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Planasthai


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#1 En hoir de Loup-de-lune

En hoir de Loup-de-lune

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Posté 05 juin 2020 - 12:05

(Notes : 1. Loup-de-lune a étudié le grec ancien, et pas seulement en dilettante !... Son besoin de bien connaître l'histoire des mots français et les différents sens qu'ils ont revêtus au cours des siècles l'invitait tout naturellement à la méticulosité étymologique. Ainsi le mot "planète"... l'apparition de la vie et des Hommes a été rendue possible par les conditions adéquates réunies sur une "planète": le substantif grec planêtes signifie "astre errant", par opposition aux étoiles fixes, dans le système de Ptolémée ; il est un dérivé de planês (nominatif), planêtos (génitif), nom d'agent qui désigne un voyageur, un vagabond et, chez les médecins, des fièvres intermittentes ; de là le verbe planasthai "errer çà et là, s'écarter du chemin", au figuré "être incertain, flottant" ; de là également le verbe planaô "faire voyager" et "faire errer, tromper, égarer". Nous voyons, avec un mélange d'amusement et d'effroi, que la plus fidèle définition étymologique du mot "planète" est bel et bien "aberration", ou mieux, "aberrance", c'est-à-dire "caractère de ce qui s'écarte de la norme, de la logique, de la règle..." C'est tout de même un paradoxe d'assister au voyage de la créature humaine, si soucieuse de tout contrôler, de tout maîtriser, de tout planifier, sur cet immense vaisseau vagabond sans pilote et sans destination... Dans le texte qui va suivre, Loup-de-lune se retrouve, sans doute au cours de l'une de ses "leucémiques errances" (voir son blog 01/07/2017), dans une impasse grise et sombre qu'elle étoile d'un infini polychrome... Mais soudain une vive, une violente lumière artificielle, des délinquants et des policiers se rencontrent, s'affrontent, "conglomèrent de leur lutte corps à corps la planète, l'aberrance", or, au lieu d'accomplir sa révolution autour de l'étoile, elle la fait fuir, se retrouvant plus "égarée", plus "à l'écart" que jamais ! 2. Notons les nombreuses voyelles "o" dans les vers "l'Orbe cOnglOméré/par l'Offense/et par l'Ordre", qui rendent bien l'idée de la "boule", du "globe", et qui le dessinent en quelque sorte par leur forme même. 3. Dans la première strophe, pourquoi le futur antérieur de l'indicatif plutôt que le plus-que-parfait ou le passé composé ?... La réponse ne se trouve ni dans la valeur temporelle ni dans la valeur aspectuelle de ce temps, mais dans sa valeur modale : en effet, le futur antérieur permet d'énoncer une probabilité, et d'exprimer, dans un contexte présent, une supposition ; la soudaineté, la violence de l'intervention policière fait douter du "poecile d'étoiles qui iront en s'évanouissant", et peut-être interrompt sa réalisation, empêche son achèvement... Mais le futur antérieur peut aussi présenter une valeur de bilan anticipé : le dictionnaire des conjugaisons Larousse (2019) nous apprend qu'alors "le locuteur se détache du présent pour juger le procès comme s'il était déjà achevé, pour donner plus d'ampleur à son jugement." Dans ce cas, le futur antérieur porterait ici la ferme volonté, certes au final déçue, de garder les étoiles peintes contre "l'arrivée inopinée de l'adversité planétaire".)



Planasthai



Sur l'impasse de la cité
j'aurai peint des vermeils et des ors
des lactescences et des roseurs
des cassis et des pourpres
des coccinelles stellaires

Dans l'avivement même
de l'inopiné faisceau
l'orbe congloméré
par l'offense
et par l'ordre

les épeura



Loup-de-lune
LIU Bizheng

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