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(Les Disputaisons) La critique en poésie, Christian Vogels


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Posté 18 novembre 2019 - 10:54

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<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><a href="https://poezibao.typ...com/poezibao/"> </a><em><a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...1aa0200b-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Image disputaison" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20240a4ec1aa0200b img-responsive" src="https://poezibao.typ...1aa0200b-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Image disputaison" /></a>Poezibao</em> publie aujourdâhui la dernière contribution dâune série de seize autour du thème « la critique en poésie » qui a été lâobjet de la première Disputaison mise en Åuvre sur le site, grâce à Jean-Pascal Dubost qui en a eu lâidée et qui en a assuré la réalisation. <br />Une nouvelle Disputaison est à lâétude pour le mois de janvier. <br />Pour retrouver lâensemble des seize contributions, il suffit de cliquer sur le lien 'Les Disputaison' dans la colonne de droite sur le site ou de <a href="https://poezibao.typ...aisons/">suivre ce lien.</a><strong> <br /><br /><br /></strong></span></p>
<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: center;"><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';">Critiques et destinataires. </span></strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><br /></span></p>
<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';">Pour cette disputaison sur la critique en poésie contemporaine, Jean-Pascal Dubost et Florence Trocmé ont invité des lecteurs/auteurs assidus aux profils voisins mais variés. Il existe des nuances voire des différences sensibles. Hommes ou femmes, on trouve des éditeurs, auteurs stricto sensu, revuistes, critiques dans les journaux ou magazines, animateurs de site internet, etc.<br />Cet éventail ouvert nâempêche pas de repérer, à la lecture, trois constantes présentes dans la plupart sinon toutes les contributions. Les deux premières présentent ou décrivent des attitudes, des comportements au regard du travail de critique. La troisième également mais le travail critique sâinscrit dans un contexte spécifique qui entraîne des différences notables avec les deux autres.<br />La première attitude consiste pour les auteurs à situer lâactivité de critique en regard de leur propre pratique dâécriture et de lecture (I.  Baladine Howald, E. Jawad, A. Malaprade,..). La deuxième décrit le travail critique avec une prescription, selon S. Plümper-Huttenbrink de <em>« discerner, disjoindre et trier »</em>. Au mieux, il sâagit dâun travail de <em>« passeur »</em> comme lâécrit JN. Clamanges. Mais ce travail avec prescription peut être jugé désagréable ou hors de la compétence des auteurs (L. Degroote, L. Albarracin). Enfin, la troisième constante inscrit le travail critique dans une réalité objective, donnée inattendue mais nullement anodine. Elle est liée aux choix légitimes des animateurs de <em>Poezibao</em>.<br />Quelle est-elle ? La majorité, voire tous (?), des intervenants (sans oublier F. Trocmé et Jean-Pascal Dubost, à lâorigine de ces échanges), sont ou ont été membres de la Commission Poésie du CNL. Pour ma part, jâobserve que sur les 3/4 des participants que je connais bien, <em>tous</em> <em>sans exception,</em> ont Åuvré au CNL comme « lecteurs ou lectrices experts ». Affirmer que le dernier quart, connu de plus loin, ne change guère ce résultat, - ou pas du tout, est une probabilité grande et sans doute vraie.<br />Partant de là, on fait lâhypothèse que ce particularisme de lecteur CNL déplace le point de vue sur la question de la critique et peut aider à préciser ce qui se passe pour les deux autres constantes. Dès lors, le lecteur ne sâétonnera pas quâen suivant ce chemin de traverse, cette contribution prenne une orientation un peu différente des autres analyses présentées dans le dossier.<br /><br />* * *<br /><br />Concernant le CNL, la contribution dâAnne Malaprade est éclairante et dâune grande justesse. <em>« Je mâengage avant </em>[la]<em>lecture </em>[de lâouvrage]<em> à rendre compte de sa spécificité, travail que je considère comme un service, (...), une réponse à un contrat, bref <u>une sorte de « commande »</u> </em>[souligné par moi] <em>qui exige une forme de neutralité bienveillante et responsable. </em>Elle pointe, dans ce contexte, la fonction du travail critique : choisir, pour les soutenir ou non, des Åuvres (ou poètes) dans le cadre financier précis déterminé par un <em>commanditaire :</em> à savoir lâinstitution CNL, dépendante du Ministère de la Culture, soit : lâÉtat. Le commanditaire ne pèse pas â en principe, sur le choix littéraire. Mais ultime <em>destinataire</em> le commanditaire exige que le critique prescrive qui aider ou pas, y compris en « <em>défend</em>[ant]<em> des projets aux antipodes de </em>[s]<em>es goûts »</em> (L. Degroote). <br />Commanditaire, lecteur expert, texte à lire, auteur critique, destinataire.<br />Cette chaîne se retrouve dans les deux autres constantes. La particularité du CNL, câest que le travail critique sâélabore dans un espace encadré par les contraintes financières. Peu importe <em>sur des manuscrits soumis au CNL dâêtre peu élogieux</em> (G. Cartier) ou dithyrambique : le travail critique, dans une <em>neutralité bienveillante,</em> est un jugement écrit (donc une production de texte) sur un livre, par un auteur poète, romancier, libelliste, journaliste, etc. Ce jugement est la <em>réponse</em> à une obligation de prescrire signifiée par lâinstitution commanditaire. Mais, notez cette spécificité, les deux bouts de la chaîne sont une seule et même entité : le CNL. En effet, le <em>destinataire </em>CNL reçoit une réponse à la prescription induite par le <em>commanditaire</em> CNL.<br />Les deux autres constantes : d'une part, lire et écrire en regard de son propre travail dâécriture ; d'autre part, juger et prescrire pour des tiers sâinscrivent dans des logiques voisines de celle du CNL. Toutefois elles ont des particularités qui éclairent autrement le travail de critique en poésie contemporaine.<br />Si on affirme : <em>Une fois dans le texte, je souligne, (â¦), je ne sais plus qui conduit qui est conduit</em> (I. Baladine Howald) ;  <em>pour</em> <em>écrire sur un livre, il faut lâapprivoiser</em>, (A. Malaprade) ; <em>se couler dans le projet de lâauteur</em> (JM Baillieu) ; <em>le critique aime,(...) le lecteur est dedans</em> (F. Huglo) ; <em>écrire avec les Åuvres</em> (JN Clamanges), qu'est-ce que qui se dit là ? Sans doute ceci : après mâêtre procuré tel livre, moi, lecteur expert, avec lâÅil critique du juge, travaillé par le texte, je fais mienne cette Åuvre, pour à mon tour créer, peut-être.<br />Ce qui veut dire que le processus : acquérir, recevoir un livre, le lire en sâautorisant à <em>juger, trier, discerner</em> (soit : être critique), fait du lecteur un commanditaire de lui-même. Il répond à un contrat quâil se fait : lire le livre pour sâen nourrir ou sâen distancier, afin que, lecteur ou lectrice, il devienne auteur. En lisant, on juge et répond à une prescription quâon sâest donné : nourrir le/la destinataire (et poète) quâon est.<br />La lecture critique permet à un(e) poète dâêtre nourri(e) par la prescription : lire et juger, câest bien écrire. Écrire est <em>une réponse</em> <em>à une demande</em> intime : remplir le contrat de créateur, comme le disent A. Malaprade : « <em>je lis pour écrire</em> » et L. Albarracin « <em>écrire sur les autres câest encore écrire pour soi, par les autres. »</em>. Le commanditaire est ainsi destinataire du travail critique. Mais le poète nâen rend compte quâà lui-même (L. Degroote). Dans ces conditions, les livres qui nâintéressent pas tombent dans lâoubli. Bons ou mauvais peu importe : ils ne nourrissent pas, câest tout. Car le livre quâon a acheté (ou reçu) nâayant pas dâeffet, après lecture, sur lâécriture du destinataire, c'est-à-dire soi-même, il est inutile dâen parler.<br />Il reste le travail critique avec transmission dans une revue, un journal, un site etc. S. Plümper-Huttenbrink, O. Barbarant, JM Baillieu, entre autres, lâindiquent : la pression de ces structures ne compte guère, les enjeux financiers et de pouvoir étant médiocres voire inexistants dans le microcosme de la poésie contemporaine. Le critique <em>lecteur comme nâimporte qui, navigue au gré des livres quâil lit...Il est là pour transmettre, tenter dâentrer dans un livre, de le prendre sur lui pour le porter vers dâautres » </em>(F. Huglo). <br />Toutefois il existe ici une différence considérable : le critique, ici, doit penser le travail sans connaître ses destinataires nombreux, variés et, en principe, inconnus. Cependant même dans cette situation, fréquente au demeurant, les destinataires changent aussi la perception quâon peut avoir du travail critique.<br />Car sâil nâa pas de lien, en principe, avec le critique, le destinataire a accès à la critique dans des instances ou médias précis : magazines, revues papier ou sites si nombreux... Or pour être lu il faut placer son « papier », dans une instance où il sera recevable par le destinataire. Or celui-ci choisit ses lieux dâinformation et ne va pas nâimporte où. Rares sont les boulimiques qui dévorent du tout-venant.<br />Ainsi, le choix du lieu de publication de la note critique manifeste que pour lâauteur, le destinataire nâest pas complètement inconnu ou indifférent. Car une critique pour être publiée doit correspondre peu ou prou à ce que peut recevoir le lectorat.... Or, les abonnements et livres coûtant chers, les lecteurs, souvent poètes aussi, préfèrent lire des auteurs qui leur sont proches. (Cf. le premier paragraphe dâE. Jawad). On le vérifie aussi, signale P. Le Pillouër, sur les sites. Les destinataires investissent ce qui, évidemment, est en proximité de leurs pratiques littéraires et choix esthétiques. Du dépaysement il y en a parfois, sans doute, mais pas trop. La note de lecture assure, involontairement sans doute, une fonction de renforcement du profil des lieux destinataires ainsi que lâentre soi inhérent à ces comportements quâévoque O. Barbarant.<br />Quâen est-il, enfin, du lecteur qui nâécrit pas ? Lecteur de hasard, rarement abonné, il est volatile et sâévapore rapidement. Beaucoup de petites structures se reconnaîtraient dans ce constat que jâai pu faire dans la revue <em>N47</em>. La situation est évidemment différente pour <em>Europe </em>ou <em>Po&amp;sie.</em> Ces lecteurs sâintéressent-ils à ces textes de critique ? Simple supposition mais on peut le penser : probablement pas. Destinataires nâapparaissant pas, disparaissant facilement, ils ne pèsent pas sur les enjeux du travail critique.<br /><br />* * * <br /><br />En replaçant le destinataire dans la logique de création, on déplace le critique et son travail de lecteur. On peut alors réévaluer cette activité selon trois critères : le sens de cette pratique, la visibilité sociale quâelle induit (ou pas), son effet sur les lieux et structures où la poésie contemporaine sâépanouit. Comme on lâa vu, en étudiant les rapports entre auteurs de travaux critiques et destinataires, trois directions apparaissent.<br />La première est créatrice de visibilité sociale pour les Åuvres. Mais câest le destinataire institutionnel qui entérine le jugement dâun lecteur expert capable de trier et hiérarchiser des textes. Cette critique littéraire répond à la demande du destinataire : compte tenu de lâimpératif financier, qui soutenir ? La deuxième est créatrice de sens et dâécriture pour le destinataire. Celui-ci connaît la fécondité du regard critique puisque câest en lisant quâil sâenrichit et crée. Enfin la troisième, la plus fréquente, crée ou renforce la cohérence de ces lieux multiples où la poésie dâaujourd'hui vit ou vivote. Les structures connaissant leur public, elles acceptent ou refusent telles ou telles critiques. Diffusées (et lues ?) dans des lieux où le destinataire les attend, ces notes donnent, par rebond cohérence, visibilité sociale, et sens au travail du critique. Entre les lecteurs et lâauteur existent des liens intellectuels, artistiques, esthétiques. Lâauteur y gagne, certes, mais là encore, le destinataire a le dernier mot.<strong><br /><br />Christian Vogels <br /><br /><br /></strong></span></p><img src="http://feeds.feedbur...~4/TR14PTw3XlM" height="1" width="1" alt=""/>

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