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(Anthologie permanente), Liliane Giraudon, le travail de la viande


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Posté 18 décembre 2019 - 09:39

<p> </p>
<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"> <a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...8533d200b-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Liliane Giraudon le travail de la viande" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20240a4f8533d200b img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20240a4f8533d200b-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Liliane Giraudon le travail de la viande" /></a>Liliane Giraudon publie <em>le travail de la viande</em> aux éditions P.O.L. <br />Lire <a href="https://is.gd/HIoeA0">cette note de lecture</a> dâAnne Malaprade. <br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />Maïakovski nâaimait pas<br />                                    les pommes cuites<br />                        ne buvait pas mais fumait<br />comme un fou il jouait<br />                                    au poker et sortait armé<br />toi dans ton exposé à la maison<br />            du cinéma de Leningrad<br />                        en mai 1936 tu expliquais <br /><br /><em>je travaille tout à fait comme Maïakovski son crâne lui servait de carnet son entrepôt était toujours rempli non parce qu'il faisait le plein non ce n'était pas ça il s'agissait tout simplement d'un processus le plein se faisait automatiquement<br /></em><br />c'est ce que tu te tuais<br />                                    à leur répéter<br />pour toi le poète était<br />                                    une espèce de sismographe<br />qui éprouvait<br />                        les secousses du sol <br />et c'est vrai que nous écrivons<br />                        avec nos pieds<br /><br />obscurément je l'ai toujours<br />su même lorsque<br />                        dans ma jeunesse<br />il m'est arrivé de porter<br />                        des talons qu'on appelait aiguilles<br />                        combien d'années<br />                        d'entraînement<br />les fragments pour l'entrepôt<br />                                               passent des pieds<br />                                               jusqu'à la cervelle<br />combien de migraines<br />                        et parfois d'insomnies<br />pour cette accumulation<br />                        muette la plupart<br />du temps invisible<br /><br />parce que oui on peut<br />                                               le dire souvent la chose<br />se fait sans nous dans<br />                                               notre dos ou sous nos pieds<br />et si elle ne sâaccomplit pas<br />                                               le poème demeure<br />                                               un simple petit<br />                                               ossement décoratif<br />disposé là et sans usage.  <br />(p. 71-73, extrait de « Fonction Meyerhold »)<br /><br />///<br /><br />« O.K. Une rose peut être blanche et cette fleur est aussi un fruit. Ce qu'elle dit n'est pas ce qu'elle dit.<br />Ici entre Stein grammairienne et son « Je dis que le sens m'intéresse. Le sens m'intéresse. Ce n'est pas ce que je dis. Le sens m'intéresse ».<br />Sauf que moi, quand on me dit « ça signifie que », ça cesse de m'intéresser.<br />Ça fixe l'intérêt au point où ça tombe.<br />Ça meurt aussi sec. Ou tout comme. C'est mort.<br />Alors elle revient et elle dit âOubliez la grammaire et pensez aux patates.â<br />Un chien est attaché.<br />Une femme est plaquée au sol.<br />Une main est tordue.<br />Un ongle est incarné.<br />Penser aux patates revisite l'article indéfini. Du coup tout s'éclaire.<br />L'activité du poème n'est pas incessante mais elle peut se faire sans nous.<br />Parce que quand je lis-écris c'est souvent nous. Ou plutôt on. Et génialement la Stein poursuit. Et elle dit (et câest fort, câest comme une profession de foi), elle dit : « Je crois aux dupliqués », et elle ajoute, et c'est, oui, très fort, elle ajoute âVous ne pouvez répéter un dupliqué vous pouvez dupliquer.â<br />Ce qu'il faut, oui, ce qu'il faut c'est parvenir à penser la différence entre ârépéterâ et âdupliquerâ.<br />À la limite. Car c'est bien une affaire de limite.<br />Pas de sens mais de vue. De vision.<br />Quand c'est nous qui cessons de voir.<br />Quand écrire c'est supprimer celui ou celle qu'on est. Ou croit être.<br /><br />On cesse de se voir. On s'anéantit.<br />On se néantit pour laisser passer autre chose.<br />Dans le mince. L'inextricable. On lutte.<br /><br />On lutte pour s'effacer (soi et l'autre comme autant d'autres, ceux du jour qui se pondent autour, comme le font toutes les poules, celles qu'on programme en vue de l'omelette à consommer, omelette prévue pour l'estomac des lecteurs-consommateurs qui ne peuvent devenir, qui ne seront jamais des lecteurs (de vrais lecteurs), ceux qu'orchestrent les non-critiques que sont devenus les non-journalistes qui se sont mis à faire des livres qui n'en sont pas, ce qui donne au bout du compte une non-littérature ou un considérable, un dominant tas de merde qui empuantit tout le devant et jusqu'à l'arrière, jusqu'à la coulisse de ce qui s'appelle la vie littéraire et qui fait qu'on n'en peut plus, qu'il faut pour continuer à écrire se boucher le nez, fermer les yeux en y appuyant les poings, hurler, hurler parfois à n'en plus pouvoir dans le silence de sa tête pour simplement faire le vide de ces odeurs-là, se dégager de ce que dans les universités ils se sont mis à appeler âune histoire de la réceptionâ ». <br />(p. 129-130, extrait de « L'activité du poème n'est pas incessante »)<br /><br /><br />Liliane Giraudon, <em>le travail de la viande</em>, POL, 2019, 16â¬, 154 p.<br /><a href="http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-4796-5">Regarder Liliane Giraudon parler de son livre</a> sur le site des éditions P.O.L.<br /><br />Liliane Giraudon dans <a href="https://poezibao.typepad.com/poezibao/"><em>Poezibao</em></a> : <br /><a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/01/anthologie_perm_6.html">extrait 1</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/01/mon_rimbaud_.html">lien vers <em>Mon Rimbaud</em>,</a> <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/01/marquise_vos_be.html"><em>Marquise vos beaux yeux</em>, fiche de lecture</a><em>,</em> <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/01/la_lecture_de_m.html">une lecture chez Michèle Ignazi</a><em>, </em><a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/09/anthologie_perm_3.html">extrait 2 (Mon Rimbaud)</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/11/anthologie_perm_14.html">extrait 3 (<em>hierâ¦)</em></a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/03/anthologie-permanente-liliane-giraudon.html">extrait 4</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/03/la-po%C3%A9tesse-de-liliane-giraudon-une-lecture-danne-malaprade.html"><em>La poétesse</em></a> (par A. Malaprade), <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/04/h%C3%B4tel-de-liliane-giraudon-jeanjacques-viton-et-bernard-plossu-lecture-de-florence-trocm%C3%A9.html"><em>Hôtel</em></a> (par F. Trocmé), <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/08/anthologie-permanente-lilia.html">extrait 5</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/10/liliane-giraudon-et-jeanjacques-viton-banana-split-if-et-diem-perdidi-par-alain-paire.html">un article dâAlain Paire</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/05/anthologie-permanente-liliane-giraudon.html">ext. 6</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/05/liliane-giraudon-entretien-%C3%A0-propos-de-lomelette-rouge-avec-sandra-raguenet.html">entretien avec Sandra Raguenet</a>, <em>le retour dâArkadina</em>, feuilleton : <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-113.html">1</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-213.html">2</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-313.html">3</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-413.html">4</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-513-.html">5</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-613-.html">6</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/my-entry.html">7</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-813-.html">8</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-913-.html">9</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-1013-.html">10</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-1113-.html">11</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/05/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-1213-.html">12</a>,  <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/06/feuilleton-le-retour-darkadina-de-liliane-giraudon-fin-.html">fin</a> (avec PDF de lâintégralité), <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/06/anthologie-permanente-liliane-giraudon.html">ext. 7</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/06/note-de-lecture-les-p%C3%A9n%C3%A9trables-de-liliane-giraudon-par-alain-paire.html">&quot;Les Pénétrables&quot; par Alain Paire</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/07/note-de-lecture-les-p%C3%A9n%C3%A9trables-de-liliane-giraudon-par-anne-malaprade.html"> &quot;Les Pénétrables&quot; (par Anne Malaprade</a>), <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/07/anthologie-permanente-l.html">ext. 8</a>, ext.<a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/04/anthologie-permanente-liliane-giraudon-et-xavier-girard.html">9</a>, ext <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/06/anthologie-permanente-liliane-giraudon.html">10</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/06/note-de-lecture-liliane-giraudon-madame-himself-par-anne-malaprade.html">&quot;Madame Himself&quot;, par Anne Malaprade</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/09/entretien-liliane-giraudon-sentretient-avec-catherine-weinzaepflen.html">Liliane Giraudon s'entretient avec Catherine Weinzaepflen</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/09/entretiens-liliane-giraudon-avec-fr%C3%A9d%C3%A9rique-gu%C3%A9tat-liviani.html">[entretiens] Liliane Giraudon avec Frédérique Guétat-Liviani</a>, ext. <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/11/anthologie-permanente-liliane-giraudon.html">11</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2014/01/note-de-lecture-liliane-giraudon-la-sphinge-mange-cru-par-anne-malaprade.html">[note de lecture] Liliane Giraudon, &quot;La Sphinge mange cru&quot;, par Anne Malaprade</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2014/01/note-de-lecture-fr%C3%A9d%C3%A9rique-gu%C3%A9tat-liviani-colas-baillieul-liliane-giraudon-rafle-par-florence-trocm%C3%A9.html">[note de lecture] Frédérique Guétat-Liviani, Colas Baillieul, Liliane Giraudon, &quot;Rafle&quot;, par Florence Trocmé</a>, ext <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2014/11/anthologie-permanente-liliane-giraudon.html">12</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2014/12/note-de-lecture-liliane-giraudon-le-gar%C3%A7on-cousu-par-anne-malaprade.html">[Note de lecture] Liliane Giraudon, &quot;Le Garçon cousu&quot;, par Anne Malaprade</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2016/12/anthologie-permanente-liliane-giraudon-consigner-les-co%C3%AFncidences.html">(anthologie permanente) Liliane Giraudon, &quot;consigner les coïncidences&quot;</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2016/12/archive-marseille-postcards-par-liliane-giraudon-et-jean-jacques-viton.html">(Archive) &quot;Marseille Postcards&quot; par Liliane Giraudon et Jean-Jacques Viton</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2016/12/note-de-lecture-liliane-giraudon-lamour-est-plus-froid-que-le-lac-par-anne-malaprade.html">(note de lecture) Liliane Giraudon, &quot;L'amour est plus froid que le lac&quot;, par Anne Malaprade</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2017/11/anthologie-permanente-liliane-giraudon-revue-faire-part.html">(Anthologie permanente) Liliane Giraudon, revue &quot;faire-part&quot;</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2017/09/entretien-avec-yvan-mignot-par-liliane-giraudon-traduire-khlebnikov.html">(Entretien) avec Yvan Mignot, par Liliane Giraudon : &quot;Traduire Khlebnikov&quot;</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2018/01/br%C3%A8ves-de-lecture-christiane-veschambre-silvina-ocampo-et-liliane-giraudon.html">(Brèves de lecture), Christiane Veschambre, Silvina Ocampo et Liliane Giraudon</a>, <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2018/06/entretien-avec-fr%C3%A9d%C3%A9rique-gu%C3%A9tat-liviani-par-liliane-giraudon.html">(Entretien) avec Frédérique Guétat-Liviani, par Liliane Giraudon</a>, <a href="https://poezibao.typepad.com/poezibao/2019/11/notes-sur-la-cr%C3%A9ation-liliane-giraudon-%C3%A9criredessiner.html">(Notes sur la création) Liliane Giraudon, <em>écriredessiner</em></a><br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/typepad/KEpI/~4/bv14CLNHFYU" height="1" width="1" alt=""/>

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