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lologentil

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Publications sur Toute La Poésie

Quand la nuit tombe sur Paris

26 août 2016 - 08:22

Quand la nuit tombe sur Paris,

La Tour Eiffel, illuminée,

Se met soudain à érupter,

Comme l'Etna, en Italie.

 

Rayonnante Dame de fer,

Tes intrépides feux se ruent

Dans les avenues et les rues,

Comme le sang dans les artères.

 

L'embrasement de ton domaine

Met des étoiles dans les yeux,

Des reflets d'or dans les cheveux.

 

Tu es un phare éléphantesque

Et, dans mon esprit romanesque,

Tu enjambes parfois la Seine.

Sous un parapluie

11 août 2016 - 08:02

Il pleut comme vache qui pisse ;
C'est un véritable déluge.
Je panique, je cours, je glisse ;
Mais où donc trouver un refuge ?

Pimpante et sous un parapluie,
Une déesse fend les flots.
D'un geste affable, elle m'instruit
De venir m'abriter prompto.

Son divin sourire m'accueille.
Nous marchons serrés, sans mot dire.
Elle sent bon le chèvrefeuille.
Ses grands yeux verts me font rougir.

Qu'il fait bon sous son pépin gris !
C'est une bulle de printemps,
Un petit coin de paradis,
Un heureux hasard, hors du temps.

Mais apparaît une éclaircie.
Je la quitte le cœur brisé,
En lui disant mille mercis
Et en lui volant un baiser.

Le lapin

06 juillet 2013 - 06:37

Je t'attends, depuis plus d'une heure, au parc Monceau ;
Triste et pensif, un bouquet de roses à la main.
Je dois me rendre à l'évidence, le cœur gros,
Dégoûté : tu viens de me poser un lapin.

J'en sais très peu sur toi, cruelle demoiselle !
Sinon que ton âme est vive, ta voix est douce,
Captivante, que tu te prénommes Isabelle
Et que tu as une ravissante frimousse.

Je t'appelle encore, en contemplant ta photo,
Mais tu me fais silence, tu ne réponds pas.
Juillet a mis dans le ciel son bleu le plus beau.
Ton absence me blesse mieux qu'un coutelas.

Soudain, un doux parfum enivrant, enchanteur,
Flottant dans l'air, me mène par le bout du nez
Et me conduit, malgré ma profonde langueur,
Vers une jolie brune au regard azuré.

Je lui offre, confus et maladroit, les roses
En lui disant : ne me prenez pas pour un fou
Mais plutôt pour un garçon à l'esprit morose
Dont la quête n'est qu'un grand sourire de vous.

Elle m'en fait un radieux, bienfaisant, ravageur
Qui, quittant le parc et enfourchant mon vélo,
M'accompagne longtemps et adoucit mes mœurs ;
Merveilleux contrepoison, remède à mes maux.

Tempête nocturne

25 juin 2013 - 03:24

Un temps de chien sévissait ; trois coups de tonnerre,
De concert avec le tintement de minuit
De la cloche de l'église, me réveillèrent.
De lumineux éclairs éclaircissaient la nuit.

Je me levais de mon lit, tout ensommeillé.
A travers la vitre de ma chambre, je vis
Qu'il pleuvait de longues cordes si bien croquées
Qu'il me vint soudain à l'esprit une folie.

Je sortis de chez moi et j'en empoignai une.
Je m'y hissai, dans le ciel envahi d'orage,
M'éloignant doucement du sol de ma commune,
Longuement, vers un sombre et monstrueux nuage.

J'atteignis enfin sa surface cotonneuse.
J'y gambadai, aventureux, tel un enfant ;
Et je m'y couchai comme dans l'herbe moelleuse
Et parfumée d'un pâturage de printemps.

Du coeur de ma jolie nuée si haut perchée,
imitant, trait pour trait, une barbe à papa,
je contemplai, fasciné, la voûte étoilée
Sereine, bien loin du boucan d'enfer d'en bas.

Soudain, comble de malchance, un énorme avion,
Perçant mon nuage, me fit dégringoler.
Je chutais si vite ; oh la maudite attraction !
Je gesticulai ; horrifié, désespéré

J'allais m'écraser, m'aplatir, perdre la vie
Au beau milieu d'arbustes d'une pépinière,
Quand, point culminant de la veine, j'atterris
Sur le dessus potelé d'une montgolfière.

Le temps cessa enfin sa furie et ses pleurs.
Un rayon de lune éclaira ma face blême.
Un brusque torrent de larmes gonfla mon cœur
A la pensée de cette nuit folle et bohème.

L'ultime errance

13 juin 2013 - 09:21

Je suis mort hélas. Je ne sais plus depuis quand
Je ne fais plus partie du monde des vivants ;
Quelques jours ou cent ans se sont-ils écoulés ?
Quoi qu'il en soit, ça me semble une éternité.
 
Qu'il fait sombre dans ma tombe ! c'est la nuit noire.
J'y repose attristé, esseulé, sans espoir.
Où est-il l'au-delà tant promis, lumineux,
Le paradis céleste, royaume de Dieu ?
 
Est-ce une affabulation des hommes d'antan
Pour apaiser le peuple, extirper ses tourments,
Le mener, de cette carotte et ce bâton,
Tels des moutons, hors des chemins de la raison ?
 
Dans ces moments de doute, je sors de mon trou ;
Ça me rend tout léger, ça me fait un bien fou.
Je m'y échappe aux balbutiements du jour. J'erre
Sur les gravillons des allées du cimetière.
 
Je regarde le vent jouer dans les platanes,
Le soleil illuminer la rosée diaphane.
J'écoute la campagne endormie s'éveiller
À l'entours des hauts murs cachant ce lieu sacré.
 
J'aime quand vient l'automne, les jours de Toussaint,
Contempler les sépulcres fleuris des défunts.
Et puis je me dis, dans ces instants presque heureux :
Si je pense c'est que j'existe encore un peu.