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(Les Disputaisons) À quoi bon éditer et vendre encore de la poésie ?, 5, François Heusbourg, éditions Unes


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#1 tim

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Posté 11 février 2020 - 01:50

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<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><em> <a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...aeec4200b-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Image disputaison" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20240a50aeec4200b img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20240a50aeec4200b-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Image disputaison" /></a>Poezibao</em> publie aujourdâhui la cinquième contribution dâune nouvelle série de disputaisons autour du thème « A quoi bon éditer et vendre encore de la poésie ? ». Remerciements à Jean-Pascal Dubost qui en a eu lâidée et qui en a assuré la réalisation. </span></span></p>
<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: center;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><strong><br /></strong><br />« A quoi bon éditer encore de la poésie ? »<br /><strong>5. François Heusbourg (éditions Unes)</strong><br /></span></p>
<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';">À vrai dire, cette question ne mâavait jamais traversé lâesprit. Et puisque la question, plus précise, est de chercher à expliquer lâopiniâtreté qui pousse certains éditeurs, certains libraires à éditer et vendre de la poésie, peut-être alors faut-il commencer par préciser que ce qui semble, vu de loin, être lâobjet minuscule de cette opiniâtreté nâest en réalité que la somme de choix individuels, probablement inconscients de leurs motifs, et plus légers quâil nây paraît.<br /><br />Pourquoi éditer de la poésie ? Aucune idée.<br /><br />Pour maintenir le flambeau dâune littérature de création, exigeante, originale et confidentielle ? Pas vraiment. Pour pallier à la défaillance des éditeurs historiques (ceux du XXème siècle) ? Cela me semble une ambition démesurée. Pour permettre lâéclosion dâauteurs profondément singuliers ? Une graine féconde trouve partout à se planter. Par souci dâaltérité ? Ce serait bien prétentieux. Pour affirmer ou défendre quelque chose ? Surtout pas. Pour empêcher la poésie de disparaître ? Si cela devait arriver, ce serait un problème secondaire. La poésie ne nous a rien demandé, surtout pas dâêtre ses chevaliers. Ce nâest ni une mission ni un devoir, ni un pèlerinage ni un fardeau ; câest le petit jardin de chacun.<br /><br />Pourquoi alors éditer de la poésie ? Par hasard.<br /><br />Pour une raison sûrement très égoïste et banale. Pour le plaisir quotidien dâouvrir les manuscrits le matin (privilège quâil serait impensable de déléguer), discuter autour des textes avec les auteurs et les traducteurs (être deux à aimer un livre, cela suffit déjà), définir le nombre de cicéros dâune justification (plaisir ténu mais toujours un peu vertigineux, qui fixe un livre dans une forme), penser une couverture (ou comment varier à lâintérieur du même), ouvrir les cartons des nouveautés (câest Noël tous les mois), tenir un bel objet entre les mains, un objet dont la beauté parvient à se faire oublier (câest toujours une surprise). Espérer surtout que lâauteur sera heureux. Ce processus régulier se produit en ressentant à chaque fois la singularité absolue de lâexpérience, ce même fragile tournoiement de toupie. Et voir que ses journées sâorganisent autour de ce rythme étrange, autour de ce caprice merveilleux et enfantin de faire des livres, procure à la fois un sentiment dâincrédulité, dâillégitimité et de joie nue. Car si ce sont lâauteur et les lecteurs qui font les livres, éditer revient à faire des livres faits par les autres. Câest un tour dont nous nous contentons dâaccompagner la magie avec des gestes de prestidigitateur. <br /><br />Jâai bien conscience quâil nây a là rien de particulier à la poésie, et que le sentiment naïf que jâévoque est très facilement transposable à celui que doit éprouver un éditeur de guides de voyage, de bandes dessinées ou de romans policiers. Tant mieux : la poésie est une aventure éditoriale comme une autre.<br /><br />Pourquoi en somme éditer de la poésie ?<br /><br />Peut-être tout simplement parce que câest amusant à faire, quâil y a des auteurs, et des lecteurs. Beaucoup de lecteurs, à moins de croire que les éditeurs soient motivés par un quichottisme de grenier. Après tout, dans cette époque que lâon considère comme si hostile, le moins aimé des poètes dâaujourdâhui a la certitude de rassembler autour de ses livres plus de lecteurs quâArthur Rimbaud de son vivant. Il y a de quoi être heureux.<br /><br /><strong>©François Heusbourg<br /><br /><br /></strong> </span></p><img src="http://feeds.feedbur.../~4/xzRkUN_GADw" height="1" width="1" alt=""/>

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