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Eve

Posté par michelconrad, 20 avril 2024 · 55 visite(s)

Eve, il est grand temps que je t’écrive. Depuis notre première conversation — qui a duré des heures — sur la poésie russe, bien de l’eau a coulé sous les ponts. Les années n’effacent rien. La lumière que tu m’as transmise, ce feu de Bengale qui brûle en tout poème, est toujours là. Rien ne peut l’occulter, rien ne peut l’éteindre.
 
A la Closerie des Lilas, les noms d’Apollinaire et de Lénine étaient gravés sur des plaques de cuivre, à l’endroit précis où ces personnages avaient l’habitude de s’asseoir. C’était le milieu de la nuit. Pour le provincial que j’étais , voir des serveurs nous servir un repas et des cocktails-champagne, au milieu de la nuit, fut un émerveillement.
 
Dans le taxi qui nous ramenait à ton domicile, la Parisienne que tu étais se mit à rire, lorsque le chauffeur de taxi, te prenant pour une provinciale, fit de nombreux détours pour augmenter le prix de la course. Tu lui rappelas, en quelques mots, la ligne droite.
 
Tu as traduit Tsvétaïeva, comme nulle autre personne n'a su le faire, et j'ai compris alors, à quel point toute traduction est une création. En t’emportant, la Mort a emporté un continent de mots, agencés en poèmes, -- et mille éclats de rire.
 
 

17/4/24

 



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