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(Note de lecture), Etienne Paulin, Là, par Philippe Fumery


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#1 tim

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Posté 27 novembre 2019 - 05:00

<p> </p>
<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"> <a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...b463e200d-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Etienne Paulin là" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20240a4cb463e200d img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20240a4cb463e200d-100wi" style="width: 98px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Etienne Paulin là" /></a>Dans le recueil dâÉtienne Paulin, nous ne sommes pas dans « lâici et le maintenant », exposés et comme fixés dans un présent tangible. Nous sommes dans le domaine du « là », ou du moins dans le registre du « là » : celui-ci se trouve sous nos yeux, sans doute, mais il reste à préciser, à délimiter. Tout semble bouger au sol, flotter. Tout nous tire vers un ailleurs, à la fois espace et temporalité, celle-ci déplacée du côté de lâenfance. <em>Tout naît à la dérobée, 42.<br /><br /></em>Nous passons à côté de lieux qui pourraient être ce « là » : <em>une espèce de verrière, 11 ; </em>une <em>véranda grise / dévorée de bruine, 20 ; </em>un <em>square, 28, 36 ; </em>ou encore<em> une rotonde / malléable dans le souvenir, 31 ; au fond dâune piscine, 50.<br /><br /></em>Ce lieu est sans doute pavé ou carrelé, câest la seule qualité dont lâauteur se sert pour commencer à le décrire : <em>pavés insignes, 11 et 42 ; dans les masures les tommettes, 11 ; les curieux carreaux noirs au fond dâune piscine, 50. </em>Le carrelage est la matière utilisée pour marquer le lieu, lui donner assise et solidité. Une chose est sûre, cet élément est ancien : <em>je me souviens des carrelages, 39.<br /></em><br />« Là » pourrait aussi prendre la forme dâune péniche, dâun <em>navire au hasard, 36, </em>glissant entre les berges, mobile ou parfois amarré <em>contre ce joli coin dâécluse, 64.<br /><br /></em>Tout le recueil et nous, lecteurs confiants, devons tendre vers le « là » : <em>on essaye on fréquente / on va vers on croit voir, 30 ; un poème doit bondir / ou être rebondi /⦠/ mais son rêve est de tendre vers toi. 40</em>.<br /><em><br /></em>Lâauteur ne nous abandonne pas cependant, et le « là » sera dit au moment où survient un accident, une fois la stupeur retombée : <em>rendez-vous compte / il faut un accident / là soudain, 54.<br /></em><br />Le recueil est sous-tendu par cette question : <em>pourquoi ce lieu / continue tant, 39. </em>Il tient dâun bout à lâautre sur ce fil tendu, au bord de lâéquilibre, jusquâaux « Séquelles » des dernières pages. Ce lien apparaissait dans un recueil précédent, sous la forme de propositions entrant en contradiction (1): <em>ramenez-vous car tout est là, 36 ; rien nâest vraiment là, 37. </em>Cet équilibre à tenir nâest pas la moindre qualité de la délicate poésie dâÉtienne Paulin.<br /><em><br />Mots feuilles mortes<br />cet équilibre que je recueille. 13<br /><br /></em><strong>Philippe Fumery<br /></strong><em><br /></em>Étienne Paulin, <em>Là</em>, Gallimard, octobre 2019, 67 pages, 10,50 euros.<br /><br /><span style="font-size: 10pt;">1. 30 poèmes Éditions Henry, Les Écrits du Nord, 2017. Le tout dernier poème de ce recueil est intitulé « .là. »</span><em><br /></em><br />Extrait choisi : page 30<br /><br />DE LA FENÊTRE<br /><br />péniches et balafres et péniches encore<br />empesées silencieuses<br /><br />on oublie<br />sâenfuit par<br />on essaye on fréquente<br />on va vers on croit voir<br /><br />et le motif est lâémotion<br />du monde effleuré<br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/typepad/KEpI/~4/qVwUqW9v6hU" height="1" width="1" alt=""/>

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