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Vers ces affleurements qu’on tait de nos tristesses.


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2 réponses à ce sujet

#1 baccala

baccala

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  • 1 261 messages

Posté 11 mai 2019 - 09:31

De tes amours noyés dans quelque vieux chagrin,

Sauras-tu d'un émoi avant que ne survienne

Ce que le souvenir né d'un pleur orphelin,

Affole d'un regard et déroute sa peine

 

Vers ces affleurements qu'on fait de nos tristesses.

 

Sauras-tu d'un émoi, échapper aux poussières

Qui embuent tes beaux yeux retenant un sanglot,

Quand s'offusque un sourire à n'oser d'un seul mot,

L'aveu fait à son coeur pour que bruissent nos chairs

 

De ces frissonnements qu'on dit de nos ivresses.

 

Sauras-tu d’un émoi, déboutonner ton âme,

Comme glisse un jupon jusques à tes pieds nus,

Ce panier de fruit mûr où fermente le jus

D’un désir dont je cueille le parfum de femme,

 

Et l’abandonnement aux élans de jeunesse.

 

Tu sauras cet émoi, qu’à force de souffrance

dans l’outrage poli, tu ressens quelquefois,

sur ton front où le temps s’opiniâtre à la stance

de tes rides froncées dans le soir discourtois,

 

Cet autre étiolement couché dans la détresse.

 

Tu t’émeus, je le vois, et le jour illumine

Le contour délicat de ton être naissant.

Un pinceau de lumière en ton coeur, maintenant,

Percera le secret des douleurs clandestines,

 

Qui de l’acquittement accuse les faiblesses…



#2 balila

balila

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Posté 14 novembre 2019 - 11:06

Depuis le mois de mai je viens de temps à autre plonger dans ces affleurements, comme une ivresse entêtante dont la source m’abreuve d’une émotion particulière, sans savoir pourtant où et comment poser mes mots, ou cette tristesse qui, d'un abandon, se nourrit.

Car oui, il y a dans cet élan perdu la lumière venant éclairer les sens, ceux-là même qui se perdent à trop vouloir trouver l’ivresse dans ce qui, à jamais, s’échappe.

Comment te dire les contrastes saisissants que ces affleurements provoquent et dont je perçois - depuis toutes ces années à te lire - les ombres, cette clandestinité qui sans cesse revient dans ta poésie, sans doute un abri secret à la tristesse qui hante ton coeur autant que ton âme.

baccala, merci de cette poésie dont je goûte les alexandrins si chers à mon coeur, et de la belle émotion qui affleure....

 

balila



#3 JMAP06

JMAP06

    Tlpsien +++

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Posté 04 décembre 2019 - 02:14

Une lecture rare, tout en subtils affleurements.
Merci. Vraiment

CDT Philippe