fut une réussite fulgurante, en tout cas en termes de fréquentation francophone.
Les couleurs fluos criardes choisies par notre jeune webmaster, Emmanuel Olégine, et le concept de « taudis » contenu dans lâenseigne, indiquaient une volonté de construire un espace très éloigné de lâimage et du monde des revues de poésie.
De plus, je trouvais le milieu trop ronronnant sur ses lauriers, gâté par trop de complaisance et par lâesprit de sérieux ; le web (avec son potentiel inouï de repentir impensable à lâère de lâimprimerie) était le médium idéal pour se livrer à du Jeu (cf. dans les Citations, celle de Max Jacob : Lâart est un jeu ; tant pis pour celui qui sâen fait un devoir. ») et à distribuer de damnés coups de pied dââne, à remuer du pas net dans un esprit plus picabiesque (391) que tzariste ou TXTien (cette revue, à laquelle jâai collaboré, a pratiqué la critique polémiste mais avec plus dâexigence et dâautres motivations).
Puis, en 2004, Nathalie Quintane a publié un texte qui a également bien agité les esprits : Monstres et couillons, la partition du champ poétique contemporain
avec un additif de 2012 ; ce texte trouvait encore matière à discussion il y a à peine un an chez un jeune auteur, Gabriel Meshkinfam.
Visant principalement lâinstitution « Le printemps des Poètes », N. Q. y affirmait « qu'un texte de combat peut aussi être un texte de réflexion. », ce dont je suis encore convaincu.
Mais aujourdâhui, les choses ont bien changé, Sitaudis est devenu mieux qu'admissible avec un réseau de critiques exigeants dont beaucoup de « papiers » sont dignes de l'imprimerie.

Peut-être parce que je me suis mis à fuir ce qui pourrait ressembler, même de loin, à de la malveillance ; la vie est courte et je me suis aperçu que lâamour (cf. Spinoza), est la seule passion qui ne soit pas nocive.
Finies les polémiques et les volées de bois vert ?
Nous sommes encore prêts à les accueillir pourvu que les textes, pour injustes quâils paraissent, suscitent le plaisir de lire avec lâacceptation dâêtre controversés et le respect dû aux personnes.
Grâce à son retentissement, Sitaudis mâa permis dâaider de nombreux jeunes auteurs à publier leur premier livre et câest la grande satisfaction qui perdure, des années après sa création.

Pierre Le Pillouër


MvaaB-T3VFs

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