L'heure s'enlise Est-il encore temps
Au désert des cités l'ombre chemine
Comment ne voir le soleil qui décline
Ne reviendra plus jamais le printemps
D'ailleurs le soir sur nos rêves étend
son voile mauve Hécate se devine
Sur les trottoirs quel bonheur ne piétine
Ici aucun amour ne nous attend
Bientôt la nuit Bientôt la noire absence
Seul un aboi rompt parfois le silence
L'automne peu à peu sombre en hiver
Glacé un air se glisse dans nos moelles
L'âme déjà pressent un froid d'enfer
C'est la ténèbre Où sont donc les étoiles
M. de Saint-Michel
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20 octobre 2026 - 02:28
Fantaisie
20 septembre 2026 - 02:52
J´ouvris la première porte : Monsieur Homais s´entretenait avec le Père Ubu du temps frais pour la saison, des derniers résultats sportifs, de la cuisson du boudin frit et de la cherté des avortements - à quoi s´ajoutèrent d´incisives réflexions sur l´informatique, la bureautique, la cybernétique et la robotique.
J´ouvris la deuxième porte : Don Quichotte de la Manche, la tête fracassée, agonisait dans la poussière, sous les rayons acérés de l´oubli, essayant une dernière fois de prononcer le nom de la sans-pareille Dulcinée du Toboso - mais en vain.
J´ouvris la troisième porte : Monsieur Dupont, Français moyen entre les Français moyens, lisait religieusement les cours de la Bourse puis se demandait si, en définitive, le centre-droit était préférable au centre-gauche - si, vraiment, bon Dieu de bon Dieu, le socialisme libéral n´était pas « moins pire » que le libéralisme social!
J´ouvris la quatrième porte : un albatros, dont les ailes largement déployées ne battaient plus que dans une sorte de spasme mécanique, était crucifié sur la France; et son sang formait une flaque presque noire dans laquelle passait, insouciante, la foule.
J´ouvris la cinquième porte : telle la louve antique allaitant Rémus et Romulus, telle la démocratie laïque, gratuite et obligatoire nourrissait, de ses inépuisables mamelles, président et ministres, députés, sénateurs, conseillers régionaux, maires, adjoints et sous-adjoints sans parler de la menue racaille.
J´ouvris la sixième porte : au milieu de la pièce, le corps de Nerval se balançait sous le regard fou d´Artaud; Van Gogh se mutilait pour ne plus entendre l´horreur du siècle; et dans un coin, près de Rimbaud sur ses béquilles, Céline fermait les yeux au Pèlerin de l´Absolu.
Je ne pus ouvrir la septième porte : elle était close de l´intérieur - encore pour quelque temps.
J´ouvris la deuxième porte : Don Quichotte de la Manche, la tête fracassée, agonisait dans la poussière, sous les rayons acérés de l´oubli, essayant une dernière fois de prononcer le nom de la sans-pareille Dulcinée du Toboso - mais en vain.
J´ouvris la troisième porte : Monsieur Dupont, Français moyen entre les Français moyens, lisait religieusement les cours de la Bourse puis se demandait si, en définitive, le centre-droit était préférable au centre-gauche - si, vraiment, bon Dieu de bon Dieu, le socialisme libéral n´était pas « moins pire » que le libéralisme social!
J´ouvris la quatrième porte : un albatros, dont les ailes largement déployées ne battaient plus que dans une sorte de spasme mécanique, était crucifié sur la France; et son sang formait une flaque presque noire dans laquelle passait, insouciante, la foule.
J´ouvris la cinquième porte : telle la louve antique allaitant Rémus et Romulus, telle la démocratie laïque, gratuite et obligatoire nourrissait, de ses inépuisables mamelles, président et ministres, députés, sénateurs, conseillers régionaux, maires, adjoints et sous-adjoints sans parler de la menue racaille.
J´ouvris la sixième porte : au milieu de la pièce, le corps de Nerval se balançait sous le regard fou d´Artaud; Van Gogh se mutilait pour ne plus entendre l´horreur du siècle; et dans un coin, près de Rimbaud sur ses béquilles, Céline fermait les yeux au Pèlerin de l´Absolu.
Je ne pus ouvrir la septième porte : elle était close de l´intérieur - encore pour quelque temps.
Salve Regina
13 août 2026 - 07:53
Vierge Marie lys éclatant
dont le parfum ravit les anges
mais aussi chaque pénitent
qui vous adresse ses louanges
Vierge Marie étoile d'or
à la lumière souveraine
qui chasse l'ombre de la mort
où notre vie pleure sa peine
Vierge Marie sourire clair
que nulle nuit jamais n'efface
fût-ce parmi le noir désert
malgré le vent d'oubli qui passe
Vierge Marie regard d'amour
sur nos douleurs sur nos faiblesses
comme un dictame au jour le jour
sur tous les péchés qui nous blessent
Vierge Marie reine du ciel
nous offrant la manne infinie
de votre coeur sacrificiel
Mère de Dieu soyez bénie
dont le parfum ravit les anges
mais aussi chaque pénitent
qui vous adresse ses louanges
Vierge Marie étoile d'or
à la lumière souveraine
qui chasse l'ombre de la mort
où notre vie pleure sa peine
Vierge Marie sourire clair
que nulle nuit jamais n'efface
fût-ce parmi le noir désert
malgré le vent d'oubli qui passe
Vierge Marie regard d'amour
sur nos douleurs sur nos faiblesses
comme un dictame au jour le jour
sur tous les péchés qui nous blessent
Vierge Marie reine du ciel
nous offrant la manne infinie
de votre coeur sacrificiel
Mère de Dieu soyez bénie
Ici-bas
17 juillet 2026 - 08:26
Et tourne le manège
parmi les blés la neige
dans les sables qui brûlent
ou les nuits qui hululent
avec la pluie la bise
ou le ciel qui s’irise
sans que vraiment l’on sache
ce que la vie nous cache
sous son voile de gaze
Que le rêve s’écrase
dans la plus triste prose
ou que règne la rose
épandant sa lumière
de palais en chaumière
au fil des siècles l’âme
prise entre glace et flamme
sait qu’Amour la protège
quand tourne le manège
Poésie martiale
06 juin 2026 - 08:31
Casquée bottée la muse appelle au dur combat
Sur la cendre des jours où les soleils s'enlisent
où le bonheur promis par les slogans s'abat
elle chante la guerre et ses vertus exquises
Face aux rampants qui vont rejoindre le troupeau
de ceux qui pensent bien selon la bienpensance
elle brandit le fer Sans trêve ni repos
s'écrie-t-elle prônant l'ire et la résistance
Est-elle belle On peut le croire Cependant
il suffit de savoir qu'au miroir de Bellone
elle brille d'un feu qui n'a point son pendant
et brûle sans pitié l'âme couarde et félonne
Et sa voix aux parfums de l'Éden retentit
qui franchit la géhenne en chevauchant la foudre
Quel poème soudain auquel assujetti
le clinquant de ce temps se confesse en la poudre
Lors telle une Amazone ointe d'un sang divin
mais dont le sein bandé n'aurait subi l'outrage
exaltant cet amour qui rend le monde vain
elle fait des satans de nos coeurs un carnage
Sur la cendre des jours où les soleils s'enlisent
où le bonheur promis par les slogans s'abat
elle chante la guerre et ses vertus exquises
Face aux rampants qui vont rejoindre le troupeau
de ceux qui pensent bien selon la bienpensance
elle brandit le fer Sans trêve ni repos
s'écrie-t-elle prônant l'ire et la résistance
Est-elle belle On peut le croire Cependant
il suffit de savoir qu'au miroir de Bellone
elle brille d'un feu qui n'a point son pendant
et brûle sans pitié l'âme couarde et félonne
Et sa voix aux parfums de l'Éden retentit
qui franchit la géhenne en chevauchant la foudre
Quel poème soudain auquel assujetti
le clinquant de ce temps se confesse en la poudre
Lors telle une Amazone ointe d'un sang divin
mais dont le sein bandé n'aurait subi l'outrage
exaltant cet amour qui rend le monde vain
elle fait des satans de nos coeurs un carnage




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