Dore lune ! Il fait noir et le soleil te darde.
L’air encense l’espace où luisent tes rayons,
Quand les corps dévêtant en hâte leurs haillons
S’aiment aveuglément dans la nuit qui s’attarde.
A quoi bon se montrer si nul ne le regarde ?
Son éclat resplendit afin que nous soyons.
Lorsque arrive l’aurore enfin nous le voyons,
Son authentique éclat que la raison poignarde.
En vain ! Il ressuscite aussitôt en son sein
Amoureux de lui-même il poursuit son dessein :
Se connaître un instant avant qu’il ne s’oublie,
Dans son propre sommeil où rien ne fait défaut.
De présence en absence il frôle la folie,
Abdiquant ce qu’il est tant pour l’être il le faut.





