Dionysos leur apparut en lion terrible sur la nef ; et il rugissait violemment. Puis Dionysos, manifestant ses signes, créa une ourse au cou hérissé qui se leva furieuse, tandis que le lion, au bout du pont, lançait des regards horribles. Alors, les marins s’enfuirent à la poupe, autour du pilote plein de sagesse, et ils s’y arrêtèrent épouvantés.
Homère, Hymne à Dionysos
Sur le pont, Dionysos observe calmement
Le pilote effrayé qui lance à la galère :
« Qu’avez-vous pris un dieu ? Craignez donc sa colère !
Fous ! Aucun d’entre vous ne fuira son tourment ! »
Brusquement, à leurs pieds, vient jaillir un sarment,
Les rames et le mât se recouvrent de lierre
Et des esprits surpris que la folie éclaire
Commence à s’amplifier un long rugissement.
Une ourse, non loin d’eux, se redresse, agressive.
Le dieu, devenu lion, bondit sur la coursive
En les fixant chacun de ses grands yeux sanguins.
Les pirates, inquiets, courent jusqu’au bordage
Puis sautent dans la mer pour s’enfuir à la nage
Et, tombés dans les flots, se changent en dauphins…





