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concerto

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#388578 Alors

Posté par concerto - 04 mai 2021 - 08:43

 
Alors
Ils s'étaient réunis 
Et l'étoffe gisait 
Comme des ailes d'ange
Sur une terre d'église 
Leurs yeux baissés fixaient le ciel 
 
Coutures d'or contre larmes d'argent 
Le noir équipage envoûtait la brume
Invisible du corps
 
Les plus tristes brodaient les mots seyant
Aux traces de ses chaussures 
Monuments des courants invisibles
Qui brossent les particules nues 
En desseins festonnés
 
Ceux qui ont respiré l'odeur de ses cheveux blonds 
Finissant en grisaille
En ont gardé des fioles au creux de leur nez 
Pour un cimetière aux parfums
 
J'y brûlerai son encens singulière 
Et son âme viendra s'y mêler




#387066 Pluriels

Posté par concerto - 15 mars 2021 - 07:28

Jy suis outre langue 
Sur tes genoux pressés 

Espérer la bulle où nous savons

 

Leau léclate 

Et lair la fredonne le temps dune chanson 

 

Les mains sangélisent

A travers ces carreaux brouillés 

Nous songes tenus par des mots

Chantés

Comme ces flûtes de champagnes

 

Ô sentiments en -té

Qui les fleurissent

Ma barque noire les fauche par sa quille aiguisée 

 

Et quand leurs serviteurs les suivent faisant serpent dEden

Je cherche leurs soupirs pour my balancer

Balancer
Balancer 

 

Entre le miel et leau

Coulent nos visages

Sur le buvard du temps

Fondent les harmonies 

 

Et nous tenons la barre damours amphibies 

Sur les terrains de Mars



#386890 Os glacés

Posté par concerto - 09 mars 2021 - 04:45

Les gens meurent

Les gens meurent

Les gens meurent

Les gens

Se meuvent ou pas

A cheval sur la planète 

Au galop filant

En feu de paille et d’artifice

Ou

Au rythme végétal de la brume 

Les gens meurent

Les gens pleurent

Entre oublis

Vides joyeux qu’on remplit à la pelle de braises et de cendres

Que ravivent ou dispersent les vents

Tous les morts 

Tous les morts

Tous les morts

Nous font vivants




#386042 Que?

Posté par concerto - 10 février 2021 - 01:42

Sur la chaise 

Devant l’écran noir et luisant  

Derrière mes lunettes neuves

 

Un amas d’atomes s’ébrouent 

- Que suis-je? forme-t-il.

Je devine la question 

Derrière un pupitre effervescent 

Devant la télé 

 

L’amas compte à rebours de 10

- Boum! Boum! Je m’écrie à 2

L’amas résonne un

- Pourquoi pas? 

 

L’amas s’étale 

La télé s’illumine
Vous avez gagné, dit-elle, un bel amas. Un amas d’amas.                     

Des molécules, des molécules. 

 

J’ôte mes binocles

Des pieds, une robe, des cheveux 

Posés sur la chaise 

La télé devant 

Eteinte 

 

Mon cornet acoustique

Tamise la pièce 

Il n’y a pas d’or

Pour mes oreilles 

Pas d’or pour mes yeux

Des appareils 

Amas à amas 

Sans manuel

 

Le fouillis des tiroirs

La mémoire de mes mains

Et oui et non 

Et tiens? 

L’appareil crisse

Devant la chaise

J’avance à fusion

 

Zébrures des murs

Amas plats

Un milliard, deux milliards, trois, quatre 

Sur le bout des doigts

Qui somment

Sous mes yeux 

 

Et le voilà qui arrive 

Un monocle dernier cri

Sur sa pommette

Qui me toise 

De sa règle invisible 

Un amas très joli

Qui grouille sous ses ordres

Qui cerne la pièce

Sa chaise 

Sa télé 

 

Les amas pieds, robes et cheveux tournoient de concert 

Un orage

Deux orages

 

Et voilà que...

 

Je goutte 

Je goutte

Je goutte




#385734 Ô ! Les beaux jours !...

Posté par concerto - 29 janvier 2021 - 02:33

ce n'est pas si loin au fond de "Ho! Les baux jours" de Samuel Beckett!




#385510 Parle tuba

Posté par concerto - 19 janvier 2021 - 10:06

Je trouverai le ton du temps du temps qui passe

Quand tu t’y arrêtes chanter

Le faux jour, la vraie nuit

Tes yeux bisant ma face

Devant ces pianos

 

Le Dieupason se cache

Quand tes appoggiatures me le font entrevoir moi qui m’accroche à la clé

 

Et si ma voix déraille, et si mes mains sont graves

Le coeur s’élance au gré 

De ton exposition 

 

Égal ou diminué

Le nombre s’intercale derrière l’alphabet 

Quantilène

Des chantres coule le rythme de l’eau

Sourde et muette

Ô longueur de tes jambes 

Qui scandent sur leur traverse nos âmes haut perchées




#385215 Emmnésie

Posté par concerto - 07 janvier 2021 - 06:14

Il revenait, des livres qu’il avait écrit à la main, hanter son rocher. Il avait parcouru toutes les bibliothèques de la ville sans y retrouver son nom.

Avait-il rêvé les prix qu’on lui avait décernés? Les hommages, les louanges et ses maîtresses qui venaient se griser à sa célébrité?

 

- Ô anges qui me couvez, à quoi servent vos ailes?

- A nous faire connaître.

 

Il posa ses livres près de lui. Le vent les porta dans les nuages au milieu des oiseaux.

 

- J’en veux aussi. N’ai-je donc pas vécu que par et que pour la plume?

- Ton cœur et ton œil sont encore trop lourds pour qu’ailes te portent.

 

Une nuit passa soudain puis l’éclair d’un jour. Alors une voix sans corde annonçait un bal ouvert à tous les horizons. 
 

Vois...Vois...Vois. Cesse la nostalgie. Veux-tu qu’on te libère enfin de l’apesanteur qui forge les rêves ?

 

Il resta coi devant cette mer qui dansait dans le ciel et sur laquelle au loin la voile lumineuse d’un bateau le faisait chavirer.




#384261 Magisme

Posté par concerto - 09 décembre 2020 - 05:04

La chair

Entravée 

De rayons pâles

Guirlande

Les formules

 

C’est un doux Minotaure 

Que caressent les signes 

Et les gommes cruelles

 

La craie part en lambeau 

Leur vie en brisures d’étoile

Sur le radeau des naines médusées

 

Les voilà qui hurlent à la une

Derrière le loup de la nuit

Tapis dans sa nacre 

 

Leur prière est carrée

Leur champ, de marbre 

 

Là sur les pyramides

Des momies meurent au soleil




#383594 Météorologie amoureuse

Posté par concerto - 13 novembre 2020 - 10:56

Belle lecture.




#383593 J'attendais

Posté par concerto - 13 novembre 2020 - 10:52

C’est très saisissant.




#382578 Bûcher

Posté par concerto - 04 octobre 2020 - 07:11

Tu écris 

Tes lunettes

Sur la mine

Qui te mate

Grossissant

Et crisse et manifeste 

Sous les pavées la page

Et son soleil

Blanc

 

Le cirque d’une pensée 

Et tous ses numéros 

Qui trahissent l’ennui

Sans la majuscule de 

L’enflure du cœur machinal

Qui écrit 

Pour un qui sait pourquoi 

Peut-être 

 

Les fleurs fanées 

Des anciennes balades

Les accords troublants 

Des airs oubliés 

La main amollie 

Des profonds désirs

 

Et voilà que sur l’araignée 

Tu fonds pour des morpions

Que tu hèles comme un dresseur de fauves

 

C’était du verre

A l’œil 

Un tesson

Perdu dans un champs minéral 

 

Meuble du désert 

Ruine d’un autodafé




#381835 Naissances sous x

Posté par concerto - 10 septembre 2020 - 09:42

La nuit passe
Inégale

Sous le cadran
Dun carnaval

Où jouent le rêve et les cauchemars
Le blanc et le noir
Au milieu des combats détoiles
Aux dieux vains tout puissants

La nuit
Copulante
Intactile

Grosse
Dun petit jour de tout
Et de riens


#381353 Comunque

Posté par concerto - 19 août 2020 - 08:08

Au fond
Doux
Brutal

Part de ciel
Que retient
Le marc



Ses wagons


Sans rail
Ni signal

Juste un chemin
De mer

Sous le trait dun crayon

De plomb
Et de silence

Pour que se balance
Alentours
La somme

De nos vagues


#379528 Sonneries

Posté par concerto - 02 juillet 2020 - 09:53

De retour de batailles, il recherche une saveur. Il marche entre brins de thym, épis de lavande et marjolaines qui tapissent les allées du parc savamment laissé à l’abandon.

Il arrive sur la place du marché, éclairée par un soleil tiède. Il y guette les cabas, les foulards, les messes basses, les oreilles tombantes d’un chien, le vol des samares, les velours côtelés et les casquettes brunes, et... une foule de baskets.

Puis il repart, entre ville et campagne, arpenter sans compter ses souvenirs au gré du macadam bosselé et des sentiers herbus.

La nuit tombe. Au dessus d’un banc de pierres, le ciel tire le fil des quelques étoiles qu’il connaît. La marche nocturne d’un long nuage presqu’invisible les voile avec lenteur.

De retour de batailles, la guerre se redessine.

La portée du canon. La bravoure du soldat. La frontière des désirs. Comme la bise qui siffle, elles ne suffisent pas à couvrir le pas lourd et cadencé de son cœur.

Les cloches de l’ancienne église ont depuis longtemps disparu de ses tours aveugles et la masse inerte de ce vieux monument s’offre par lambeaux au clair de la lune.




#379155 Édouard de Woodstock, Le Prince Noir

Posté par concerto - 24 juin 2020 - 09:02

Je me permets : pour le 3eme vers du second quatrain n’y aurait-il pas un pied de trop?