Femmes Africaines
Les femmes marchent sous un soleil de plomb.
Pour le repas qui vient, il faut de l'eau,
Changer les nourrissons, et préparer le millet,
Chacune s'affaire à sa tâche,
L'une chante une mélodie qui les fait vibrer.
La terre est rouge et poudreuse :
"C'est la saison sèche" , rappelle l'une d'entre elles.
Bientôt viendra la pluie, torrents tombant du ciel,
Les moustiques attendent le festin saisonnier.
Les blancs sont là, c'est l'heure de la sieste.
Ils reposent dans de beaux immeubles, au bord de la mer.
Chacun d'eux a sa piscine. L'eau est propre et bleue,
protégée d'une grille pour les seuls clients.
Dehors, un peu plus loin, les ordures s'amoncellent,
Ce sont de gros tas de tout et de n'importe quoi.
Sous la chaleur elles se décomposent,
Leur odeur fait fuir tout bon chrétien passant.
Leur marché est de la même veine,
Malodorant, habité de voleurs,
Ces derniers prenant les touristes,
Pour des Crésus auprès desquels on peut gagner sa vie.
Et les femmes cherchent à vendre des galettes de blé,
Qu"elles ont longuement préparées le soir venu,
Pour une petite pièce elles vous vendent aussi,
Quelques mangues sucrées et des bananes mûres.
Nombreuses sont celles qui n'ont pas connu l'école,
Elles en gardent un regret mêlé de gêne,
Le ménage chez les blancs est assez prisé,
Par celles qui doivent nourrir leur enfants.
Il y a des machines pour laver le linge,
Des fers à repasser dans la chaleur écrasante,
De l'eau courante pour nettoyer les sols,
Et un peu d'argent au bout pour vivre à moitié.
PMH, mercredi 18 février 2026





