4 réponses à ce sujet
#1
Posté 07 janvier 2014 - 01:31
Il était une fois une licorne bleue
Elle hantait les bois émerveillés de l'aube
où les étoiles s'ouvrent secrètement
parmi les mousses et les lys
derrière le cercle de flammes hautes
Au-delà s'étendait le Pays de la Peste
qu'habitaient les mendiants au corps rongé
aux yeux aveugles
Un jour comme elle buvait le soleil d'une cascade
la licorne vit venir à elle
une jeune fille nue
et l'or de sa chevelure éclaboussait sa peau blanche
L'animal sut aussitôt qu'elle s'appelait Myriam
qu'elle était une simple mortelle
d'humble naissance
mais promise depuis toujours
à devenir la princesse des ondes
la châtelaine de la nuit lumineuse et du silencieux poème
Arrivée près de la bête à la robe d'azur
elle prit entre ses mains un peu d'eau claire et la lui offrit
La licorne accepta l'offrande
puis elles partirent toutes les deux côte à côte
à travers le murmure des feuilles
Elles longèrent d'abord le Pays maudit
y perçurent ses habitants tordus par la souffrance
flagellés d'ulcères
accroupis dans leur angoisse
Ensuite elles traversèrent le Fleuve de la Solitude
et après bien des jours de marche
les voici qui parvinrent au coeur d'une grotte cristalline
devant le trône du Roi
Ce vieillard vénérable les reçut avec grande largesse
ordonnant à ses serviteurs qu'on leur préparât
tout ce qui leur serait agréable
Ce qui fut fait
Le lendemain matin à l'heure du départ
le Roi tendit à la jeune fille une coupe de diamant
remplie d'un vin parfumé
Tremblante Myriam en but trois gorgées
et il lui sembla soudain que sa chair douloureuse
imperceptiblement épousait son désir
de n'être plus qu'une âme
Elle remit avec émotion le graal miroitant au vieillard
qui la remercia
Alors elle s'en fut seule pour regagner sa patrie
sans voir deux larmes de sang
couler des yeux du Roi
sur le front de la licorne bleue
À quelque temps de là en route
la vierge enfanta
un agneau plus blanc que neige d'avril
qu'elle nourrit de son chant matinal
Puis tous deux côte à côte le long des siècles
ils rejoignirent le royaume stellaire de l'amour
caché entre les ronces
Et on ne les revit plus jamais
C'est à cette époque
précisément
que la Peste disparut de chez les hommes
Elle hantait les bois émerveillés de l'aube
où les étoiles s'ouvrent secrètement
parmi les mousses et les lys
derrière le cercle de flammes hautes
Au-delà s'étendait le Pays de la Peste
qu'habitaient les mendiants au corps rongé
aux yeux aveugles
Un jour comme elle buvait le soleil d'une cascade
la licorne vit venir à elle
une jeune fille nue
et l'or de sa chevelure éclaboussait sa peau blanche
L'animal sut aussitôt qu'elle s'appelait Myriam
qu'elle était une simple mortelle
d'humble naissance
mais promise depuis toujours
à devenir la princesse des ondes
la châtelaine de la nuit lumineuse et du silencieux poème
Arrivée près de la bête à la robe d'azur
elle prit entre ses mains un peu d'eau claire et la lui offrit
La licorne accepta l'offrande
puis elles partirent toutes les deux côte à côte
à travers le murmure des feuilles
Elles longèrent d'abord le Pays maudit
y perçurent ses habitants tordus par la souffrance
flagellés d'ulcères
accroupis dans leur angoisse
Ensuite elles traversèrent le Fleuve de la Solitude
et après bien des jours de marche
les voici qui parvinrent au coeur d'une grotte cristalline
devant le trône du Roi
Ce vieillard vénérable les reçut avec grande largesse
ordonnant à ses serviteurs qu'on leur préparât
tout ce qui leur serait agréable
Ce qui fut fait
Le lendemain matin à l'heure du départ
le Roi tendit à la jeune fille une coupe de diamant
remplie d'un vin parfumé
Tremblante Myriam en but trois gorgées
et il lui sembla soudain que sa chair douloureuse
imperceptiblement épousait son désir
de n'être plus qu'une âme
Elle remit avec émotion le graal miroitant au vieillard
qui la remercia
Alors elle s'en fut seule pour regagner sa patrie
sans voir deux larmes de sang
couler des yeux du Roi
sur le front de la licorne bleue
À quelque temps de là en route
la vierge enfanta
un agneau plus blanc que neige d'avril
qu'elle nourrit de son chant matinal
Puis tous deux côte à côte le long des siècles
ils rejoignirent le royaume stellaire de l'amour
caché entre les ronces
Et on ne les revit plus jamais
C'est à cette époque
précisément
que la Peste disparut de chez les hommes
- Stagire, Julien Hoquet, Selphie et 2 autres aiment ceci
#2
Posté 07 janvier 2014 - 02:54
Des images ravissantes qui nourrisent notre âme. Une pureté salvatrice. On pense aux préraphaéliques pour la douceur poétique. Mais vous connaissant un peu, j'y vois une parabole chrétienne(Myriam, l'agneau, le vin etc).
- M. de Saint-Michel aime ceci
#3
Posté 07 janvier 2014 - 11:00
Vous y voyez à merveille!...Des images ravissantes qui nourrisent notre âme. Une pureté salvatrice. On pense aux préraphaéliques pour la douceur poétique. Mais vous connaissant un peu, j'y vois une parabole chrétienne(Myriam, l'agneau, le vin etc).
Merci pour votre beau commentaire...
#5
Posté 12 janvier 2014 - 03:40
Très touché par un tel compliment...Magnifique tout simplement !
Aussi étiqueté avec au moins un de ces mots-clés : France Europe XXIème siècle
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Poésie martialeEcrit par M. de Saint-Michel, hier, 08:31 |
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