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(Anthologie permanente) Florence Pazzottu, j'aime le mot homme et sa distance


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Posté 27 juillet 2020 - 09:04

<p class="blockquote MsoNormal" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><br /><a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...ad99b200d-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Florence Pazzottu j'aime le mot homme" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20264e2ead99b200d img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20264e2ead99b200d-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Florence Pazzottu j'aime le mot homme" /></a>Florence Pazzottu vient de publier <em>jâaime le mot homme et sa distance</em> (cadrage-déobrdement) aux éditions Lanskine. <br /><br /><br /><strong>f. comme flûte *<br /></strong><em>(en trois mouvements et un astérisque)<br /></em><br />1. Au son de ce mot : pipeau<br />(à la vue de l'objet) je<br />me braquais déclarant<br /><br />aussitôt (j'avais presque<br />douze ans) que je ne mettrais<br />pas <em>ce machin dans ma bouche.<br /></em><br /><br />Toute une année vainement<br /> j'essayais de pincer<br /><em>Jeux interdits </em>sur les six <br />cordes. Ma classe de sixième<br /><br />pipeautait joyeusement :<br />autour de ma guitare<br />comme dans un trou noir <br />l'univers semblait se défaire.<br /><br /><br />2. Ma marraine était croyante <br />je la suivais quelquefois <br />sans jamais accepter l'hostie <br />mais attentive aux petits riens <br />qui tressautaient entre les rangs<br /><br />Elle était infirmière aussi<br />comme ma mère l'avait été<br />qui â elle â n'allait pas communier<br />et acceptait de répondre<br />à mes précoces questions<br /><br />éclairant même de récits<br />les dessous de la conception.<br />C'est à l'âge de sept ans<br />que m'atteignit précisément<br />le nom de mon plat favori<br /><br />et je repoussai net l'assiette : <br />comment avait-on pu oser<br />me servir <em>lâagneau de la foi</em><br />comme un vulgaire placenta<br />mi-cuit et saignant devant moi ? <br /><br /><br />3. Il est certes bien plus facile<br />infiniment plus agréable<br />de méditer la coïncidence<br />par laquelle rousse naquit<br />par une nuit de lune musse<br /><br />notre fille deuxième enfant <br />après que j'avais prononcé <br />cherchant un peu de légèreté cette prédiction par jeu <br />pur sans y croire bien sûr<br /><br /><br />ou encore celle qui fit<br />qu'ayant tranché « un enfant cette<br />fois ne nous l'aurons que <em>« par grâce »</em><em><br /></em>â en riant cela va de soi ! â<br />je vis s'inscrire une séquence<br /><br />de vie d'une incroyable force <br />au cours de laquelle fut conçu <br />en une seule nuit d'amour <br />par le plus fertile des hasards <br />à Grasse notre plus jeune fils<br /><br /><br />que de tirer les conséquences<br />de celle (coïncidence) par quoi<br />à l'angle des rues du Bon<br />Jésus et Sainte-Élisabeth<br />(prénom de, troublée, sa mère : sa<br /><br />folie hantait nos dîners) tandis <br />que je marchais légère songeant <br />à la parution proche de mon récit <em>L'accouchée â </em>une ombre <br />s'abattit qui faillit me tuer<br /><br /><br />ou encore de celle qui fit<br />que je croisai <em>l'homme du noir<br /></em>neuf jours après la nuit de Grasse<br />et réveillée en pleine nuit<br />(le fameux trois heures et demie<br /><br />que j'ai dit « heure de ma naissance »)<br />au lieu du rêve d'allégresse<br />m'assaillit un bloc de réel<br />qui faillit bien réduire en moi<br />ce que lâagresseur insensé<br /><br /><br />â que voulait-il ? je n'avais rien ! â<br />avait encore laissé intact<br />ou même renforcé je crois<br />me plaçant face à une épreuve<br />bien plus terrifiante et précieuse<br /><br />que la plus immense des joies <br />mais dont on ne peut tirer leçon â on ne la salue qu'après coup<br />jâécris <em>après cou </em>et je ris ! â<br />il n'y a rien à apprendre d'elle<br /><br /><br />sinon que « résoudre » est à prendre<br />à la lettre â on la surmonte<br />par en dessous quand on voit sourdre<br />l'infâme piège <em>psychologique </em>: <br />la résolution est logique<br /><br />mais aussi physique ou chimique<br />cela s'expose ou se dépose<br />en précipité poétique<br />ou bien se creuse :  éclaircie vide<br />éclairant les corps et les vies<br /><br /><br />mais il faut bien (facile ou pas) <br />que se tirent les conséquences <br />du réel sailli du hasard<br />â que la saillie se fasse source <br />d'allégresse ou qu'il faille déjouer<br /><br />un désastre â à ce prix seulement <br />à ce risque ce qui se tisse<br />â récit-poème âoutrepasse <br />l'agrément des jeux de langage <br />(ces jeux mêmes qui participent<br /><br />à la foire des communicants<br />au tout-se-vaut à l'euphorie<br />du libre-échange) et devient cette<br />active pensée :  lancer<br />de dés forme opérante qui<br /><br />saisie du Réel le performe <br />doublement exposée :  au <br />trivial à l'idée âfulgurance <br />et intense lenteur ; <em>par l'incise <br />se marque et se dit l'apparaître.<br /></em><em><br /><br /></em><em>* hantée par chose elle était close <br />â avec elle cependant qui sut <br />(nous dit le conte du Joueur) <br />rallier et faire fuir les cohortes <br />obscures de rats se poursuit <br />l'invention d'une discipline<br /><br /><br />intuitive et rigoureuse<br />déductive et prédictive<br />(car la nomination appelle <br />ce qui non apparu se fomente) <br />offrant une égale attention <br />aux choses et aux mots en vue<br /><br />d'une alliance inédite qui <br />transforme aussitôt et le monde <br />et la vie â où se conjuguent<br />éloge de la coïncidence <br />et déploiement en conscience <br />(telle une étreinte assumée) des<br />                          conséquences<br /><br /></em>Florence Pazzottu,<em> jâaime le mot homme et sa distance, </em>(cadrage-débordement), éditions LansKine, 2020, 200 p., 18â¬,  pp. 77-83.<br />On peut lire cette <a href="https://poezibao.typepad.com/poezibao/2020/07/note-de-lecture-florence-pazzottu-jaime-le-mot-homme-et-sa-distance-par-juliette-penblanc.html" rel="noopener" target="_blank">note de lecture</a> de Juliette Penblanc à propos de ce livre.<br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/typepad/KEpI/~4/RCItKrYTttE" height="1" width="1" alt=""/>

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