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Fugues animales


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#1 patricia moles

patricia moles

    Patricia mo!es-Herreman

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Posté hier, 06:03

Fugues animales

 

 

 

 

Ce matin, plus de poules dans le poulailler.

Les lapins aussi ont déserté leur enclos.

Les chiens dorment à poings fermés.

Et le chat ne vient pas réclamer son repas.

 

 

 

Que se passe-t-il ? Quel voleur est entré,

Et tous nos animaux nous a volé ?

La maison est vide, plus un souffle de vie.

Le désert a tout envahi et le silence sévit.

 

 

 

C’est étrange et l’angoisse nous étreint,

De n’être plus entouré de ces âmes,

Qui chaque jour sans parler nous accompagnent,

Ah ! Mon Dieu ! Pourquoi ce châtiment ?

 

 

 

Étions-nous si mauvais qu’elles ne pouvaient plus vivre

Auprès de nous sans souffrir un martyre ?

Ou le train-train des jours les a si bien lassés,

Que vers d’autres cieux elles se sont envolées ?

 

 

Pour la première fois nous nous nous demandons

Si nous étions des maîtres suffisamment bons.

Si nous leur donnions assez d’attention,

Et nous préoccupions de leur donner affection.

 

 

Notre vieux chien aveugle qui sentait si mauvais

Recevait-il autre chose que des « Ah ! Truf ! Assez ! »

Lorsqu’il venait maladroitement chercher

Un gâteau qui était la joie de sa journée ?

 

 

Notre gros chat qui devait chaque nuit,

Sortir dans le noir sous le vent et la pluie,

Quitter son bon coussin et son doux abri,

Pour rester vif et chasser les souris ?

 

 

Quant aux poules leurs œufs régulièrement pondus,

Leurs étaient kidnappées : elles ne pouvaient jamais

Couver à loisir leurs poussins au nid,

Non ! Pour des poules, ce n’était pas une vie !

 

 

Enfin les lapins se trouvaient enfermés,

Lorsque la terre de trèfles était couverte,

Ils ne pouvaient y mettre le bout de leur nez,

Au supplice de Tantale ils étaient  condamnés.

 

 

Ce matin je me suis réveillée,

Avec un goût amer dans la bouche installé,

Et voyant ma petite chienne venir chercher

Pleine de gaité son gâteau journalier

 

 

Je me sentis honteuse de n’avoir su donner

A tous ces animaux qui ne savaient qu’aimer,

Une pitance meilleure d’attention et de soins,

Que celle qu’ils recevaient.

 

 

Depuis ce rêve j’ai lâché mes lapins

Dans le cresson bleu du jardin matin,

Laissé aux poules de la tranquillité,

Et à mon chat une chatière pour vivre sa liberté.

 

  

 

 

 

 

 

 

    PMH mercredi 28 janvier 2026

 


 

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