Quand je reviens d'une île exotique,
Je deviens ce colibri neurasthénique
Au creux des hivers franchouillards,
M'efforçant pourtant d'être gaillard !
Dans les bodegas bondées de Malaga
Où, suspendus comme des trophées,
Les vieux jambons te rendent gaga,
Je songeais, triste, à mon idéal défait !
Or, je me nourris de tout voyage,
De ces us et coutumes étrangères.
Mon cœur s'enrichit avec l'âge.
Comme mon âme devient légère !
Et lorsque je reviens des Cyclades,
Tel un colosse aux pieds malades,
L'esprit brûlé par tous les dieux,
Rentre alors tel un poète furieux !
Près du sommet des montagnes pures
Où la neige nous protège de l'obscure
Noirceur, je pensais libre dans le froid
Et l'immensité dont j'étais la proie !
Or, je me nourris de tout voyage,
De ces us et coutumes étrangères.
Mon cœur s'enrichit avec l'âge.
Comme mon âme devient légère !
LMG
Habère-Poche
25/05/2026





