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Les félidés : 1/5 Caracal


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#1 En hoir de Loup-de-lune

En hoir de Loup-de-lune

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Posté 23 avril 2020 - 12:06

(Nous ne pourrons jamais rendre avec nos mots ce qu'a pu éprouver Loup-de-lune à la découverte de l'univers de boétiane et de ses "calligraphiques inventions d'inconnu"... Ce fut bien là un décisif moment de son chemin d'écriture et de vie ! Nous nous souvenons du jour où elle s'écria, avec des scintillations dans ses yeux de jais : "Oh ! j'ai trouvé quelqu'un d'extraordinaire qui a vraiment créé un langage !" Loup-de-lune, qui cherchait elle-même l'idiome de son "sang lucide", ne pouvait qu'être conquise. Celle qu'elle appelait volontiers sa "marraine en poésie" lui communiquait l'art de composer des mystères de mots, reflets du plus vaste mystère... celui d'être, un moment, sur la Terre et sous le Ciel des métamorphoses !
Avec les neuf "Symphonies de Bruckner" janvier-septembre 2019 (voir le blog), Loup-de-lune se sera aussi évertuée à synthétiser l'influence de boétiane qui d'ailleurs a dit notamment à leur sujet : "(...) c'est le « vivier nouveau très novateur » façon Bizheng, sorte de cadavre exquis du mot lui-même ressuscité sur racine savante. Et qu'importe si le lecteur se sentira de prime abord déstabilisé jusqu'à perdre pied : ce puissant déblocage / élargissement du champ lexical permet une accession en territoire inconnu (...) l'ensemble des textes (...) déploie un hermétisme évocateur d'un désordre, précisément pour mieux lever l'ordre nouveau de l'inconnu. Je pense ici à Mallarmé dans Un coup de dé jamais n'abolira le hasard (...)"... Stéphane Mallarmé, sous la plume de boétiane, si loin des affublements d'élitisme, des caricatures de prétention ou d'orgueil, des faux procès d'inintelligibilité !
Nous publions aujourd'hui le premier d'une série de cinq textes dont le titre générique est Les félidés... Puisse-t-elle être, par chacun de ses insolites mariages de mots, l'expression de la profonde reconnaissance de Bizheng à l'égard de la marraine "qui m'a reçue et qui m'a tendu la main !")




Les félidés



1. Caracal


Et le félidé incarnant l'absence
c'est parmi la corolle pauvre
qu'il établit l'affût


À l'acmé de sa vaillance artiste
la fille s'attelle à la mue
de sa complexion de proie

le rhombe mûri est tracé
et de bande en bande s'emplit
des nuances du songement rouge

par le satellite trouble et lacunaire
elle évoque l'expectative du myocarde

le sentiment bleu pastelle un éloigné d'arches


Bondir
au vrai s'engouffrer dans l'ouvrage
griffes et crocs agitent
la pantomime du dévorement vain


Quelle course quelle traversée
décide alors de l'affamement
parmi les sangs paysagistes !

et juste avant de croître de nouveau en manière de retour
et d'aller précisant sa consomption
la sinuosité de son point fauve
énuclée la disparition

Loup-de-lune
LIU Bizheng