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(Notes sur la création) Autour de Michel Butor et de ses Improvisations critiques


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Posté 23 mars 2020 - 11:45


6a00d8345238fe69e2025d9b3f7481200c-100wi« Si lâon sait depuis longtemps â et de façon exemplaire depuis les ouvrages de Jean Starobinski â que la relation critique est une relation vive, à chaque lecture avivée et que son intervention nâest pas une écriture sur mais une écriture avec des textes, une Åuvre, une somme de lectures à déchiffrer et interpréter, ce quâon découvre avec Michel Butor câest la pratique, véritablement, dâune critique dialogique.
Mais quâest-ce à dire que ce âdire avecâ ? Nâentraîne-t-il pas à lâopposé dâun discours critique, lequel prône dâordinaire lâeffacement pour laisser que lâÅuvre donne, seule, toute sa voix ? Ne prend-il pas tous les risques dâimmixtion et de mixité en faisant fond sur une bivocalité qui, pour demeurer telle, ne doit ni sâabolir à lâunisson ni se déchirer dans le discord des confronts ? Car mettre en Åuvre un système « bivocal », au sens où Bakhtine lâentend, câest quelque peu changer les enjeux, la question cruciale devenant alors moins celle dâune relation critique que dâune distance critique. 'LâÅuvre, écrit Starobinski dans LâÅil vivant, je dois la faire parler pour lui répondreâ. Tout réside, en effet, dans ce faire parler. Et peut-être bien que la plus grande nouveauté des Improvisations butoriennes vient de ce quâelles nâoublient jamais la part dâinvention de la critique, à savoir cette préoccupation : à quelle distance parler ? à quelle distance en parler ? Périmant ainsi dâun coup le séculaire débat du 'qui parle' en critique de lâÅuvre ou de son analyste. »

Mireille Calle-Gruber, « Passages de lignes ou les improvisations critiques de Michel Butor », in Cahier Butor n° 1, Compagnonnages de Michel Butor, par Adèle Godefroy, Jean-Paul Morin et Mireille Calle-Gruber, Hermann, 2019, 240 p., 27â¬

Occasion pour Poezibao de signaler la parution du premier numéro des Cahiers Butor. Câest une très belle réussite, tant formelle que par son contenu, avec de nombreuses interventions dâartistes et dâécrivains qui ont travaillé avec Michel Butor.

Sur le site de lâéditeur :
Ne me laissez pas seul avec mes paroles

Jâai le plus grand besoin de vos images

Permettez-moi de voir en votre compagnie

Telle est la prière en forme de ballade que Michel Butor adresse à ses amis artistes et quâil intitule Requête aux peintres sculpteurs et Cie. Ce poème dit pleinement la relation que lâécrivain a entretenue, depuis 1962 jusquâà sa mort en août 2016, avec un monde de créativité où la rencontre des techniques et des imaginaires façonne entre les arts et la littérature des croisées inédites.
Les Åuvres complètes de Michel Butor, publiées en 12 volumes à La Différence, réunissent tous ses écrits, lesquels sont recomposés en volumes, sans les images, les formes et les couleurs qui les ont suscités, et qui constituaient dâabord des livres dâartistes et des Åuvres en collaboration, en très peu dâexemplaires. Les Cahiers Butor donnent la chance de connaître cette création première et dâen restituer le jaillissement qui est dialogue et des imaginaires et des mots. Ils offrent le complément indispensable aux Åuvres complètes, lesquelles demeurent incomplètes sans la présence épiphanique des compagnons de route.
« Compagnonnages », le premier numéro des Cahiers, désigne le cheminement de Butor et de ses partenaires artistes qui, liés par lâamitié, lâexpérimentation et lâapprentissage mutuel, tels les Compagnons artisans, découvrent ensemble les secrets du métier.


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