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(Anthologie permanente) Jacques Jouet, Idi Nouhou, Cécile Riou, Niamey


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Posté 10 octobre 2019 - 09:55

 


Niameysrc="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20240a48f12b1200c-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Niamey" />LâAssociation Les Mille Univers publient plusieurs recueils liés au PPP, projet poétique planétaire, déjà souvent évoqué dans href="https://poezibao.typepad.com/poezibao/">Poezibao et notamment par trois feuilletons estivaux.
A Niamey, Niger, Afrique, du 27 décembre 2017 au 2 janvier 2018, Jacques Jouet, Idi Nouhou et Cécile Riou ont composé cinquante-et-un poèmes. Ces poèmes sont des « Choses qui... », à la manière de Sei Shônagon.


Le 28 décembre 2017, Niamey

(poème adressé à Hadiza Hassan) CR

CHOSES DONT JE NE CONNAIS PAS LE NOM

Le centre d'affaires, commandé par les Saoudiens et construit par les Chinois.
Les tout petits oiseaux rouges.
Le fil de fer barbelé arrondi que l'on trouve dans les prisons et les maisons particulières, aussi au CCFN, qui n'est pas le « cheval de frise ».
La bouilloire en plastique dont on se sert pour se laver les fesses, les mains.
Le turban que portent les hommes du Nord, et le nom précis de leur boubou.
Entre deux noms j'hésite : la Poudrière (quartier) ou Zabarkan (cinéma et par extension quartier), je ne voudrais pas être en retard.
Les légumes vendus au bord de la route, dont un est coupé pour qu'on en apprécie le mûrissement et la qualité, la chair est jaune, la peau est épaisse, brune et comme martelée.
Les arbres qui donnent une ombre épaisse et d'autres une ombre clairsemée.
L'oiseau qui chante sur trois tons, comme s'il soufflait dans une flûte de pan à trois cannes (et je ne sais même pas à quoi il ressemble).
La bassine, le plus souvent en plastique et parfois en métal, agrémentée ou non d'un lacet pour la passer autour du cou, servant aux enfants à mendier.



Le 29 décembre 2017, Niamey, au café Baobab (Alternative)

(poème adressé à Rahila Omar) JJ, IN, CR

CHOSES QUI MEURENT À PETIT FEU

Ta cigarette.
Les sentiments face à la distance.
La banquise, à petits glaçons.
Le homard, à petits bouillons.
Un épineux rattrapé par le désert.
Les fleurs cueillies par amour.
Le papier d'Arménie plié en accordéon dans une coupelle.
Je me rappelle ce paysan, dans un roman de Zola (Le Docteur Pascal), tellement imbibé de gnôle que s'endormant pipe allumée il se consume comme une chandelle. Le côté non scientifique du phénomène faisait bondir Gaston Bachelard.
Quand on perd le goût de la vie, on se replie sur soi-même, on se détache des choses et des êtres, du temps et de la raison.
Jeanne d'Arc.



Le 1er Janvier 2018, Niamey

(poème adressé à  Alhaji Mahamadou Iro Assao dit Ala). JJ, IN, CR

CHOSES QUI SONT DOUCES

Le jus de baobab.
Lire deux livres, pendant la sieste.
La voix de l'être aimé.
La joue d'un bébé.
Le cuir qui a été longuement poli avec un outil de métal lui-même poli et doux.
La vie quand on est heureux.
La boule.
La surface arrondie d'un gland.
La mort quand on est heureux et âgé.


Jacques Jouet, Idi Nouhou et Cécile Riou, Niamey, éditions Mille Univers, coll. PPP, 2019, 62 p., 8â¬, pp. 9, 16 et 35,
href="https://editions-mille-univers.net/">Sur le site de lâéditeur


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