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(Note de lecture), William Cliff, Matières fermées, par Alexandre Ponsart


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Posté 24 février 2021 - 09:41

<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"><br /><a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...255c6200b-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="William Cliff matières fermées" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20263e99255c6200b img-responsive" src="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e20263e99255c6200b-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="William Cliff matières fermées" /></a>Une couverture sobre â blanche et bleue â avec un bandeau en noir et blanc sur laquelle figure lâauteur avec en arrière fond une route. Étymologiquement la route, <em>rute</em> signifie la « voie, la direction » que lâon doit suivre pour ne pas « sâécarter du chemin ». Suivons cette direction qui nous guidera tout le long de <em>Matières fermées</em>.<br /><br />Huit liasses composées de deux cent dix-sept sonnets viennent retracer la vie de William Cliff. Tout commence par « Me voilà déjeté, misérable séquelle (â¦) et lancer dans la vie » et se termine avec « Las ! tel est notre sort sur cette terre amère ». Lâhistoire dâune vie ou plus précisément lâhistoire de la vie. Lâexistence nâest jamais statique et les différents sonnets de ce livre en sont le témoin : sonnets shakespeariens (4/4/4/2), sonnets inversés (3/3/4/4) ou encore des quatrains avec sizain intercalé (4/3/3/4). Ces différents poèmes retracent la jeunesse de lâauteur : « Mais au collège quelquâun affirma que jâaurais été âoffusquéâ en voyant telle chose (â¦) Notre mère aimait entendre lâaccent traînant que nous avions en faisant notre parlement » ; « Mon oncle avait un côté tout à fait flamand, câest-à-dire actif, câest-à-dire qui ne craint point de se commettre à un travail un peu rude » ; « jâétais timide », « jâétais bête », « tel était mon état dâesprit, ce nâest pas drôle dâêtre obligé de supporter ce triste rôle ». Avec Cliff, les rencontres avec les autres, les inconnus occupent toujours une place importante. « Cependant âlâautreâ avance ses pions », « Matias », « Grâce à lâécrivain McGuinness, je rencontrai dans un pub ses amis », « par hasard une femme qui passait tout près constata mon état et prévint la police » ou encore « Yvonne était blafarde, très pâle de peau ».<br /><br />Avec autant de rencontres pourquoi <em>Matières fermées</em> ? La réponse se trouve dans le sonnet 59 : « parce quâétant vraies elles ne sont pas ouvertes et conservent ainsi leurs puissances innées (â¦) Ô matières Fermées de la vie récurrente, vous voilà donc données à lire dans ces pages où lâon verra sans doute quelques miens voyages et les trépignements de mon corps sur la terre. »<br /><br />Et toujours le temps qui passe « parce que le temps est un fleuve sur sa pente qui emporte dans ses flancs » tous ceux qui nous ont aimés. En effet, « il nây a pas longtemps nous possédions un corps que lâon aimait aimer pour son bel appareil, mais ceux qui aimaient lâaimer ne sont-ils pas morts emportés par ce fleuve ? » Lâauteur entretient un rapport particulier avec le temps et les effets quâil peut engendrer. « Ah ! lâaccablement du déroulement du temps ! » ; « Ah ! la répétition des jours de la semaine ! ce jeudi qui viendra demain et qui pourtant mourra sous le prochain vendredi qui sâamène ! ». Ici, une citation de Bossuet me vient à lâesprit : « la vie humaine est semblable à un chemin dont lâissue est fatale. » Nous retrouvons cette route et cette fatalité du temps qui fait que « nâimporte où sâen aller ? nâimporte où sâenferrer ? » la fin du chemin reste la même.<br /><br />À la fin, lâauteur remercie ses parents : « soyez bénis, vous mon père et ma mère qui mâavez jeté dans ce pays de malheur », « vous qui mâavez permis de vivre et dâêtre encor parfois aimé de quelquâun dâautre ». Car dans une vie, il arrive que certaines rencontres donnent lieu à des moments magiques : « il me semblait quâil désirait que je fasse lâamour avec lui et que je sois son amant ». Et puis, avec le temps : « je garde le souvenir de son visage qui me faisait rêver de rester avec lui pour que nous nous aimions le restant de notre âge. »<br /><br /><strong>Alexandre Ponsart<br /></strong><br />William Cliff, <em>Matières fermées</em>, La table ronde, 2018, 256 pages, 16â¬<br /><br />Extrait : <br />« La vie réelle de lâhomme gît en lui-même. »<br />a écrit Senancour, et nâa-t-il pas raison ?<br />ne nous faut-il pas être à nous-même un poème ?<br />malgré tous les décours de la situation ?<br /><br />Et regardez comment a fait Jacques Izoard<br />à travers les astreintes de son dur métier,<br />nâa-t-il pas consacré chaque soir à son art<br />ce qui lui permettait à nouveau dâexister ?<br /><br />Chaque soir il reprenait avant de dormir<br />son cahier où il écrivait sa poésie<br />afin de ne point manquer à son existence,<br /><br />et nous poètes ne devenons-nous pas écrire<br />pour nous éviter de nous enfoncer au pire<br />en nous oubliant dans une coupable absence ?<br /><br /><br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/typepad/KEpI/~4/Q6yjNYmRJ4c" height="1" width="1" alt=""/>

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