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(Note de lecture) Florence Pazzottu, j'aime le mot homme et sa distance, par Juliette Penblanc


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Posté 27 juillet 2020 - 09:13

<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><br /><a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...8a7e4200b-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Florence Pazzottu j'aime le mot homme" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20263e958a7e4200b img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20263e958a7e4200b-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Florence Pazzottu j'aime le mot homme" /></a>Le nouveau livre de Florence Pazzottu <em>j'aime le mot homme et sa distance, cadrage-débordement </em>est de ceux qu'on n'épuise pas. Chaque lecture est (re)découverte d'une pensée à déplier, d'un éclairage nouveau, d'une perspective inattendue. Parce qu'on le lit, on le relit, on se surprend à y revenir encore.<br />Tenter d'en rendre compte fait à coup sûr courir un risque, celui d'en aplanir le relief, d'en ternir les éclats multiples : dire l'idée sans la forme annulera forcément la pensée du poème. Mais risquons tout de même puisque <br /><br /><em>«...il n'y/ a de pensée du poème hors/ du mouvement du poème de/ même que dans le dialogue la/ pensée qui se risque en partage ne/ préexiste à son expression/ mais se cherche elle-même se/ découvre et s'invente dans le/ risque qu'elle prend et dans cette/ tension qu'elle éprouve par la/ rencontre d'une autre pensée/ d'un silence »<br /></em><br />Complexité de la pensée, certes, mais complexité jubilatoire, entièrement soutenue par la langue et la forme du poème. Si elle (la pensée) échappe parfois, son rythme, sa scénographie la dépose en nous : elle diffuse et on la perçoit alors bien mieux que par une exploration frontale, stérile.<br />Il faudra adopter une certaine vitesse mais en se gardant de toute précipitation, accepter les pas de côté, les détours (ils tissent la profondeur de champ), accepter même de <em>«suivrelemurdel'impossible »</em> , de naviguer du poème aux notes de bas de pages qui elles-mêmes sont poèmes, tout cela étant pris dans un même mouvement qui organise ce qui, à première vue, semblait disparate.<br />Le jeu est exigeant, énigmatique parfois, mais on l'accepte d'emblée parce qu'il nous hisse, aiguise notre réflexion et nous met en appétit d'en déceler toutes les subtilités capables d'ouvrir des espaces inédits (que l'on pressentait sans parvenir à les nommer : jouissance de la saisie, par l'autre, d'obscurités intimes)<br /><br />Il y a donc jeu, et c'est d'ailleurs lui qui, par une métaphore sportive empruntée au rugby, le cadrage-débordement, architecture l'ensemble en livrant sa tactique du face à face/ feinte/ échappée, véritable philosophie de vie (d'écriture) capable de <em>« défier le tragique »</em> ou de <em>« plier le drame »</em>. Car la poésie de Florence Pazzottu n'est certainement pas théorie pure, et le fait qu'elle puise dans le pragmatisme sportif sonne comme une revendication forte : si elle réfléchit sur elle-même (<em>« Open poème »</em>, magistral art poétique ou <em>« faire le trou »</em>), elle est d'abord en prise direct avec le réel, évoque des situations très concrètes (<em>« opération papoue »</em> ou les <em>« contes d'ici »</em> qui explorent la relation amoureuse). On retiendra comme subtil entrelacement de l'expérience du réel et de l'écriture, l'exemple saisissant de la survenue, dans la langue, de l'usage du point-virgule, permettant le dépassement d'un drame intime :<em> <br /><br />« Ce signe, lui, fut augural, plissa mon être et/ marqua ma chair, poteau, chute et scalpel, inventa/ la spirale : articulation des espaces, le/ dialogue du dedans et du dehors ; tourné vers/ le passé, il ne brisait toutefois pas le flux/ des phrases précédentes, n'était pas déchirure/ mais fit un ourlet, grâce à quoi quelque chose enfin/ put se dire achevé, donner du mouvement de/ l'élan à ce qui allait suivre : il affirmait le/ lien, les contrastes, scénographiait les différences ; / une phrase s'appuyant sur lui ne niait pas/ la précédente mais pouvait â s'opposant à elle/ ou l'épousant, comptant sur elle â sans l'occulter/ échapper à l'influence et trouver sa vitesse ; »<br /></em><br />il y a jeu, oui, mais le jeu n'est jamais tourné vers lui-même, jamais gratuit. Loin des <em>« machines de la langue »</em> et des <em>« boîtes d'aléatoire »</em>, celui-là soutient l'élan de la pensée, lui donne ses ailes et la rend capable de toutes les figures, sauts et rebonds les plus osés et les plus libres : C'est paradoxalement cette vitesse du ricochet qui garantit la profondeur et touche l'essentiel (<em>« nulle gravité/ que ne soutienne/ une profonde/ désinvolture »</em>).<br />L'échappée permet la distance (du titre) nécessaire dans laquelle résonne un grand éclat de rire : le réel ne nous débordera pas si nous le débordons, si nous (nous) jouons (de lui).<br /><br /><strong>Juliette Penblanc</strong><br /><br />Florence Pazzottu,<em> jâaime le mot homme et sa distance, </em>(cadrage-débordement), éditions LansKine, 2020, 200 p., 18â¬. <br />On peut lire un grand extrait de ce livre <a href="mailto:https://poezibao.typepad.com/poezibao/2020/07/anthologie-permanente-florence-pazzottu-jaime-le-mot-homme-et-sa-distance.html">en cliquant sur ce lien.</a> <br /><br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/typepad/KEpI/~4/z4u9mHwaH9U" height="1" width="1" alt=""/>

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