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À la lueur du sang-flambeau : centrifuge


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#1 Loup-de-lune

Loup-de-lune

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  • Une phrase ::« Je suis la jeune leucémique des lisières, dont l'allure odysséenne et frêle tantôt se coule dans le rêve tantôt repasse le linéament du réel... la jeune érythrophore des confins, la féale étymologie des crépuscules, qu'intégralement la mort est impuissante à com-prendre et que la vie échoue à con-cerner entièrement... »

Posté 14 mars 2022 - 07:06

' (...) plus qu'une mise à nu, ce vérace dénudement, jusqu'aux osséines, jusqu'aux moelles, des ressentis, devant une telle expérience de vie et de danger de mort devient une vraie forme d'art qui célèbre précisément la vie poussée à ses extrémités (...) et le jeu, mieux, la perpétuelle graduation (é)mouvante des couleurs, qui est sans doute aussi celle des douleurs physiques et morales, comme j'y suis sensible ! (...) Une sincérité ne pouvant s'exprimer qu'à travers le prisme d'un lexique consciencieusement, méticuleusement choisi pour que la Poésie soit absolument mystique et très respectée. (...) Cette exigence à l'égard de vous-même, poussant le verbe à l'extrême, et à l'égard de votre lectorat (une lecture qui n'est pas à la portée de tous), j'adhère, oh ! combien j'adhère !... et si, pour ce petit sursis qui m'est accordé, votre espace-temps n'est plus tout à fait le mien désormais, je patiente plongé au coeur de votre recueil, et, dans l'intervalle, ainsi que vous l'écrivez vous-même à l'acmé du partage de votre arc-en-ciel, « j'accepte le charme impérieux des métamorphoses » . . . . . . . .

A. Kmar, lecteur, relecteur, et préfacier







'Son art :
son acuité
dédiée à l'expérience
de la Vie
avec son âme somptueuse
d'une exigence
rare
. . . . . . . .

hasia







'c'est-à-dire que la charge émotionnelle de vos textes est absolue

     disséminée dans l'abstraction_

 (...) 

pâleurs _hâleurs "inéteignables"

     entrant en collision 

          avec le rouge

               __qui s'épanche


bɔētiane



... je vagabonde
dans les alphabets pulvérisés
et à la lueur rouge de mon allure
l'itinéraire d'atomes
compose tantôt des cris
tantôt des silences

et des quatre points cardinaux montent les fumées
des anciennes syntaxes

Loup-de-lune







'J'aime en la poésie la recherche du mot juste, étincelant, vertébral, qui peut décrire de manière innovante la face du monde et l'émotion pure.

K.-A. Delalande







'exhortant, j'imagine qu'elle puisait impassible
tout ce sang incroyable
dans la veine de son encre
qui floutait invincible, 
de son art, les stigmates chrysanthème

c'est un cygne, c'est certain 


à cette perle de jade à l'encre indélébile . . . . . . . .

Pigloo







'Entrer dans vos poèmes... chaque mot semble être une pulsation de votre coeur, de votre sang, et chaque image un diamant taillé au filtre de votre expérience, de votre sensibilité, et lancé dans l'espace pour ricocher à l'infini . . . . . . . .
 
Silver



Appartenir à la métamorphose
par-delà toutes les gravités

heureuse vagabonde
sur le fil qui chemine
entre le rouge et les étoiles

Loup-de-lune







'(...) car, parfois jusqu'au néologisme opportun, et même jusqu'à ce bonheur d'un hapax identitaire, les vocables que vous employez, psyché plurielle - qui signifie aussi 'miroir' - réfléchissent une lumière intérieure, puissamment médullaire, éminemment hématoïde... À vous découvrir, à vous lire et relire... cette croissante impression folle d'un myocarde-rubis, radié de systoles, qui ne cesse point . . . . . . . .

V.-L. A. Di Valentino, coéditrice, et postfacière







À la lueur du sang-flambeau : centrifuge



En manière d'irradiance de virtuèmes







🩸🌹🩸

Sur le bord d'un chemin où la cité renonce
à travers les roses qu'inépuisablement
l'affliction ou l'espérance ou l'indicible
amoncèlent alentour d'une pietà
une flamme jamais ne s'éteint


Tantôt palpitante dans les corolles rouges
dans un prégnant effluve tantôt immobile
elle est semblable à ton dernier regard
qui demeure en mon respir
et dont mon sang s'étoile







🩸

sur la paraffine
offrant ainsi son cylindre
que peindre ?

que peindre alors

qui prévale sur le reflet
avant que le progrès de la flamme
n'ait consumé

pour que mon aorte pâle
mue son aquarelle
en le clair d'angle
où le safran fraie l'intermission







🩸

Dans une cendre passée se pluralisent
par du blanc traitillé
l'effilage
et l'aigu
qu'appréhende d'onder le coussin


Sa retouche fuyante
abrie kakis et alkékenges

mais parmi le grènetis pluvial
une lucarne de crépuscule
réinvente la complicité qui épanche







🩸

Pour dérober leur base un gazon flambe et dore
sous les grands lacis noirs où doutent les aubiers
et de tout son miracle un seigneur topiaire
profile leur désinvolture sur son château vert
qui fiche quatre tours dans le siège du temps
Ce que furent nos mains longanimes leur est dévolu
par mille orages améthyste et ardoise ouvragés en ciels d'étoiles
nos propres paupières closes les transfigurent
ils savent l'abandon de nos demi-visages au creuset du baiser
et leur étreinte ne lénifiant aucune sépulture
prolonge notre désir humain jusqu'au minéral clair







🩸

la silhouette
au coeur du trigone qui condamne le passage
on lui a tranché la tête

effleurant mon pas de contrevenant
maintes feuilles contrefont
le marron des chérubins putrescibles

où proémine le chef funèbre
un trou érupte
la pelletée phéophore réitère

de décidence en décidence
une minute d'air nomade vient dérebuter un papier
sur la candidature duquel
une encre violine image la résurgence d'un thrène







🩸

vitre ce ciel
donné aux comètes d'eau

le reflet à bout d'incandescence
les drapeaux parmi la rosée galactique
ondoyante insularité des couleurs
qui recelaient sangs et vergers

il suffit d'un foudre de cendre bleue
pour que coulent à nouveau nos larmes aviformes

jusqu'au sublimatoire solaire
son bris sans plus d'orient
inlassablement sillonné
par le semis des pluies

qui se divulguent aux vitesses







🩸

ma cueillaison allume
ces trois petits feux parme
par-devant ton portrait
et l'encre au futur aubergine
qui s'est souvenue du parolier
sur un déchiré de papier vélin

un vol onde le bleu pastel

les cryptides des frondaisons sont vivifiés par la brise

le couchant attise

je ne savais pas encore que tu brûlais si belle
dans une éclosion de corolles







🩸

chrysolithe ambre rubis
alcools en livrées
oiseleurs des rayons ultimes
vagabondés dans la chambre

puis boire comme un ailleurs obombre l'étoile

gemmes et chagrins
fantômes et lueurs
ont kaléidoscopé le sang

un flambeau de corail
que tigre un appel d'ivoire
brûle l'obscur
espaceur des destins constellés par le ciel







🩸

radiaux
et déictiques bras
ailes éployées
un ange
étoile malitorne
a guidé les magnificences
que des reflets cannellent
à même l'oubliance des prosternations

et rien ne sait plus brûler
hors l'ogive élancée du tréfonds
qui va détroussant la cendre

les couleurs des vitraux
se sont lovées
dans la flamme de mon démasquement
à sa pointe d'adolescent soleil
la fugacité
éfaufile sa seconde flâneuse







🩸

le congé des repères 
échevelle le délai 

sylphide au long dénoué de jais
la silhouette des lisières 

parmi l'aubier 
dont s'embrument les verticales 
fabuleront des huis

linéaments de l'enfuie 
la jeunesse s'inachève en redoux d'or
la trace interroge la poudre
dans la lumière giboyeuse 

ce qui a chaussé ses erres
espace la dernière bête d'évidence







🩸

Parmi le délinéamenté angeliciel
d'errance
en errance
elle aura fini par natter
la plénitude de la nuit

pour que toutes les branches
de la rose des vents
convergent vers ce grain
de flamme paraissant

pour qu'il n'y eût
plus d'autre conséquence
que croissant
cet écho aliforme
des êtres de feu
dont la formule du vol
consume les pesanteurs







🩸

il traversait le long clair-obscur de la forêt

lorsqu'il franchit la lisière
il s'aperçut que le bouquet
qu'il avait ourdi de musardise
en musarderie à travers les champs circonvoisins
était entièrement épétalé

médusé il essaya de revenir sur ses pas

une brume parme, des linéaments incarnats, des ondes bleu effaré
métamorphosaient sans discontinuer le clair-obscur

il desserra la caducité de son poing
et tandis que la naïveté des tiges s'échappait
aux fins de joindre l'humus

le sublime lever de sa main fit une étoile éclatante







🩸

cette voix goujate et piètre incarcère la forme acuminée entre les contrats d'une tache qui avilirait le tapis de la chambre

(rire triste
_et vigoureux)

or l'heur de la fantaisie a saisi là tout un ichtyoïde pour s'épanouir

et le reliquat d'arantèle suspendu au plafond patiente jusqu'à l'aubaine des pêches

il n'est pas exclu qu'accompli le poisson s'évade par la fenêtre en mansarde parmi la persuasion de pluie marine

il restera toutefois l'étoile liliale de la taie d'oreiller
sa nage tranquille en le vêpre onirique
à côté de mes veules appâts

tandis qu'en une dernière foudre mince
s'évanouira le fil







🩸

ce grand vent nocturne
je le connais
ce vent de la solitude opiniâtre
ce vent de l'allure
qui devance la chair
ce vent qui émeut
jusqu'à l'effroi
les géants de pierre
juchés
sur les édifices
 
il souffle
à l'instant apothéotique
de l'humain silencié
 
sa fraîcheur
rappelle
les premières lunes
de l'affranchissement
 
et dans son serment
de ruines
errent des lueurs mendiantes d'aurore







🩸

Le rose des passe-marques
est coalisé en losange

Qui colora
le cerf-volant le démasque
ondoyante altitude
malgré l'aplomb de l'humain schématique


Le renvoi a trouvé les yeux
qu'un doute de parque effrange

les lettres qui signifièrent un village
renouent avec le possible de craie

vols et lueurs traversent
le naïf de baptiser

le quadrangle qui appendait son bleu roi
à la concession vague
triomphe et de l'effacement
et de l'attente







🩸

... et aussi de manière que l'alexandrin parût darder quelques vers, quelques syntagmes... des syllabes, des images, des éclats épris de musique neuve en toute liberté, autant de traits fées...


pour arquer sa balustrade
un balcon
provoque le bleu marine

de leur bondissante récurrence
par-dessus l'étoilement qui sille
des dauphins l'ajourent

enclosent la liqueur nauséeuse
houlée par un corps lacunaire

ravissent
les oiseaux voilagés qui neigeaient leur essor

une nageoire de drap
blessée d'entrebâillure
affirme la plongée

et déjà découpeurs de la vitre
qu'un globe safrane
ils ne s'éteignent pas

ainsi dardés dans l'abysse nocturne







🩸

Ce soir-là
Angélique ne rentrait pas


Après une portion de nuit accordée à l'attente, il apprécia de plus en plus l'énigme qui sourdait de l'accoutumance inespérément frangible

Les jours qui s'écoulaient changèrent l'épouse en disparue et les hypothèses échancrées et les élucidations écliptiques désennuyèrent un peu son oisiveté

L'écriture d'un livre commença à l'occuper, que la suspecte entraperçue silhouetterait inlassablement

Prié de se rendre à la morgue il nia psalmodique au dévoilement de la dépouille les évidences du cardigan encore presque turquoise et de l'anneau presque noceux encore

tandis qu'à un autre roman
à un autre style
l'invitait peut-être
la lividité fantastique de la noyade







🩸

les fleurs parme
que j'aimais retrouver près de l'orée
auréolées du tremblé des butineurs

ont été fauchées

je n'ai pas eu le coeur
de les abandonner à leur morose fatum de foin

j'en ai donc recueilli un bouquet


je détache chacune des corolles
de sa tige meurtrie
et les dépose
comme une petite épiphanie de nénuphars
sur une assiette emplie d'eau

où elles rose-claireront encore un indéfini de jours

puis fanées
elles empreindront la faïence

dans le double cercle d'or et de grenat
qu'elles effleureront sans oser le débord

d'une profuse évocation d'ailes fossiles







🩸

ainsi le lattis couru par le fauve
noire une droite
suspend les réfléchissements d'une lampe argyroïde


à ses bras levés pour mimer des exultations indéfinies
le comble boucané
oppose des perpendiculaires ruiniques


bifurque le tissu ce pendant qu'il s'épanche
jaune paille et blanc cassé
ondent en équerre le démurement


palinodiant leur provenance mille ombres ont contrefait midi


le pusillanime mêlement des crépuscules peut-être ces implicites roseurs tout le long des voilages
qu'une évanescence bleu de pastel élonge effleureurs de sol


étrangères pas moins de cinq campagnes encadrées par-dessus
se fondent en cette acuité de l'angle propice au déchirement







🩸

les volets se fermant 
interminables ravisseurs de la demi-lune
séductrice de l'angle

le refrain perpendiculaire 
va fumant à travers les voilages 

le cordonnet démissionne son noeud 
et sa métamorphose sinue 
pendant que le grand rideau 
éploie ses essaims d'ailes
et désempare le tapis

le safran de l'abat-jour 
vêt une gemme renflée 
planète de veines et d'ocelles 
qui refuse toutes les orbites
pour espacer un cisèlement d'or

épure du papillon 
son ruban noue un bouquet de plis ombrés 
qui évase une pensée de couronne 


Sur d'interstitielles pentes de neige 
s'aiguise le noir
les fenêtres sombrées 
dans l'encre des trigones 
jusqu'à éclabousser
au long d'un chemin de nielles
la vigueur de la dernière allure







🩸

un ovale d'eau encristale la nudité

comme sombrent
comme reposent
ouvertes les mains minimales

l'abstruse gestuelle
se disperse

la lamelle du savon
fleure un végétal à réinventer

l'éclairage s'étant lassé
son reliquat atermoie dans les délicatesses de métal


Il a semblé qu'un déchiffonnage de papier
préludât au conte du boîtier

ahane la musique
du ballet
les voix débonnaires
et fées relaient


S'endormir
incidence de la meurtrissure promise par le fuseau

un sfumato alite
oiseleur de bleus tus


Un secret
sur les lèvres
enlumine
son effleurescence

redressé
son rough
le corps
ruisselle

et sur la buée du miroir
échange son entier reflet
contre cette arabesque d'une fugacité de prince







🩸

Parmi la foule, par intervalle, il y avait l'éclat de leurs mains jointes

Ô l'implacable voie de jeunesse sur laquelle ils s'éloignaient

Dans un formidable envol d'anges brûlait ma propre main, vide, ouverte, prodigue de toute la distance

Ainsi, c'était détenir, tacite, hors de toute vérification, hors de toute certitude


Ô fille d'eau qui t'enfuis pour l'alliance avec le fleuve rêveur de mers porteuses d'îles

Ô fille d'eau, comme je ressentis mon étanchement

Va, va vers ton histoire acolyte, je sais que tu baissais les yeux sur son préambule


J'ai marché sans liqueur dans une ville d'astres et de feuilles d'automne. Chaque foulée gorgeait de galaxies craquantes la différence entre mon regard et voir

Derrière le verre, à la lueur de safran ou de soufre de l'ancienne boutique, les marionnettes n'ont plus d'aventures heureuses

De la bouche du dieu de pierre, qu'une espérance trop meurtrie rive à la fontaine, l'eau coule sur des bouteilles vides et des papiers sans énigme







🩸

vers le soir
de venelles sans nul code
en exponentielles lenteurs
explorante ininterrompue de l'analyse

... elle aura failli se coaliser
avec la fontaine
entre deux degrés d'obscurciscence
de ses arcelets de corolles
aux fins de s'y faire le foyer des aurorales
d'y attendre le sortilège de la convalescence
en le luisel de transparence

... d'une façade
qui citrine et qui safrane les absences
aura perlé l'adagio brucknérien
et les hématies rebondissent
insaisissables
mainte naïve
acanthe déchirant sa candeur
approche l'orient patrial
mais les plus lucides vont se grumelant
en cet allegro con fuoco
dont un feuillet de verre déjà scelle l'infirmité

... parmi le surréel de la vitrine
elle élit une lame
des chandeliers tout alentour
auront tendu en bleu glacier ou en rose
à cette flambe
qui peut décacher un décisif abandon de sourcière

... sur sa descente
suspendue dans la prononciation nocturne de l'espace
étranger aux récurrences des commerces obvies
le haut du précis calligraphie le sang
tandis qu'au-dessous de ses sinogrammes
les lettres latines prétextant le syntagme
auront convoqué l'éclat des translations cycnéennes







🩸

Il lui fut signifié que d'entre leurs myriades quelques-unes seulement devraient demeurer. Et, de lui seul, relèverait l'anthologie des étoiles. Pour l'accomplissement de cette tâche, une heure, toutefois la plus propice à l'éclat, lui était accordée. L'effroi le saisit, qui dessinait si nettement, sous les palpitances feues, la contemplation de son amie... de son amie, là-bas, si loin... son âme soeur d'Orient... Et déjà dans le silence de ses larmes s'éteignaient en coulant de longues constellations. Il fut grand temps de se redresser. Et il choisit. Ses mains abhorrées du travail brûlaient sans disparaître. Il songea à la mer, comme à la nuit définitive, où pourrait sombrer l'ultime lumière avec le corps inélucidable. Mais l'incandescence des mains recommençait le flambeau. Il les ouvrit fulguramment, elles parurent d'abord s'égailler, puis s'alentirent, et, point par point, allèrent composant une figure neuve, où il n'y avait plus aucun héroïsme approximatif, plus aucune superstition péremptoire, aucune ménagerie immémorée... Intime joaillier de silhouette, il avait porté à scintillation la joie simple et la marge lauréate de son amie, et un ciel se redéfinit tout autour avec une plus limpide profondeur, en sorte que le regard s'y trouvant dardé toucherait continûment à l'énigme.







🩸

Son acharné désir
d'oeuvrer au château du Louvetier
avec la déclaration que ses résurrectionnelles brûlances
délinéamenteraient les bêtes fauves


Assis immobile depuis la sommation occidentale
les merlons lui lacunant la murmurière multitude
il commençait à se sentir nocturne auteur de la désheurée

pour que volcane la géométrie de la tour
où l'impulsion fatale mime encor la réponse
il avait mystique
pulvérisé et tamisé le tilleul
où furent appris à l'enfant le parfum l'âme et l'altesse

 
Mais quel tranquille éparpillement sur une aire
dont la ténèbre s'empare décisivement

 
Seule l'épiphanie du flambeau hurlé
comprend cette soudaineté vermeille
qui parsème l'aigremore

et croît
exaspérée
la clameur au pied du foyer invarié

un satellite en division
renonçant sa complicité
de nulle parcelle ignée ne douera
le possible de la girandole

en interminable parachèvement d'arc
il va
en image ameutée des affinités violies







🩸

à une éphéméride de chrysocale encor
se seront soustraits les trois angles glutinés

chamane de l'induit
le soupçon d'iris suscite l'abîme des reflets
et le zéro du choc
promeut la chute au transplafonnier

flueurs des lignes à leur non-sonore noël

pour chaque aplomb
cette horizontale d'épiphanie qui suspend la céréale

or les parallèles
prodiguent la hauteur pulvérulente
air et corps au bout de leurs élans
ignorent la conjointure

les brins qui murent
une île y corrobore son extrait

son geste sanguifié par la gamme des cendresses
jusques aux neiges mages dérobant les arbres de noir
baigne un navire dans le lait d'une approche

et translate l'abord
avec la pupille
avec la plante du premier est
à la luisance de voile qui croît







🩸

Sur l'escalier
parmi ceux qui montent
et ceux qui descendent
ceux qui lanternent
et ceux qui courent
ceux que le mouvement souffle
et ceux qu'il allume
ceux qui murmurent à leur coeur
et ceux dont la voix porte
je m'immobilise
 
désengagé du temps
le mur en face de moi
tout entier un tableau
 
et le présent m'est retiré
comme une robe de fatigue
par la ferveur d'un amant
 
le lointain pourrait m'emporter...
 
oiseaux et nuages
même matière ouatée
 
triangles des voiles blanches
escamotant le bleu
 
dévolution méditerranéenne
soleil invisible et ubique...
 
pourtant plus près
le vrai voyage
par les yeux clairs de cette femme
sentinelle sur le quai
 
Ses yeux qui rendent
nos signes de la main à mon retour
nos accolades silencieuses nos baisers
ses yeux qui les ont vus
et où ils sont retrouvés
 
leur mémoire fidèle
sans le fard de la séduction
sans les paupières de l'oubli
ressuscite nos rendez-vous







🩸

c'est le segment indéfini
où la lisière vibrionne d'abeilles


par une albescente coquille
virtuosité des pluies sopranes
qui jugule la ronce
la bifurcation est inchoative

se ravive ce désir
qu'en hapax la gemme
aux colligeurs inconnue
y approfondisse son secret

surtout
surtout que le geste macabre
n'aboutisse


un quadrangle de verre
où se coalise l'idéation des reflets
avec l'imagerie de la transparence

le fossile du choix
soupire un brin de pastel

 
de la cendre qui échoue à cercler
la patience d'un sertissage bu
et le bois qui décidément aspire
à crucifier les prunelles de brise

comme il s'enfonce le pas
pour empreindre
pour confondre les déceptions
dans la contiguïté magmatique

 
et déjà de sa plénitude
l'aile s'est écossée

son essor

mais cette équerre avec l'imminence des cimes

à joindre la pulvérisation mellifique
qui circonstancie le rucher
émancipé de son colorieur







🩸

lévite l'oblique
atlante de la part qui s'éclaire

et s'explique la lueur

par la sereine débordance
la verticale inapte à scinder
se corrobore

ondoie la ténuité
d'un mimodrame de traverses

au mitan pérenne de leur impondérable ascension
les ovoïdes nervurés papillotent


matrice le mur
qui blanchoie de son face-à-face
pour cette glisse de lumière

qu'entre deux chiffrages fragmentiques
l'angle symétriseur fait lire

et dont l'éloignement
aile en diagonale un cendreux trapèze



Or Leukaima un peu plus inféodée par l'émotion symplectique d'une planète et d'une étoile
afin que foisonne



flambe un confus losange
bûcher sûr des répétitives épiphanies

et la hardiesse octroyée
parit les cristallins

à l'ondoiement
la prégnante croisure
livre sa traverse

des traits saillent
et se multiplient

des lignes les enclosent
pour cette inchoation de feuilles

lancéolées et caméléoniennes
leurs ascensions
parallèlement nagent
dans la diaphane cendre des voilages

et n'ont de cesse que ne soit réfuté l'est







🩸

À l'acmé de l'absence m'a cueillie le voyage
ses distances de demi-sommeils
de nuages comme un continent ouaté
de bleu, de ténèbre, de rose pâle
où s'évaporent les noms des peuples
où démissionnent les frontières

je n'avais qu'une adresse vague sous midi saillant
j'écartais les véhicules tressés d'horaires
et silencieuse je traversais les villes
purifiée par la sueur et la soif
mûrissant les paroles que je portais en moi

engouffrée dans mes pensées
confondues avec les arbres de l'adret
j'effaçais le temple
sa silhouette surprise et vénérable


j'ai cherché ta tombe
à l'or brûlant des calligraphies

Mais elle était en moi si continûment
qu'il me sembla quand je la vis
la déposer parmi les autres

j'ai lu comme je t'appelais
j'ai passé mes doigts comme je t'écrivais
j'ai reconnu sur la pierre
deux pains nourriciers de la métamorphose
et les traces charbonneuses
des prières qui ont brûlé

Le vert autour
le vert était la stridence des cigales
le premier de mes mots
y disparut

le ciel invariable
cette aspiration du gris étrange au bleu
où, jaillis des faîtes
des pylônes se fichent

les premiers de mes mots
dans l'abîme sonore et vert
les murmures sur mes lèvres
à même l'absurdité de tant d'élytres qui chantent

la terreur et la détresse
avoir perdu l'île intime
où se partage le poème

À l'acmé de l'absence
m'aura cueillie un trop long voyage
...................................................................

Tu ne serais pas là, mon amour
avec les oreilles humaines
et l'ouïe heureuse d'autrefois
et j'ai pris étendue sur ta pierre
la décision de la nuit qui éteint le nom


L'aurore avait les visages exacts de ta mère
et de ton frère
penchés sur moi

j'ai pris la résolution de leurs mains tendues
et fortes jusqu'à me relever
moi du poids noir de tous les tombeaux

à leur sentier généreux
à nos mémoires prodigues
je me suis livrée

Alors distinctement
au bout de nos contentions
j'ai entendu ce que j'étais venue te dire
je l'ai entendu passer
comme des oiseaux-voyelles
au-dessus du cuivré de la mer







🩸

ce polychrome magma d'enfants
ainsi disparaissant
sous un décernement d'ardoise
et de tuile couchante
par degré le square
se résout en l'épure d'un silence

l'oiseau fusain
va soulignant jusqu'à la ramille
qui porte le crépuscule au coeur

cette veine qui sinue
à mon poignet candide
source
de l'épanchement d'ombre
et bien plus que soleil et planète

minuit brûle ses étoiles
dans le safran des luminaires
fixe bûcher de vitre
rideaux glacés
lourds
aux mains compromises du lendemain

et cette eau
diaprée d'épieurs de saphir
qui emplit le grand verre à moitié
étrangère à l'ancien déglutir
complice des soifs d'outre-organisme

à travers son clair de bleu
les couleurs des papiers sans poème
anamorphosique arlequin
des alphabets alanguis

et les réfléchit
l'or griffé
qui médaille le livre

brumes d'hôpital
sur les distances propres à ce pouls thaumaturge
la mue de l'évident
en l'ajournement démiurge

et pourtant écrire
lexies
tout à leurs alliances de guérisseuses
une encre d'abondance
le sang parjure
à son rouge

draps d'hôpital
si connaisseurs des esquisses lasses
et même au plus fuligineux des paupières
toujours de cette couleur neige
des endormeuses leucémies







🩸
 
De cette incessante piaillerie treillissée
l'émulation polychrome

et la matière par un clairsemis
qui propose aussi des ailes
s'éployant sur la façade d'à côté

tressaille du souvenir qui
glisse et
qui s'effiloche à sa ferreuse noirescence

 
En quête des horions primesautiers du sertisseur
un choix prompt
exverticale et dépêche
une ambassade libelluloiselopapillonne

 
Aubours flagrants des palettes

 
Albums mucordeurs des poeciles

 
Gluaux des renvois

 
Écorchures iridescentes des cristallins

 
Ostéophanies des arcs-en-ciel

 
autant d'agonies alchimistes
aux fins de retremper le charme du vol

 
Cet enfoncement escarbouclé
parmi le jardin qu'enténèbre le débord des calycanthes

aux espéranciers
son point de plus vive réluctance
imprime le tournoiement

trois cercles vont réduisant leurs velours et
aoriste leur moment de guillochis
se coalisent

 

C'est bien l'espièglerie du gamin des nitescences là gisant
en ce crêpe des étamines
que par inadvertance parachèvent les broches de leur halte

la fronde a renoncé la main épanouie

entre les poumons bée la gemmière épuisée

le sombrage grenat des rais s'échine pour l'abîme nué

 
Ensuite d'un retour
et de la bredouille acérine de son message
toute charbonneuse cette effraction de la volière
est décidée

 
Et jonchée dessus l'outrance d'une planète
silenciés les aigus
des attritions de la fabrique avec les putréfactions
cet acolore mêlement







🩸

Si malingre sur les rochers de la rive
sa peur désormais un foulard de soie dénoué
à même le vent
son sang malade cette voile blanche
continûment contre la pourpre ouatée du lointain

quand se confirme tout autour d'elle
la dernière fête de l'été
elle sent revenir le monstre exilé dans ses os
et elle esquisse le geste qui violente
avec la hurlée qui laisse seul

mais de rythmes et d'alcools la foule se cuirasse
...............................................................................

Son pas véloce et vaincu dans les rues innommables
les premiers luminaires acquis aux cheveux d'or
ruissellent le long de son corps

le jardin précise les lignes de son épuisement
devant la si ancienne bâtisse
qui joue à être son château d'enfance

le jardin mais aucun des bancs fallacieux
qui cernent le bassin et sa naïade de fer bleuissant

elle marche vers l'angle ravisseur
et s'étend sur l'étroit escalier
dont une lampe finement treillissée safrane la pierre

de son visage de neige elle attend la fonte

et elle lui parle
à la leucémie
comme à une féale
des décisives cavales

elle dit qu'elle voit ici
la couleur exacte de sa douleur et de sa solitude
qu'ainsi partagées
qu'ainsi déposées sur la nuit
comme le feu de l'âme sur l'encre du poème
elles ont moins d'empire en elle

les marches qui montent
et celles qui descendent
ne la concernent plus
elle s'endort au milieu de l'escalier de safran


À l'aube avec sa vie
s'éteint la lampe niellée de proies







🩸

... Hardiesse et persévérance
ont épiphanié une chambre

vivre et songe se coalisent

léger
le rose se diffusant
interroge

aorte et poumon s'en inspirent

elle ne convainc pas
sa source de voilages

après long temps de quadrilatère
ombreux
ou contrit
ou commémoratif

les vers offerts
vont flottant

doucement se désassemblant

syllabes
renouant avec les prémices disponibles

le jour clair telle la volubilité des possibles

 
L'agneau
ne serait pas continûment taciturne

il a quelques mots à dire lui aussi

il est capable de répandre lui aussi
la splendeur

sa résistance
qui hurle à même le réel

 
Écrire...
l'affliction devient ce geste
semeur d'alphabet

 

C'était aux confins du don
là où se délinéamente le sacrifice
ce voyage qui me déplaçait depuis le signe de son allophanie

cette maison pour sa naissance

la grâce des galops
peinte sur l'éploiement d'un éventail

les acajous laqués de l'ébénisterie
arquant au-dessus des draps pastel
ses déliements de fleurs

ces drames solaires pour pelliculer ses enfances

mes larmes dorénavant réfléchies
dans la masure d'ombre suintante
où l'aïeule a prodigué le frais perlage de ses fruits

un morceau du minéral porté par l'archipel
et taillé en l'amour qui accote
et accomplit deux êtres
a essencielé mon bagage

 
Écrire...
le blanc
qui donnera du repos à la reconquête manuscrite
la couverture déjà l'agrée

et l'incarnat des corolles arboré
gorge un extrait de ramée
et systole les vaisseaux du titre
au-dessus de l'atrament qui débaptise

 

Je suis revenue dans les indécisions bienfaisantes de la chambre

 
lumière
une part du rose
se cristallise

aussi reparue la délicate limite
entourant l'expectative du verre

son adéquate surface où disposer
le bouquet de l'hôtesse
le présent du frère
le florilège de l'agneau

et de poème en poème le courant
que la conscience ne possède
et qui revient du tréfonds avec la voix d'Homme

dissuade l'heure
d'enténébrer l'ondoyant ouest de voile







🩸

Montait de son aversion une aptitude
à souffler l'hyacinthe et le safran
qui fenêtraient le castel

mais d'un pas si duveteux
la créature bimeurtrie en fit le tour
envieuse des dyades possédées par le bal


À la lueur du regard d'aventurine
jailli par intervalles
réunissant les foyers en l'angle du carreau
bien des cavalières rompirent leurs accolements

 
Des corolles glacées fouaillent son éperduement

irrépressible le vouloir de miniaturiser
jusqu'à ce lanterneau qui s'emboue

et le cordonnet ignescent de l'horizon
où ardent les pestilences aliformes
mêlées avec l'immatérialité du message

au bord du bassin
dont l'interroge le murmure liquide
elle confie son insolite organisme
d'expectation et d'accoisement

 
Le suède égal du pas précise la rencontre

 
Leurs mutités taillent le charivari
pouls d'hypogée avitaillant la quintessence


Celle qui sera venue
se redresse délieuse
et présente son loup à l'ange
qui ne remet pas l'allomorphie de son affliction

 
Ce princial copeau de planète
veloute un silence inconnu

les étoiles effondrent la durée

des mots s'y sont parachevés
avec l'empire de feindre la beauté intrépide
et de férocer la vitalité du renvoi

 
L'axiomatique gré qui bat aux entrailles
arrache les hommes l'un après l'autre

 
Sur ses intermittences de lustre où va croissant un démon
l'instinct de prévaloir déchaîne ses cognures

 
Du sfumato pers
le lancinement se ramifie

acharnée sa diadramance du jardin
résolue à reprendre au triste

or quelle disparition recompose effluves comme allées !


Orphelin de rose et d'orangé
puisque la lumière a appris la sépulture
le sentiment d'aube ajoure les extrêmes

son accord des franchissements poudroie

 
La faim dépure la quête

par les lymphes exténuées l'appel sopranise


Gésir
jusqu'aux mains stellaires
à même les atlantes gamopétales
jusqu'à la rémission des solitudes

et le papillon
transfixe la diaphanéité des joues
qui simulacrèrent la pression

quelque rai exauce un vol nué


Un peu de feutre mystique où

glisser l'approche

puiser les minuties d'altrosumer

si le velours a su masquer la figure putride
il libère l'irradiance du deuil

 
L'étreinte
d'entre les appétences humides
a relevé

 
Qui danse métis une telle confirmation
acquiert au vaste l'anacrouse

et sur le lissé de l'étoffe nocturne
mime
l'essor au sein de grands crayonnés d'ailes adamantines







🩸

... Étrange, le corps, après le si long voyage qui l'aura conduit, parmi les stridences verdoyantes de l'archipel de Zhoushan, auprès de cette tombe... Imitatrice de sa cendre, pulvérisée la parole, et cette noire pierre les confond dans ses profondeurs. L'or solaire de la calligraphie, qui voudrait dater, qui voudrait nommer, est devenu le plus sûr acolyte de l'obscur. Tout comme l'âme soeur, dense témoin poète des spoliations qui épointent, des rapts qui raffinent, je suis désormais l'étymologique enfant : in-fans, "non-parlant". Où l'énergie, et quel pas, s'il faut retourner avec tel poids de mutité ?... C'est alors que le fragile et le fugace savent s'emparer, mais non pour éteindre ! Et minutes et choses et gestes sont portés à leur plus haute acuité par l'épiphanie leucémique. Un sang-flambeau, dans ma main d'étonnement et d'osséine, claire par-delà repères et apparences, par intermittences systaltiques, un langage aussi sincère que poétique, aussi exigeant que mystique, applique son faisceau là où les angles déchirent leurs contentions de vélin, libèrent des polysémies polychromes, là où les kaléidoscopiques lisières prodiguent des ajours fasciés et filamentés, des fulgurations d'alses, des pénombres surréelles... Oh! combien je m'y élance, entre lune et loup, à quel point je m'y risque, je m'y perds, j'y cherche des phonèmes et des graphèmes et des virtuèmes qui soient rendus aux épousailles, ma parole, entre Loup-de-lune et Leukaima !... Par degrés, d'élans frais en rares inflexions, semant notre alphabet, une voix-poème me retrouve, me recompose, me réinvente, nous réalise...
Ce florilège souhaiterait en être l'écho.
Traverseurs de la douleur, les mots accordés, ou qu'il est salutaire parfois de désensabler, s'évertuent à mirer l'éternel silencié où musique, comme lyre faite souffle, comme absence faite colorature, l'origine des mille métamorphoses...


Loup-de-lune


albescente voyelle
de la lune
dans le bleu
qui s'élide

crête
en procession
durant toute l'appétence
d'un ultime orangé

expir
si doux
pour des gestes d'herbe
des acquiescements de feuille

et l'esprit vagabondé
va se muant en loup de risques
et de signes
à travers la nuit qui palpite


Sa translation félidée


déserté par le rouge
le sang fut transfusé
dans les invisibles présences

longuement la couleur
a plané
miroir du carnassier
trimardeur

des oiseaux la traversèrent
et leur calme éloignement
carmina les altitudes

les étoiles s'adorèrent
à même cette compromission du noir

au-dessus d'un feu d'anachorète
elle bivouaqua en ciel

repaissant des reflets et des incandescences
de ses constitutions fugitives

les jointes créatures
dans la contemplation s'ensevelissant







🩸

la terre qui s'étire dans la vallée
je ne la reconnaissais plus

elle était cette lisse offrande à de nouveaux tracés

c'est qu'une nuit tout entière
l'une de ces nuits d'astres enfuis et de prodigues luminaires
avait neigé sur elle

j'y engageai mon pas avec l'élan de l'aube
je la perçai d'une escapade lente
je m'y fichai jusqu'aux genoux
clou de chair croyant fixer la toile de l'effort

une légère hauteur déjà
me signifia l'espace du repos
et je voyais à travers la vapeur du respir
mes empreintes sinuer pour une présence

ô creux ô vides qui avez la forme de la trajectoire



_
Intermission systaltique 1/4


Abstraite des métiers
et des contrats tu épanouis ton pas
et ta taille à travers la proposition
qui te souffle de passer sur les acrilans
et les encaustiques de sa forêt

en sibyllin enfouissage
un blanchoiement t'alentit

pour accomplir la décache
ta complexion fait quérir l'agenouillescence


Alors épousé le creux de la paume
de ce fragment de faïence acutangle
puis sous l'infime terre
éludant le ciseau du côté
point ce signe de parme

exacte se ravive
la nuance qui intitulait le poème

la tutelle affabulée du feu
n'a plus d'empire
devant l'issant prodige du papier

l'encre plurielle encore

ondoyeuse des vocables
épanche son rêve de rivière
et trace gorgées de mauve
et de rose et d'amarante
jusqu'au tremblé de la passerelle
les berges propices aux dynamies égales des amants


Ce que brisent dès lors
les rafales qui savent traquer les racines
plongées dans l'aveu des éternités...

et quelles peuvent bien être ces lisières
méconnaissantes de l'enlumineur qui les gyre ?...
_



des montagnes
se détachait le soleil

mes yeux se fermèrent un instant
pour s'accoutumer à l'illumination de la neige

depuis les confins reconsidérés par la métamorphose
jusques aux cimes des arbres qui m'environnaient
la transportante clarté du blanc

mes yeux brûlaient
et leurs flammes tranquilles s'appelaient des larmes

c'était cette exhortation murmurante
à coaliser le corps et la lumière
en un prosternement qui ne passe plus

c'était cette exclamation de Faust
lançant à l'instant : demeure, beauté pleine !

et même le vol des corneilles était devenu blanc
sur le ciel de l'étourdissant silence

j'avais déposé souffle et sang
et connaissances
et chimères
au paroxysme de l'évidence



_
Intermission systaltique 2/4


Au revers des passants
cette femme soudain
ses juvéniles cheveux de jais
rayonnant l'allure égale
vers le départ

et sa main gantée de lys
imprime aux roues du bagage
un tournoiement de planète
les prémices d'une orbite
en manière de trottoir

et emporte tout le rouge possible
vers la toile des voyants
où se tient l'épure de l'astrance essentielle
_



or
se présentèrent et m'aliénèrent
les machines des hommes
sonores et régulières

elles retrouveraient inéluctablement les chemins convenus
entre les murets de neige qu'elles dresseraient sur leurs bords

mais je ne savais plus y marcher
je n'avais plus le sens commun d'y retourner
je m'évertuais à croire en ma stupeur
relique de l'extase



_
Intermission systaltique 3/4


quelle couleur à ses prémices
par intervalles de fuseaux l'ombre sentinelle
et du cadre qui s'atermine
les leucémiants côtés vont desservant le pinceau

lorsqu'en cette garance s'évanouit la prime contenance
la paupière archive l'ordalie cendreuse du songe
désheurée la braise scinde l'adolescence de l'angle
si luisamment recevoir dévanille le pouls

un sang déborde la passée de l'aube
pour que la main de voile se parfasse encore
qui décache les venelles
revenues au vitré vanesses comme musiques
_



les chemins furent révélés comme des disciplines
ils cinglaient toute la peau de l'étendue claire
de laquelle j'avais participé


abondante
la pluie qui s'abattit sur la vallée
changeant la neige
en ruisseaux de cendre et de caramel

et j'eus peur pour cette parcelle
réfugiée au fond de moi
si loin des cheveux d'eau
et des vêtements glacés

aussi me hâtant sous la trombe
je rentrai chez moi


la pluie s'empara d'un siècle de la nuit
mais la blancheur ravissante brillait en moi

peut-être ai-je connu quelque moment de sommeil
mais je n'avais pas besoin de rêver



_
Intermission systaltique 4/4


béance
meurtrissure pierreuse
et noire

au saisir du fidèle arrosoir
éprouver à nouveau le poids des enfances

et l'eau va diamantant de sa stérile courbe
le premier solstice de ton absence


Arraché l'accueil
des syllabes qui te nommaient
mais le bleu de leur encre
a poudré le frisson de mes lèvres

saoule de reflets
la mordorure de la poignée lavique
et la clef fascine
à ouvrir ainsi sur ces volumes sourds
le pas s'étonne
à franchir le seuil saisissant d'usure

dans la chambre de nos galaxies
les angles plient la lumière de vanille
où se mue le vivier des ombres

évanouis le mutique tendre
du lit pastel
et les armoires de nos affublements
et le chevet des florilèges
avec l'abat-jour propice
au papier étoile du poème

dans l'espace de mes yeux cillant
ces blancheurs d'hôpital
linges et visages
chemises et draps
flocons secrets du sang
qui vont t'ensommeillant

timbres de nos voix
à nos gestes mêlés
poussière de pigments et de mica

la pulpe de mon doigt sinue
sur les tableaux qu'on a décrochés
pour ce fébrile amoncellement

mais en cette jumelle vigueur
se métamorphose ce qui se souvient
et de leur étalement docte
notre jardin vient à refleurir

passerelles de pollens et d'ailes
sur l'abîme de l'azur

albes sentiers
cordonnets des longues robes tissues de verts
que dissout le repos des charmilles

les corolles déploient
leurs camaïeux de rose et de mauve
dans le vent de jais qui nous échevelle

parmi la roseraie
où la neige et la pourpre s'harmonisent
des effluves de tulle
vêtent encore nos présences mythologiques

où donc ta porte
ton interstice
monde d'huile et d'aquarelle
polychromies ressuscitantes
des journées qui adieusent leur déclin

pure minute
cristallise mon passage
derrière le simulacre d'une démente

oh! mes mains ont glissé
sur l'image des miels
qui repaissent les angles des cadres


Ma supplique devient la coupe de soir
liqueurs soufrées safranées des fenêtres
l'obscur tempo de l'homme s'y grise

la leucémie te silhouette
sa craie va constellant un ciel

ces voix de luminaires


tout voilés d'ailes et de toiles
aux confins de l'instant
j'écoute sans apprendre


les noms des rues qui
du jardin
me distancent

son vieux bassin longtemps blanchoie
de sa pendante larme de pierre
_



poussée par l'aube suivante
je renouai avec l'un des chemins convenus

terre et caillasse et brindilles s'étaient amoncelées
d'une couleur de vieux monde pourrissant

et puis
à l'extrémité de la persévérance
m'apparut ce monticule particulier
sur la ligne séparant le chemin du champ

en son sommet étincelait comme un fragment
de cette vallée de neige que j'avais éprouvée si claire
depuis les confins jusques aux cimes

mon approche précisa une pierre blanche
comme lavée comme polie comme ouvragée par les transformations
celles qui sont violentes
et celles qui sont imperceptibles

une pierre où le soleil déposait tout entier son retour

et je sentis un tressaillement au fond de moi
vivant miroir de la permanence
juchée sur les nausées de chair et de boue







Extrait de « Proses poétiques pour les jeunes leucémiques » par LIU Bizheng 劉 碧峥, Éditions d'Autre Part & Leukaima, Fribourg, Neuchâtel, Genève (Suisse), Zhoushan Zhejiang 舟山 浙江 (Chine 中国), 2022 二千〇二十二 (printemps 春天). Tous droits réservés.

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