Rien dans l'avènement du monde ne m'expose
À vivre pour vouloir devenir une chose.
Aussi leste que l'air je n'emprunte jamais
Deux fois la même voie : ou je viens ou je vais.
Comme l'eau dont l’élan part toujours de la source
Jusqu'à son estuaire où terminer sa course,
Je crée en apparence un univers entier,
Quand je suis son principe auquel seul se fier.
Entre tous mes reflets lorsque je discrimine,
Y compris les subtils au creux de ma poitrine,
Demeure une évidence agrafée à mon cœur :
Je me ris du néant pour puiser ma vigueur.
Il est mon paravent mon bruit ma tentative
Je suis son créateur son âme saine et vive.





