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Carreaux


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#1 En hoir de Loup-de-lune

En hoir de Loup-de-lune

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Posté 16 juin 2020 - 12:03

(Notes : 1. Nous invitons ici les lectrices et les lecteurs, par les mots qui auront recueilli l'une de ses séquences, au coeur de l'imagerie de la jeune leucémique à la fenêtre. Nombre de poèmes de Loup-de-lune sont des "translations des confidences hyalines de la fenêtre" : voir, par exemple, dans son blog "Sur le bord de la fenêtre" 19/08/2017, "La fenêtre du guérir" 19/09/2017, "Fenêtre d'immaculation" 26/09/2018... Elle dira un jour : "La fenêtre est une métaphore de la leucémie qui enjoint le sang visqueux à de plus en plus de diaphanéité, à de plus en plus de roseur lucide, à de plus en plus de transparence... Les leucocytes de cette trobaïrits, de cette compagne troubadour, sont les voyelles blanches du poème frère du silence..." Carreaux... c'est aussi la division, ou mieux, le partage du verre inventeur ou artiste, en feuillets, en lots de "fissile" (voir le poème et la note publiés le 03/06/2020 dans le salon Sans commentaires; voir également le poème "Textes" publié dans ce même salon le 29/05/2020 ), si légers, imperceptibles supports de l'encre des "rayons et des ombres". 2. Le mot "succès" présent au deuxième vers requiert ici tout son sens étymologique : latin successus "succession", du verbe succedere "venir à la place" ou "à la suite". Les "successions" sur les carreaux de la fenêtre semblent échapper au "sceptre" du temps, c'est la raison pour laquelle elles sont "innocentes des croissants" qui sont suggérés par l'imagerie fantasmagorique, qui peuvent rappeler les transformations lunaires, péremptoires "pictogrammes" des jours passés. Le choix de "succès" plutôt que "succession" dit bien à quel point s'abandonner aux enchantements de la fenêtre atemporelle, est un "événement heureux" et la véritable "réussite". 3. La forme "vouivrent" du sixième vers suppose un verbe intransitif du premier groupe "vouivrer" au sens de "sinuer, serpenter à la manière de la vouivre" définie par Le Nouveau Petit Littré (2018) de la manière suivante : "Dans le folklore des régions de Lorraine, de Franche-Comté et du Jura, serpent mythique gardien d'un trésor fabuleux ou bien jeune fille, accompagnée de serpents, douée de pouvoirs fantastiques." 4. L'allitération du vers 21 "(...) aux GUides de vaGUant aiGUail" exprime toute "l'ardeur de la main" à "cueillir" d'abord, à "s'en remettre" ensuite, c'est-à-dire, en quelque sorte, à "être cueillie". 5. Le mot "exuvie" du dernier vers, issu du latin exuviae "dépouille", du verbe exuere "débarrasser", signifie "peau abandonnée par un arthropode ou un serpent après une mue", et marque l'un des thèmes cruciaux de l'écriture de Loup-de-lune, celui de la métamorphose. La nuit ne meurt pas, elle ne finit pas, elle se mue en le jour, et, de surcroît, sa dépouille même le vêt des ors de la paille et du tigre des énergies bondissantes...)



Carreaux



en buées échancrées
en succès innocents des croissants
sélènes pictogrammes du sceptre au passé simple
deux rectangles que noirjoint
un aplomb insisté

parodies de lices où des lignes
intermittemment vouivrent

commençantes claires
et appréciations de bleu pastel
atteignant l'oblique montueuse
elles acheminent leurs veinures avitaillées de sombre
vers les horizontales

aux fins d'encoroller
leur instant de tigelles
parmi l'humide écaillé
poindre s'immole à la nova

de cueillir
jusqu'au bouquet hors la séquence
la main ard
de s'en remettre aux guides de vaguant aiguail

déjà linéaments à même la bonde
le remenant des porteuses

et le jour ira s'épanchant
de l'exuvie qui le paillette et le tigre



Loup-de-lune
LIU Bizheng

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