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Entretien exclusif avec Casimir Kubiak !


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2 réponses à ce sujet

#1 Alfred

Alfred

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Posté 13 juillet 2021 - 06:23

Rien de plus difficile que d’obtenir un entretien avec Casimir Kubiak, le plus non-célèbre des poètes anthropologues. C’est après une longue série de supplications, d’une infinité de détournements, d’insultes et d’excuses qu’il a enfin décidé de nous accorder un entretien pour la non-publication de son recueil, un non recueil non-écrit destiné à la non-publication. Nous voilà chez lui, il est en robe de chambre dans son non-lieu d’habitation. L’homme a changé depuis notre dernière rencontre. Mais diantre ! Qu’est ce qu’il est toujours aussi laid ! Il n’a jamais eu l’air particulièrement vif mais là il a encore plus une tête de con. Sans parler de l’odeur...

 

Alfred : C’est un immense plaisir de vous revoir mr. Kubiak. Comment allez-vous depuis la dernière fois ?

 

C.K. : Ça va plutôt pas mal. J’ai non-vécu le confinement et je n’ai d’ailleurs aucun avis à donner là-dessus. Arrêtez de me filmer sinon j’arrête tout de suite l’entretien ! Salopard ! Cochon !

 

A : Ok je coupe la caméra ! Non, ne vous levez pas ! Vous êtes encore plus laid debout ! Mais je vois que vous êtes toujours aussi aimable… Pourquoi on ne vous voit plus sur internet ?

 

C.K. : Je suis devenu conscient qu’imaginer que ma pensée puisse ne que frotter numériquement, par la proximité d’un nom de domaine, la main d’Amazon me révulse. Le succès d’Internet se fait sur le commerce et la pornographie, qui ne sont d’ailleurs qu’une seule et même chose. Me projeter à travers la création de petits tocards californiens, ou même de petits bourgeois français qui sortent d’écoles de commerce avec leur cul crasseux qu’ils font laver par le sous-prolétariat me fait vomir. C’est ce même sous-prolétariat qui lave leur cul dégueulasse et qui les nourrit à vélos, à travers leurs applications de demeurés tout-puissants. Cette saloperie de bourgeois bouffie par l’orgueil. Et c’est une obésité qui n’a même pas la beauté du ventre rond du satrape, vu que ces crétins font aussi du vélo ! Et pourtant ils sont tout aussi cruels et sadiques que les satrapes ! Et ce qui est atroce, c’est qu’ils n’ont même pas l'honnêteté du tyran qui se sait tyran et qui pointe du doigt à son esclave le siège où celui-ci doit s’asseoir.

 

A : Vous êtes toujours aussi violent et catégorique ! Vous pensez qu’il n’y a rien à sauver d’Internet ?

 

C.K. : Ce n’est pas à moi de juger ce qui est à sauver ou non. Je m’en tamponne, je m’en balek. Je ne pense pas que la fin du monde va arriver, elle est déjà arrivée. Et elle ne pourra toujours qu’être en cours, la fin du monde en cours n’ayant pas de finalité. Internet et le numérique ont en revanche accéléré la temporalité de la cadence de cette non-fin du monde en cours.

 

A : La fin du monde en cours n’a pas de finalité ? Vous vous êtes mis à lire de la philosophie ? Pourtant, quand on vous voit et quand on vous écoute, on doute largement que vous soyez capable de comprendre quelque chose…

 

C.K. : C’est vrai. Quand je me regarde, je ne vois rien. C’est ce qui me désespère d’autant plus car je dois tout de même me rattacher à l’espèce humaine. Si je suis ce que je suis et que je suis humain, je perds un espoir que je n’ai même pas.

 

A : Hum… Parlons de votre non-recueil destiné à la non-publication. Ou en êtes-vous ?

 

C.K. (il soupire) : Bah… Je suis un écrivain post-moderne, un écrivain fragmentaire. C’est le nom moderne qu’en littérature contemporaine on donne à la paresse. Mais j’ai le mérite d’éviter les écueils des lieux communs contemporains d’où qu’ils viennent. Vous savez, c’est mon honnêteté qui fait ma force. Un homme honnête peut être une parfaite ordure mais il ne s’arrête pas, c’est une force. Disons qu’avec de la discipline j’aurai pu être un de ces grands hommes dont on parle dans les livres d’histoire : Einstein, Darwin, Newton... Et c’est évidemment l’absence de discipline qui m’a sauvé d’être un grand homme. En fin de compte, c’est une véritable grâce. Mais disons que je travaille sur un non-texte d’une extrême non-importance.

 

A : Très bien… Que pensez-vous de la poésie contemporaine ?

 

C.K. : Beaucoup de mal, très peu de bien. La quantité de déchets de la poésie contemporaine est comparable à la quantité de déchets de la poésie de n’importe quelle époque. Et je pense cela de l’art tout court. En ce qui concerne la vérité de l’art je ne pense pas en termes d’époque. C’est une question qui n’a pas lieu, c’est un non-lieu. Il est vrai qu’il est agréable et extrêmement facile de se moquer par exemple de la FIAC ou d’un grand nombre de revues contemporaines de poésie, c’est une véritable jouissance mais cela doit rester un passe-temps. Car bon Dieu ! Comme c’est bon de cracher de temps en temps ! Mais comme toute jouissance elle a sa gueule de bois et ses regrets, et comme tout passe-temps c’est un passe-temps vain. Et la vérité se soucie peu de ce qui est vain car elle ne passe pas et qu’elle n’est pas un passe-temps. La vérité est en somme insensible à la plaisanterie en son nom.

 

A : Vous pouvez arrêter de lâcher des caisses s’il vous plaît ? Ou genre juste vous laver les dents, là ? Enfin bon… Vous estimez que la critique n’a pas de sens ?

 

C.K. : Je n’ai jamais dis cela. Il faut distinguer la critique de la recherche de la vérité. La critique c’est un système par rapport à un autre. La jouissance esthétique de la critique, par exemple comme acte dandy si vous voulez, c’est de montrer la bêtise d’un système en lui montrant son reflet. Edgar Poe illustre ça parfaitement dans je ne sais plus quelle nouvelle. Mais je ne suis pas un dandy car je ne suis pas un être singulier, et rechercher à ne plus être singulier honnêtement, complètement, c’est s’intéresser à la vérité. C’est être le criminel, le héros, l’ordure et le saint. Les mystiques savent cela, et il y a des mystiques. J’ai toujours rêvé être un mystique, j’ai toujours voulu être le mystique, mais je me suis aperçu que j’en étais incapable. C’est pour cela que j’aime autant les mystiques.

 

A. : Vous pensez qu’il n’y a pas de poésie sans mystique ?

 

C.K. : C’est évident.

 

A. : Que répondez-vous alors aux poètes qui vous disent qu’ils ne sont pas mystiques ?

 

C.K. : Si ils sont vraiment poètes, c’est qu’ils sont mystiques sans le savoir. Ou alors on est malhonnête, ou alors on voit autre chose dans ce que je dis, ce qui est parfaitement acceptable. Je suis parfaitement conscient des limites de ce que je suis capable d’exprimer.

 

A. (petit rire) : En gros, vous pensez tout de même détenir la vérité ?

 

C.K. : Je recherche la vérité, je ne cherche pas à la détenir. C’est un non-sens que de croire détenir quelque chose d’infiniment partagé. Ça n'a rien d’une affaire personnelle.

 

A. : Mr. Kubiak, gros con, si vous me permettez l’expression, si quelque chose est infiniment partagé, c’est que cette chose est déjà présente et infiniment présente. Pourquoi rechercher ce qui est déjà là et infiniment là ?

 

C.K. : Espèce de petit trou du cul de sophiste. Casse-toi de chez moi avant que je te fasse avaler ton smartphone d’esclave ! Pouilleux ! Start-upper ! Macroniste ! Gauchiste ! Fasciste ! Déicide !....

 

J’ai dû couper l’enregistrement audio et m’enfuir au plus vite de la non-habitation de Mr. Casimir Kubiak car il se ruait vers moi en m’injuriant et s’apprêtait à me frapper avec une bouteille de picon bière. Je tiens à préciser à nos lecteurs de TLP que je suis toujours vivant et en bonne santé. Je ne compte pas porter plainte. J’ai depuis repris contact avec Mr. Casimir Kubiak, qui m’a assuré sa plus parfaite sympathie. Bonne fête nationale à tous nos lecteurs !



#2 M. de Saint-Michel

M. de Saint-Michel

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  • Une phrase ::Je suis quelqu'un pour qui poésie et respiration ne font qu'un.

Posté 15 juillet 2021 - 12:33

J'aime bien votre Casimir!

#3 Hattie

Hattie

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Posté 16 juillet 2021 - 05:43

... l’exercice tient la route, mon Général !