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#1 En hoir de Loup-de-lune

En hoir de Loup-de-lune

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Posté 01 juin 2020 - 11:07

(Note : Loup-de-lune a écrit, a réécrit encore, et encore et encore cette "invitation" à lire son recueil de poèmes, fruit de la belle rencontre avec la poète Aure. La qualité comme la grandeur d'une telle rencontre bat comme un seul coeur, dans les vers concis du commentaire offert par Aure au poème "Traversante", paru dans le blog le 25/07/2018, "à la fois décisif hommage à l'âme soeur Mademoiselle LIN, et cruciale et bouleversante prophétie pour la disparaissante", et dans la réponse tant émue que lui donna Loup-de-lune...


***

Aure écrit le 26 juillet 2018 :


Traversante

ton poème...

sa beauté est saisissante

et derrière sa délicatesse

une crudité étonnante

d'enfance

et une tendresse infinie /



je ne connais que toi

pour ainsi mêler

le verbe aigu

le sourire au bord de l'insolence

et la délicatesse subtile et tendre /


toute la condition humaine

est dans ce texte

profond

contemplatif

précieux /



un instant de recueillement

une distance



oriflamme d'un voyage

intérieur partagé /


merci



Loup-de-lune répond le même jour :


... chère Aure...

en pensée avec...
le congé de tendresse
qui s'impose à toi chaque jour un peu plus...

la mort
une escale dans la grande traversée
dans la Métamorphose continue des êtres et des choses
voilà sans dogme et sans divinité
une foi bien orientale
bien chinoise...

... quand les souffrances physiques
s'y mêlent étroitement
comme l'essentiel des vivres
et de l'eau douce
bien entendu
ce n'est pas une croisière en Méditerranée !...

et pourtant
surmontant la stèle noire
dans l'irrésistible souffle vert de la forêt
ces deux bouquets
ces voiles florales
pour la suite du voyage
pour l'engouffrement dans l'inconnu...


Avec mon amitié et ma reconnaissance des plus émues


***

... Nous croyons volontiers que Loup-de-lune écrit encore cette "invitation" à son livre dont "Traversante" est le premier des poèmes qui y sont recueillis, nous croyons volontiers que Loup-de-lune la réécrit encore, et l'écrira et la réécrira encore et encore, tant elle est ce texte inachevable, impossible, "continûment en métamorphose et fulgorant dans les limbes de l'essentielle mémoire"... qui essaierait d'expliquer les liens entre la mort sidérante de l'âme soeur et le développement de la leucémie et de la mutité, relater cette quête d'une nouvelle parole, par le poème, à la "lueur kaléidoscopique du sang leucopoétique", et qui est aussi l'aspiration à ce langage hermétique, énigmatique, qui a le charme de faire communiquer la jeune leucémique avec la jeune trépassée: nous invitons les lectrices et lecteurs intéressés à lire dans le blog de Loup-de-lune les huit poèmes portant le titre générique "À la recherche de Mademoiselle LIN" et publiés d'avril à juillet 2016 ... Nous souhaitons préciser enfin que dans "Invitation..." : 1. Le mot "claire" dans "claire par-delà repères et apparences" est une forme du verbe transitif "clairer" au sens de "éclairer, faire briller". 2. Le mot "musique" dans les dernières lignes est une forme du verbe "musiquer" ayant pour sujet "l'origine des mille métamorphoses".)




Invitation...

... Étrange, le corps, après le si long voyage qui l'aura conduit, parmi les stridences verdoyantes de l'archipel de Zhoushan, auprès de cette tombe... Imitatrice de sa cendre, pulvérisée la parole, et cette noire pierre les confond dans ses profondeurs. L'or solaire de la calligraphie, qui voudrait dater, qui voudrait nommer, est devenu le plus sûr acolyte de l'obscur. Tout comme Aure, dense témoin poète des spoliations qui épointent, des rapts qui raffinent, je suis désormais l'étymologique enfant : in-fans, "non-parlant". Où l'énergie, et quel pas, s'il faut retourner avec tel poids de mutité ?... C'est alors que le fragile et le fugace savent s'emparer, mais non pour éteindre ! Et minutes et choses et gestes sont portés à leur plus haute acuité par l'épiphanie leucémique. Un sang-flambeau, dans ma main d'étonnement et d'osséine, claire par-delà repères et apparences, applique son faisceau là où les angles se déchirent, libèrent des polysémies polychromes, là où les kaléidoscopiques lisières prodiguent des ajours fasciés et filamentés, des fulgurations d'alses, des pénombres surréelles... Oh! combien je m'y élance, entre lune et loup, à quel point je m'y risque, je m'y perds, j'y cherche des phonèmes et des graphèmes qui soient rendus aux épousailles, ma parole, entre Loup-de-lune et Leukaima !... Par degrés, d'élans frais en rares inflexions, semant notre alphabet, une voix-poème me retrouve, me recompose, me réinvente, nous réalise...
Ce florilège souhaiterait en être l'écho.
Traverseurs de la douleur, les mots accordés, ou qu'il est salutaire parfois de désensabler, s'évertuent à mirer l'éternel silencié où musique, comme lyre faite souffle, comme absence faite colorature, l'origine des mille métamorphoses...


Loup-de-lune


albescente voyelle
de la lune
dans le bleu
qui s'élide
 
crête
en procession
durant toute l'appétence
d'un ultime orangé
 
expir
si doux
pour des gestes d'herbe
des acquiescements de feuille
 
et l'esprit vagabondé
va se muant en loup de risques
et de signes
à travers la nuit qui palpite
 

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