cristal apparenté au père plein de sommeil
de toute âme cerclé autour
d'un front virginal à la lumière
chuchote une ode à son plaisir
incarcérée dans un corset de cerisier
ses blancheurs florales dispersées
au rythme des anciennes promenades
opposant le miroir des jours
baigné des bruits de l'atmosphère
règle séduisant le tissu travaillé
autour du visage de qui je veux aimer
nulle grande distance océanique
ne nous sépare que le minéral silence
des lieux d'étude souterrains
on a banni les stances et les corps
tressés aux brins du lexique nu
sous le soleil obscur à son zénith
les vers festoient et grouillent
dans un fracas de fête foraine
le beau réseau de ligatures nerveuses
qui parcourent la mâchoire des cadavres
se décompose en fines lanières
nous ne sommes que sang et os et sperme
oiseaux de lumière immaculée
loin de la perdition et de l'ennui
le feu viendra purifier la souillure
la mort s'accouplera avec l'herbe
les maladies s'écouleront dans la boue
et la terre deviendra fertile
le massacre prélude à la moisson
les blés seront rouges comme le sang
noir négatif des ombres sous les pierres
petits insectes cliquettent à la fraîcheur
coloriée de bleu ou vif argent dilué
songe de l'informateur voûté par l'âge
et le remords aboutit au bout de la cité
ombre échevelée qui boit sa courte vie
à la courte cornue des animaux de marbre
mare d'eau croupissante pour la jeune promise
qui ombre ses pommettes au teint des orchidées
abandonne le gouffre qui nous désunira
le vieil ami plein de sollicitude
aux plaies sanguinolentes que l'on couvre de sel
la noire liqueur des soirs désincarnés
où l'on entend le rut et le râle
vivant dans un bourbier tapissé d'ors mortuaires
songe à la dérision de ton vieillissement
qui ne jette jamais que des poussières déchues
arrachées à l'étoile qui te tenait plus pur
tu es tombé plus bas que les larves repues
et l'horizon de gris pétrifie ta vision
carnaval insensible dans les rues
au passé de voleur qui caresse le cuir
tanné cousu de fils d'or et de lin
bonnet de velours bleu qui te couvre les tempes
et marque d'un symbole le front enfiévré
des adolescents maigres
travaillés par l'horreur de quitter leur enfance
dans les ruelles pavées de musique et d'étoffes
regarde le soleil prendre leur âme aux prêtres
petit colifichet juxtaposé à l'herbe
que l'on foule en priant les seins de la pucelle
les textes de la vie jetés d'un vieux brûle-gueule
creusent des rides aux fous pris dans leur camisole
qui s'évadent en hurlant leurs rêveries baroques
goûte au stylet d'argent pauvre enfant privé d'heure
ta tête évaporée dans le noir du cachot
serre la terre dans les poings et puis te désagrège
à l'eau sainte dans sa source claire
amour passé comme un nuage
ruines habillées de laisses de brouillard
le temps bientôt rejoint son origine
l'espace nu d'un creux dans l'arbre de la vie
la tourbe qui contient tous les jeux des insectes
puise encore au fond des terres
le pauvre adolescent qui ne peut advenir
assis derrière la fenêtre fermée
lorsque la lune apporte ou prière ou suicide
un faible ruisseau de vent froid
raconte une histoire de violence et de pardon
puis s'éteint dans l'âtre enténébré





