Aller au contenu

Photo

(Anthologie permanente) Ernst Meister, traductions inédites de Jean-René Lassalle


  • Veuillez vous connecter pour répondre
Aucune réponse à ce sujet

#1 tim

tim

    Administrateur

  • Administrateur principal
  • PipPipPipPip
  • 5 642 messages

Posté 03 mars 2021 - 09:28

 

6a00d8345238fe69e2026bdec15624200c-100wiPoezibao propose aujourdâhui des traductions inédites du poète allemand Ernst Meister, en un dossier composé par Jean-René Lassalle.

Le poète allemand Ernst Meister (1911-1979) peut être retrouvé dans de beaux livres en français tels que :
Dans la faille du temps, Orphée / La Différence 1998, traduit par Françoise Lartillot et Denis Thouard
Ombres, Fissile 2008, traduit par Lambert Barthélémy et Hugo Hengl

Ernst Meister dans Poezibao :
Bio-bibliographie
Extrait 1
Extrait 2


Fondement ne peut parler

Nâécrit aucun journal intime, le
fondement, qui se base sur la mort et les morts,
qui soutient les colonnes dâeau
et lâincessamment
battue flotte des motsâ¦

submergé de pourri et dâobscur, lui,
un sans-larynx dépourvu de syllabes parmi
les nageoires pulsantes, les quilles filantes.

Ai-je plongé ?
Mains aux ténèbres jâagripperais
comme un croupi amadou une
tunique dâenfant phénicien,
plomb détaché du fil,
écho errant,
épave dâun sonâ¦

Suis-je en descente ?
Je chercherais avec lampes, trouverais
un livre de bord, qui cependant
de la modalité de la mort
ne parle pas, mais plutôt seulement
du début du naufrage :
nous sombrons. nous
devenons fondement.

Source : Ernst Meister, Ausgewählte Gedichte 1932-1979, Luchterhand 1979. Traduit de lâallemand par Jean-René Lassalle.


Der Grund kann nicht reden

Der schreibt kein Tagebuch,
Grund, der aus Totem und Toten steht,
der die Säulen aus Wasser trägt
und die immer
geschlagene Flotte der Worteâ¦

er, behäuft mit Verrott und Dunkel,
kehllos Ohnsilbiger unter
rudernden Flossen, fahrenden Kielen!

Stoß ich hinab?
Ich griffe im Finstern wohl
wie faulen Zunder
phönizischen Kindes Gewand,
gelöstes Lotblei,
irrendes Echo, das
Wrack einer Lauteâ¦

Tauche ich?
Ich suchte mit Lampen, ich fände
ein Logbuch, welches jedoch
von des Totseins Bewandtnis
nicht spricht, sondern allein
von des Unterganges Beginn:
wir sinken. wir
werden grund.

Source : Ernst Meister, Ausgewählte Gedichte 1932-1979, Luchterhand 1979.

*

Dis du tout

la phrase, la fracture,
le hurlement partagé, le
ton atone, et des jours
la lumière.

Laborieux
Dans lâespace harmonisé
le temps en les corps,
exaspérant secret, lentement.
La mort toujours.

(Et pourtant je ne voulais
renoncer à lâÅil
qui effleure les sexes jusquâà nous.)

Dis : CECI nâest pas autre.
Dis : ainsi chuta, en vulgaire confusion,
la chute. Dis aussi toujours :
lâinvention fut grande.

Du moins tu ne dois pas
trahir lâamour.

Source : Ernst Meister, Ausgewählte Gedichte 1932-1979, Luchterhand 1979. Traduit de lâallemand par Jean-René Lassalle.

sage vom ganzen

den Satz, den Bruch,
das geteilte Geschrei, den
trägen Ton, der Tage
Licht.

Mühsam
Im gestimmten Raum
die Zeit in den Körpern,
leidiges Geheimnis, langsam.
Tod immer.

(Und ich wollt doch
das Auge nicht missen
entlang den Geschlechtern nach uns.)

Sage: dies ist kein anderes.
Sage: So fiel, in gemeiner Verwirrung,
der Fall. Sage auch immer:
Die Erfindung war groß.

Du darfst nur nicht
Liebe verraten.

Source : Ernst Meister, Ausgewählte Gedichte 1932-1979, Luchterhand 1979.

*

Vous les pérennes

quatre, vous
angles de lâétendue !

Debout je suis
entre lâair,
recueilli sur le souffle,

cependant que, dessus ma tête,
lâespace sâélève
en dâinnombrables cieux.

Source : Ernst Meister, Ausgewählte Gedichte 1932-1979, Luchterhand 1979. Traduit de lâallemand par Jean-René Lassalle.


ihr haltsamen

vier, ihr
Ecken der Gegend!

Ich steh
zwischen Luft,
den Atem sinnend,

indes, mir übers Haupt,
der Raum sich hebt
mit unzähligen Himmeln.

Source : Ernst Meister, Ausgewählte Gedichte 1932-1979, Luchterhand 1979.



1zbkRT53dOo

Voir l'article complet