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(Anthologie permanente) John Ashbery, Autoportrait dans un miroir convexe


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Posté 17 août 2020 - 09:00

<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><br /><a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...a798d200c-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="John Ashbery autoportrait dans un miroir convexe" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e2026bde8a798d200c img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e2026bde8a798d200c-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="John Ashbery autoportrait dans un miroir convexe" /></a>Les éditions Joca Seria publient <em>Autoportrait dans un miroir convexe</em>, de John Ashbery, traduction de Pierre Alferi, Olivier Brossard et Marc Chénetier. <br /><br /><br /><strong><br /><br /><br /><br />Le tout et le reste<br /><br /></strong>Et pour ceux qui comprennent :<br />Nous avons changé de pied ce jour-là, jusqu'à ne plus<br />Pouvoir rien sortir de la situation que nous avions ainsi imitée.<br />Et nous en avions dès lors parlé<br />Non comme d'un être humain, d'une courtoisie et d'une intelligence profondes<br />Proposant d'exprimer de sombres préoccupations<br />Mais comme d'une description de soi non dénuée d'intérêt.<br /><br />Ainsi restent dérisoires les bonnes intentions<br />Soumises qu'elles sont aux froides rosées<br />Et aux conditions tenaces d'un gagne-pain.<br />L'aube grave se drape-t-elle dans un motif de liseron<br />Que le midi suivant le modifie, falot ou carrément dépourvu de tragique,<br />Jusqu'à ce que le motif ne soit plus guère qu'empreintes de pas,<br />Sèches et gaies, entichées du vieux-jeu et du routinier.<br /><br />« Les conditions » ne sont pas un signe, mais pourraient être<br />Un sous-produit, une banlieue ouvrière anonyme<br />Dans la grande douceur qui a envahi l'air<br />Dans un craquement de rouages, de revirements habiles.<br />Le soleil aveuglé va devoir en répondre<br />Mais toujours-est-il que les logements sont construits<br />Et qu'on a bel et bien emménagé dans certains.<br /><br />Mais ce que je veux dire c'est qu'il est inexcusable<br />De déduire sans arrêt le général du particulier, <br />Comme des taches sur ce soleil. Combien de<br />Gémissements impuissants ont propulsé des orchestres<br />Sur des parquets fébriles jusqu'à ce que même<br />Les danseurs s'y trouvent, en valses gauches au début <br />Mais maintenant statiques et bourdonnants comme un tissu écossais.<br />          Personne<br /><br />Ne s'en soucie ni n'utilise plus la petite gare.<br />Ils sont trop jeunes pour se rappeler<br />Comment c'était lorsqu'arrivaient les derniers trains.<br />Un ciel violet rasant les crêtes grises.<br />Quel paresseux appétit<br />Entretenait le cercle des busards en vol, et lorsque venait<br />L'aube c'était sur quatre roues, sans excuses et sans histoires.<br /><br />Il est impossible de s'imaginer la solidité<br />Des relations à l'époque. Par principe,<br />On ne laissait jamais place au flottement, de sorte que<br />Tout était utile. Les gens mouraient<br />Ravis de la longue attente,<br />Faisaient s'élever de brèves paroles dans l'après-midi, les collines :<br />Puis la gentillesse basculait pour la dernière fois.<br /><br />Te rappelles-tu comment nous cueillions<br />La reine des bois, la reine des bois ? Mais toute chose            <br />Ne peut être armoriée, même si bien sûr beaucoup<br />Le peuvent, et les rares consacrées<br />Par un caprice échappant aux majestueuses<br />Mâchoires du temps mènent des vies heureuses et utiles<br />Sans savoir que l'univers est un vaste incubateur.<br /><br />Le sentir clairement ce n'est hélas pas le savoir â<br />De nos jours les instructions proviennent de nombreux domaines distincts<br />Qui se rejoignent à l'endroit d'un piédestal désert.<br />Trop d'armées, trop de rêves, et c'en est<br />Fini. Adieu, dis-tu, à la prochaine<br />Et je mets nos conditions en place jusqu'à la prochaine fois<br />Mais le ciel se renfrogne, et le travail est achevé en rêve. <br />(Traduction de Marc Chénetier)<br /><br />John Ashbery, <em>Autoportrait dans un miroir convexe,</em> traduit par Pierre Alferi, Olivier Brossard et Mar Chénetier, éditions Joca Seria, 2020, 141 p., 25â¬, p. 79. <br /><br />NDLR : lâédition nâest pas bilingue et il nâa pu être trouvé en ligne la version originale de c epoème.<br />Lâimage de couverture du livre est une collage de John Ashbery, The mail in Norway, 2009<br /><br /><a href="https://www.jocaseria.fr/Livres/Fiche%20livre/autoportrait.html">Sur le site de lâéditeur </a>: « Tout artiste qui se respecte devrait avoir comme seul objectif de créer une Åuvre dont le critique ne saurait même commencer à parler.⯠» Les propos tenus par John Ashbery sur lâÅuvre du peintre Brice Marden éclairent la sienne, si singulière, qui sâouvre avec <em>Some Trees</em>, choisi en 1956 par W. H. Auden pour le Yale Series of Younger Poets Prize. À peine vingt ans plus tard, le magistral <em>Autoportrait dans un miroir convexe</em>, éponyme du poème inspiré par le tableau du Parmesan, mêle réflexions intimes, propositions esthétiques et regards sur le monde environnant à la lumière dâun examen des rapports difficiles entre peinture et poésie.<br /><em>Les mensonges tombent du ciel tels des fils de lin<br />Sur lâAmérique entière, et le fait que certains soient vrais<br />Ne compte certes pas mais sert tout de même à justifier<br />Toute cette folie organisatrice sous le déferlement des plaisirs convenables</em>.<br />(<em>Grand Galop</em>)<br /><br />John Ashbery (1927-2017) est lâun des plus grands poètes américains du 20e siècle. Après la publication de plusieurs livres remarqués dans les cercles dâavant-garde (dont <em>Le serment du Jeu de Paume</em> en 1962 et <em>Trois poèmes</em> en 1972), il obtient la consécration en 1975 avec la publication dâ<em>Autoportrait dans un miroir convexe </em>qui reçoit lâannée suivante les trois plus prestigieuses distinctions littéraires américainesâ: le Prix Pulitzer, la National Book Award et la National Book Critics Circle Award. <br /><br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/typepad/KEpI/~4/bnrYzJk2rvQ" height="1" width="1" alt=""/>

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