Aller au contenu

Photo

Petit Traité de Versification


  • Veuillez vous connecter pour répondre
41 réponses à ce sujet

#31 Mlle.Teste

Mlle.Teste

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 30 messages

Posté 22 février 2009 - 11:16

Image IPB


Quand il est temps de s'y mettre c'est toujours la levée du corps qui est le plus difficile !!



Michèle à terminé hier soir la première partie de son introduction. Bien sûr... au crayon de papier! :angry:
Qui c'est qui va se coltiner toute la mise en page ??? C'est sa petite Lolotte !!!
Et comme l'a très bien fait remarquer votre Povoite, le clavier c'est pas mon truc . Je vais essayer de refréner ma tendance à la bête faute d'orthographe (maladie clavièrite aigüe)

Le mieux c'est que je copie tout de commentaire en commentaire, les uns après les autres, pour insérer dans ce topic l'intégralité de l'ouvrage.

Vous y retrouverez les éléments du "QUE SAIS-JE?"n°1377 agrémentés de nouvelles notes qui rendent ce traité plus accessible. Cette fois-ci l'auteur s'est vraiment attaché à rendre le traité plus attrayant.
Vous pourrez ainsi le lire pour n'avoir qu'une information générale sur la formation du vers classique.
Cependant Michèle est aussi en train de mettre au point des exercices (nous nous amusons même tout les deux à les imaginer :P ) pour ceux qui voudront progresser ou tester "connaissances & culture"...


Je suis ouverte à toute forme de critique qui améliorerait ce topic, à toute question qui tourne autour de ce "QUE SAIS-JE?" ; c'est à dire de la versification .

Je prends à l'instant connaissance de ce que Michou m'a faxé, le temps de bien tout relire, de discutailler quelques derniers petits points et surtout de me taper tout le tapage , vous pourrez découvrir les premiers paragraphes dans un peu plus de deux heures...merci!



Mlle.Teste

Image IPB



#32 Mlle.Teste

Mlle.Teste

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 30 messages

Posté 22 février 2009 - 02:14

pffiiiiuuu, ça ne s'arrête pas!! , jusqu'à demain je suis occupée!!!

Image IPB

#33 J.G. Mads

J.G. Mads

    J.G. Mads

  • Membre
  • PipPipPipPip
  • 4 651 messages
  • Une phrase ::Sans haine ni espoir.

Posté 22 février 2009 - 02:39

"votre Povoite" ?

je suis l'empereur madame je suis TON povoite aussi donc

#34 dragon dé-bridé

dragon dé-bridé

    Rime eMBalLAnTE

  • Membre
  • PipPipPipPip
  • 1 546 messages
  • Une phrase ::Je m'en allais de TLP

    Et puis un arc en ciel m'a rattrapé.

    Je poste à nouveau (mais au lieu de descendre ici mes textes, maintenant j'essaie de les élever partout... RE-BONJOUR TOUT LE MONDE !!! 😎 )

Posté 22 février 2009 - 02:53

povoite est tendax? :P

#35 Mlle.Teste

Mlle.Teste

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 30 messages

Posté 22 février 2009 - 02:57

"votre Povoite" ?

je suis l'empereur madame je suis TON povoite aussi donc



Image IPBjustement le vouvoiement est une marque de respect monseigneur

#36 Fourest

Fourest

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 69 messages

Posté 25 février 2009 - 08:05

"Vénus Hottentote"


"Sache que les adorateurs de Lao-Tzeng,
Ceux qu'un magot, poussah falot, séduit et botte,

O mijaurée, ont renversé ton pied d'estal
Et qu'ils ont mis dans un Panthéon de cristal
Ta soeur négresse aux longs tétons, la Hottentote!!!" *

*
Heureusement sa dépouille a été rapatriée à la demande de Nelson Mandela, malgré les réticences des millieux scientifiques français. Paix à son âme.

Mlle Teste, évidemment que la référence saute aux yeux, quant à Dragon, tu te fais l'Eupalinos d'une architecture qui devient de plus en plus belle et secrète...

Amitiés, Fourest


#37 Mlle.Teste

Mlle.Teste

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 30 messages

Posté 25 février 2009 - 10:30

QUE SAIS - JE ?
n°1377


Image IPB




La versification



MICHELE AQUIEN
Maître de conférence à l'Université de Paris XII

A Jean Mazaleyrat

............INTRODUCTION

On ne peut plus aborder aujourd'hui le propos de la versification comme on l'a fait pendant quatre cent ans avec la sécurité normative, peut être féruleuse, des anciens auteurs de traités. Les coups qui lui sont portés depuis plus d'un siècle ont changé le statut de ses lois, et font mieux apparaître ce qu'elle n'a finalement jamais cessé d'être.
C'est une voix différente, c'est un noeud de paradoxes divers au sein du langage et de ses réalisations.

Partout, ici, sur ce forum qui vit d'une création poétique que l'on constate fort pragmatique -et parfois même, seulement univoque -, autant qu'ailleurs, ce traité trouvera des lecteurs, des sympathisants et des contradicteurs, en somme, une foule de poète que le sujet, déjà évoqué à maintes reprises, continue cependant d'intéresser .

La rime ... l'alexandrin ... l'octosyllabe sont de très vielles naissances et de si diverses lignées qu'il semble toujours miraculeux de les voir implacablement survivre aux pluies de mesquineries , ni ne s'étouffer des poussières qu'elles amassent depuis leurs origines.
Baudelaire l'avait perçu qui notait "comment la poésie touche à la musique par une prosodie dont les racines plongent plus avant dans l'âme humaine que ne l'indique aucune théorie classique".

Dès les origines, prose et vers se distinguent : le langage versifié était spécifiquement rattaché au domaine sacré. Vers...d'accord, mais vers nécéssairement récité , psalmodié, chanté par des prêtres ou créé par des sorciers et des saints. Le chant de la parole se doit d'être une incantation (in - cantare), n'oublions jamais la nécéssité de l'étymologie pour expliquer notre monde codifié par le passé du langage.

Le vers intervenait là où le langage de la vie quotidienne ne pouvait plus suffire : face au sacré, on avait recours à des règles autres. Puis, très vite, ce qui sortait du discours commun a été composé en vers: non seulement la poésie, mais aussi les premiers traités de physique, ou les systèmes philosophiques, ces deux choses souvent confondues, à la manière de quelques savants présocratiques (et néo socratiques) : Empédocle (1) , Parménide (2) et Lucrèce (3) .

Cet amalgame souvent fait entre vers et poésie relève d'un malentendu, dénoncé très tôt par Aristote dans La Poétique : "Il n'y a rien de commun à Homère et Empédocle sinon le mètre, si bien qu'il est légitime d'appeler l'un poète et l'autre naturaliste plutôt que poète." Le vers n'implique pas la poésie, et l'inverse est aussi vrai aujourd'hui où, le critère du vers n'étant plus de règle, il devient délicat d'opposer prose et poésie.
La barrière fictive entre prose et vers a d'ailleurs été bien souvent levée, avant même les leçons de M.Jourdain (4) , puisqu'il y eut des cas de prose rimée entre le IV° et VII siècles, comme en témoigne le traité de W.T.Elwert (5) . Les cas de proses poétiques n'ont cessé de s'égréner au fil de cette fin de millénaire , ils sont bien connus, ceux-ci trouvant leurs meilleures illustrations avec Rousseau(6) , dans les oeuvres de Mme de Staël (7) , Chateaubriand (8) , etc. Mais c'est avec Les Petits Poèmes En Prose (9) de Baudelaire que la limite s'efface vraiment et qu'une forme nouvelle apparaît : "L'antagonisme poésie-prose va dès lors se déplacer et donner lieu à l'opposition poésie(en vers ou en prose, peu importe) - récit."
Je me suis bien souvent amusé à lire les dissertations spontanées des pro-prose et des versés-dans-le-vers, chacun y allant de son argument indéniable; j'espère qu'une fois ce traité clos vous vous écarterez tous de la simplification : le vers fait grâce à la magie du son sans mesure comparable que la prose qui fait grâce, elle , à l'expression du sens . Que de poètes perdus dans d'aussi sottes inepties !!
N'en sommes-nous pas avertis ? Et avertis , ne sommes nous pas deux Hommes,- que chacun se voye double et différent ! -, l'un méloman, l'autre écrivain...Avertis depuis longtemps, non? depuis Le bourgeois gentilhomme ? Depuis la représentation que Mr Poquelin donnait en 1670 devant le Roi ?

(4) "MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Sans doute. Sont-ce des vers que vous lui voulez écrire?

MONSIEUR JOURDAIN.- Non, non, point de vers.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Vous ne voulez que de la prose?

MONSIEUR JOURDAIN.- Non, je ne veux ni prose, ni vers.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Il faut bien que ce soit l'un, ou l'autre.

MONSIEUR JOURDAIN.- Pourquoi?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Par la raison, Monsieur, qu'il n'y a pour s'exprimer, que la prose, ou les vers.

MONSIEUR JOURDAIN.- Il n'y a que la prose, ou les vers?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Non, Monsieur: tout ce qui n'est point prose, est vers; et tout ce qui n'est point vers, est prose."

Vous remarquez que se répètent des noms déjà cités (je n'ai rien besoin de préciser). Vous noterez alors la malice de Molière :
Bien sûr tout le monde rit de M. Jourdain.

Soit.

Et si sa naïveté était inconsciemment plus profonde que la certitude de son maître de philosophie ? Et si, en cela donc, il se montrait meilleur philosophe que l'autre, opposant, par son questionnement, mais sans le savoir, la naïveté de son ignorance et de son étonnement à la naïveté de la bonne conscience assise de son maître, lequel se réfère normalement à la situation de la littérature à l'époque classique, toute réglée de façon normative en genres strictement délimités.

Le maître de philosophie parle au nom de la clarté et de la nécessité ("il faut que") des règles et de la logique. Il est du pays et du temps de Descartes ; ce n'est pas lui qui écrirait un Anti Platon. Du pays des essences.

La communication littéraire, telle du moins qu'il la veut, doit toujours vérifier les critères raisonnables, "évidents", de Boileau, selon lesquels la parole vient après le concept, coulant de source, dès qu'on a bien pensé : "et les mots pour le dire arrivent aisément."

Racine lui-même prétendait qu'une fois le plan de sa tragédie conçu, tout le reste allait de soi sans faille. Tout le reste, c'est-à-dire l'écriture proprement dite.

Affirmation qui heurte la conscience écrivante moderne. Depuis Rimbaud en particulier, pour qui Racine, et pour cette raison précise, est "le divin sot". Divin sans doute parce que quelque chose de son propre processus de création le dépasse, voire lui échappe comme malgré lui, mais "sot "par sa prétention à tout maîtriser dudit processus.

Qu'est-ce alors, dans ce contexte, que la poésie, sinon une manipulation de la prose, un enjolivement, un art de dire autrement ce qui pourra de toute façon être toujours expliqué, soit ramené à la clarté des concepts, et donc à la prose. Comprendre ? Soit ce geste d'appropriation qui consiste à réduire l'étranger au propre, l'autre au même.

Le Vers, dans l'idée de Jourdain et de son maître, est bien ce que dit l'étymologie, soit (versus, de vertere, cf. le russe Verste ) retour à la ligne comme le virage de la charrue au bout du champ pour tracer un sillon parallèle, après un compte exact de syllabes, avec aussi le rappel du même à la fin, et donc la rime.

Mais "vers", en fin de compte, comme un détour subtil et savouré, qui serait en même temps un report du désir, au sein d'un même geste global d'appropriation du monde, d'intellection, dans lequel la prose - de prosus qui va en ligne droite, pro vorsus tourné vers l'avant - irait sans détour à ses fins : efficacité, clarté.

Deux manières différentes de plaquer sur le monde une durée ?


fin de la première partie de l' INTRODUCTION



(1): Empédocle:

Empédocle fut sans doute le plus étrange et le plus excentrique des Présocratiques : il est, selon Nietzsche « la figure la plus bariolée de la philosophie ancienne ». C'était un caractère sérieux, mélancolique et original, s'habillant de pourpre, se montrant une couronne delphique sur la tête, les cheveux longs, le visage fermé. Il voulait qu'on le crût prophète, et il déclare dans ses poèmes qu'on l'honorait comme un dieu. On lui attribue quelques prodiges.

(2) :Parménide :


Il nous reste des fragments de son poème De la Nature, dont la première partie traite de la vérité et la seconde de l'opinion. Sa pensée influença Anaxagore et Mélissos.

(3) : Lucrèce : De Rerum Natura, "de la nature des choses", traité philosophicophysique très visionnaire (dans la veine d'Epicure ...et non l'inverse! )

(5) : http://www.lib.unb.c...name=Arnold.htm

(6) : Prose poétique : quand dans un texte un passage est particulièrement rythmé, mélodieux, très travaillé : l'auteur a fourni sur ce passage un effort comparable à celui fait lorsqu'il écrit un poème. La cinquième promenade des Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau est un référence (cf sa rêverie au bord du lac). En somme, la prose poétique ne concerne qu'un passage plus ou moins long d'un texte en prose.

(7) et (8) : L'épopée en prose de Chateaubriand Les Martyrs (1809) avec son célèbre chant de guerre des francs, mais surtout, plus remarquable La Corinne de Mmme De Staël (1807)

(9): je ne résiste pas à la tentation d'un prosélyte, de partager ces mots écrits par un élyte de la prose:

Le Port (C.Baudelaire)
Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir


#38 Fourest

Fourest

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 69 messages

Posté 25 février 2009 - 07:47

Le vers intervenait là où le langage de la vie quotidienne ne pouvait plus suffire : face au sacré, on avait recours à des règles autres. Puis, très vite, ce qui sortait du discours commun a été composé en vers: non seulement la poésie, mais aussi les premiers traités de physique, ou les systèmes philosophiques, ces deux choses souvent confondues, à la manière de quelques savants présocratiques (et néo socratiques) : Empédocle (1) , Parménide (2) et Lucrèce (3) .


Dans le cas précis de Lucrèce et de son De natura rerum, inspirée de la lettre à Ménécée pour la partie éthique et de la lettre à Hérodote pour la cosmogonie et cosmologie, l'auteur l'a rédigé en vers pour réussir à faire pénétrer sa théorie avec grâce et douceur, à l'image du miel versé sur une coupe contenant un remède difficile à avaler - la métrique s'alliant à l'harmonie -. Epicure l'a fait de façon épistolaire, genre qui perdurera encore longtemps après lui, à l'image de Sénèque et de ses lettres à Lucillius, lettres de morale stoïque...

" La mort n'est rien pour nous, car tant que nous sommes elle n'est pas là, et lorsqu'elle est là, alors c'est nous qui ne sommes plus..."
Lettre à Ménécée, Epicure. Sans doute l'une des plus belles phrases de l'humanité

#39 LeGénéralAnonyme

LeGénéralAnonyme

    Tlpsien +++

  • Membre
  • PipPipPipPip
  • 672 messages

Posté 25 février 2009 - 07:59

si nous ne sommes plus c'est que nous sommes mort, c'est juste une phrase pour faire joli ton truc là. Ou alors y a un truc c'est que la mort c'est un endroit ou une personne ? Et une personne peut-elle être en même temps un endroit ?

#40 Fourest

Fourest

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 69 messages

Posté 26 février 2009 - 07:48

si nous ne sommes plus c'est que nous sommes mort, c'est juste une phrase pour faire joli ton truc là. Ou alors y a un truc c'est que la mort c'est un endroit ou une personne ? Et une personne peut-elle être en même temps un endroit ?


La mort n'est que la cessation de sensations...dans une doctrine atomiste et matérialiste, cela prend tout son sens; la mort n'est que la séparation d'atomes puisque l'univers est composé d'atomes et de vide...

#41 Reilly

Reilly

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 78 messages

Posté 26 février 2009 - 12:15

ha... voilà qui nous rassure !

#42 Mlle.Teste

Mlle.Teste

    Tlpsien ++

  • Membre
  • PipPipPip
  • 30 messages

Posté 26 février 2009 - 01:21

fin de l'INTRODUCTION



La naissance du vers a connu quelques boulversement. Par exemple la situation du langage versifié entre oral et écrit.

D'un manière générale, on s'accorde à reconnaître aux règles de la verification, en un temps, du moins, où la tradition était exclusivement orale, le rôle de conserver la parole, la mémoire s'appuyant sur des faits de sensibilité auditive , par la prosodie, la scansion.

Roger Caillois, dans Approches de la poésie , avance l'idée qu'aux origines elle "tient lieu de langue ecrite. Est vers tout ce que l'on copte garder tel quel dans le souvenir" (1).

Les règles de la versification ont ainsi été façonnées dans un premier temps par les nécéssités phoniques de l'oral. Examinons, pour cela, non seulement (occupée pendant au moins une heure...dsl je reviens)