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(Note de lecture) Lucien Noullez, Tout peut commencer à trembler, par Bernard Bretonnière


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Posté 17 août 2020 - 02:00

<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><br /><a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...a8917200c-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Lucien Noullez tout peut commencer à trembler" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e2026bde8a8917200c img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e2026bde8a8917200c-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Lucien Noullez tout peut commencer à trembler" /></a>Lorsquâil commence un poème, un bref poème, Lucien Noullez donne lâair de ne pas y toucher ; mais seulement lâair, et très provisoirement, car un peu plus loin va surgir, qui nâa pas prévenu, lâimage ou le mot inattendu, comme un intrus qui viendrait <em>faire tache</em> dans une assemblée jusquâalors banale â ou sage. Et câest sur ces pas de côté, ou crocs-en-jambe, prenant le lecteur de court en cassant lâapparente simplicité par laquelle il le conviait, que se fonde lâart, inimitable, de Lucien Noullez. <br />Reste quâil est toujours question, dans ses poèmes nâexcédant jamais une petite page, de choses minuscules, mais de ces choses, prosaïques ou spirituelles, qui, chaque fois, vont précipiter le lecteur dans dâessentielles interrogations. Spirituelles, oui, car la fréquentation de Dieu et la Foi appartiennent au quotidien du poète qui les évoque avec autant de tendresse que de recul, de familiarité encore, ne sâinterdisant ni dâen rire (en riant le plus souvent de lui-même) ni de douter â « Jâai encore perdu la foi » écrivait-il dans un précédent recueil. <br />Jâai envie de dire, et je ne pense pas pousser le bouchon trop loin en le disant, que chaque poème de Lucien Noullez est une prière. Et non, pas une prière païenne, car ses prières sont explicitement chrétiennes, mais tellement humaines, tellement semées de fantaisies, de questions élémentaires, prières candides, et en cela universelles â aussi chargées de sens pour « Celui qui croyait au ciel » que pour « Celui qui n'y croyait pas ». Des prières « Je ne veux pas de ton gnangnan, Seigneur », ce Seigneur, ce Dieu qui « a créé aussi / cette grandeur de ne pas croire en lui. » Un intégriste aurait vite fait de voir en lui un hérétique !<br />Ce qui fait lâintérêt et le prix des poèmes de Lucien Noullez, câest que lâhomme, plus encore que le poète, y est ; je veux dire quâil est entièrement dans chacun de ses poèmes, quâil sây trouve vraiment, vrai de vrai, sans posture ni chichis, tout dâhumilité et dâébahissement face au mystère jamais épuisé de la vie et du monde, et avec la conscience de notre importance dérisoire, mais une conscience suffisamment libre pour ne jamais verser dans les excès artificieusement fabriqués que lâon rencontre trop souvent ailleurs.<br />Considérant lâétrangeté de <em>la chose vie</em>, Lucien Noullez est le plus souvent goguenard, bonhomme, fuyant prudemment les grands mots et les développements alambiqués pour nous confronter, par des rapprochement apparemment incongrus, à des étonnements filés au-delà de la métaphore. (Poésie « vraie fille de lâétonnement » disait Saint-John Perse ; « exercice d'étonnement » dit Lucien Noullez.) <br />Lucien Noullez est ce poète qui sait que lâhomme nâest pas grand-chose, mais que « cet à peu près rien / écoute les oiseaux. »<br />Lucien Noullez est ce poète qui se sait « presque rien dans lâunivers immense » où il vit dans une « douce inquiétude ».<br />Lucien Noullez est ce poète quâon présentera sans doute plus justement en citant, par exemple, ces six vers :<br />« Je marche dans mon corps en me cognant / aux vitres, comme jadis à la foire »<br />« une impression / carabinée de ne rien ressentir »<br />« Jâai envie de mâéteindre. // [â¦] mais je ne trouve pas le bouton. »<br /><br />P.-S.- Si Lucien Noullez lit et apprécie Richard Brautigan, je lâignore. La miraculeuse simplicité de Brautigan nâest donnée à personne, et ses épigones francophones sây sont, pour leur plus grande part, cassé les dents. Pour exceptions, je citerai Daniel Biga (qui lui aussi écrit des prières, certes païennes â ou, plus exactement, panthéistes), Pierre Tilman et Roger Lahu. Qui dâautre ? Eh bien, Lucien Noullez â qui, peut-être, ne lâa jamais lu.<br /><br /><strong>Bernard Bretonnière</strong><br /><br />Lucien Noullez, <em>Tout peut commencer à trembler</em>, poèmes. Clichy, Éditions de Corlevour, 2020, 93 pages. 16 â¬.<br /><br /><br />Extraits<br />Bernard Bretonnière ayant pris la peine de donner de riches extraits du livre, Poezibao les propose ici eu format PDF à ouvrir <span class="asset asset-generic at-xid-6a00d8345238fe69e2026bde8a8929200c img-responsive"><a href="https://poezibao.typepad.com/files/e%CC%81chantillon-noullezien.pdf" rel="noopener" target="_blank">d'un simple clic sur ce lien.</a></span><br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/typepad/KEpI/~4/EcFzZ9hF7I4" height="1" width="1" alt=""/>

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