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concerto

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#366783 Ex.il.é.e.s

Posté par concerto - 17 août 2019 - 08:07

Elle,
Cétait eux
Ou bien elles
Tous les mots de leur forge
Brûlaient chaire et manteau
Sous la rampe du jour

Elle,
E cursif
Et muet
Comme un lointain nuage
Une forme qui passe
Quon traverse sans voir

Je me retiens de dire
Et las mon oeil harponne
En vain lâme fossile
Dun possible archipel


#366427 Reflex Rimotech

Posté par concerto - 09 août 2019 - 11:13

A la bague dencens
Le nez saimante sans
Ces longs filons où trouver les veines
Pourpres dessous les orgies naines
Dun passementier
Comme à moitié mort

Hue! Bufs régnant debout
Où oies et caribous
rébussent fécondement des scènes
Dont fument grésillant les obscènes
Désaccords des grands luths
Et violes consort

Mimes tutélaires
Murent les colères
Si devant les joues des murènes
Se lèvent la morsure des rênes
À califourchon
Sur le dos du sort

Fussent les joies de louïe
Du haut du mont de lhouille
Où cascadait lhumeur
Dimmenses Alzheimer


#365327 Vers d’eau

Posté par concerto - 10 juillet 2019 - 07:51

Devant la douce hécatombe
Dun ciel gris
Dont la pluie picore les feuilles soumises
(Telle la pompe dalexandrins)
La clameur des parfums rejoint le chur flottant de la chlorophylle
Le lavis brouille les pistes que barrent les cils
De la lettre, ne reste que les cicatrices de la plume
Et puis, voraces, les rubans deau couvrent la scène pour un festin putride.


#361656 Auto-psy

Posté par concerto - 18 avril 2019 - 07:22

Des heures où
Les rayons s׳alignent
Et pénètrent mes jours
Voilés de houppes de coton
Pour dresser mes yeux, mes oreilles
Et mes rouages obscurs

Parfois les mots percent la cloison
Pour se planter dans la page du ciel
Finir dans une galaxie
Que peignent les oiseaux

Le sens coule comme une rivière
Dont le refrain chantant
Fraie avec les mirages

La voiture emboutie peine sur la voie
Sa ligne brisée nourrit lindifférence
Lhuile parfume les routes à perte des chemins

Je n'écrirai plus rien sans
amour


#359224 Il y a dans les cieux sept soleils et autant de terres

Posté par concerto - 15 février 2019 - 11:44

Sans compter que :
1) les « multivers » ne sont à l’heure actuelle qu’une hypothèse
2) la notion de Dieu unique et une pluralité de mondes est une conception qu’on trouve dans les commentaires de la Torah...


#359152 Il y a dans les cieux sept soleils et autant de terres

Posté par concerto - 14 février 2019 - 10:13

Qu’on déclare sa foi et son enthousiasme, pourquoi pas?
Mais les fonder sur des interprétations hasardeuses des textes c’est gênant.
Vous ne connaissez manifestement pas grand chose de la cosmogonie des religions que vous évoquez.


#357637 Mélanie

Posté par concerto - 14 janvier 2019 - 11:41

Mélanie
Est-ce ta jeunesse qui me sourit?
Mélanie
Et que trouble ta voix si chaude

L oeil et la main
Font le parfum de l aube
Quand les dés tombent de la nuit

Mélanie
Je ne mettrai pas de costume
Sous mon chêne
Quand ta bouche
Dans l ombre sallume

Mélanie
Mélanie
Tout s oublie chaque seconde
Comme tournent les étoiles
Dont une face est cachée


#356786 Clés de sol

Posté par concerto - 26 décembre 2018 - 03:42

Cétait comme si
Lombre des mots
Portait en silence
La clé du soleil

Comme et comme si
Davant les astres
Elle gardait la trace

Quand nous fermons les yeux
La nuit, sans savoir

Que simprime lorigine des mondes


#353601 Le pouls

Posté par concerto - 26 octobre 2018 - 07:19

La nuit criait
Et les loups descendaient
Par les rues noires

Les fenêtres éclairées
Étaient aveugles
La peur muette transpirait son eau sale

Seule lombre fugitive des rats
Donnait corps à la vie

La coupole frémissait
Sous les applaudissements
A lombre des barricades
Et là quelques mythes
vieux et modernes
Se rendaient la pareille

Ils finiront étiques, cernés de maquillage
Sauf à embrasser lobscurité


#351744 Quid Noves - un quatrain sans tercet.

Posté par concerto - 17 septembre 2018 - 01:36

Alors que vaguent les pins de mer sous un vent de hasard,
S'abouchent inexorables le fleuve et l'océan.
La fine écume qui orne tes lèvres - toi que je parchemine des mots de l'amour - fête leurs retrouvailles.
Mes yeux dansent sur tes paroles muettes, et ton corps si vif, en sucre, fond dans ce paysage.

Il laisse un parfum doux et tenace à mon coeur fugitif.


#351527 XXI points de suture

Posté par concerto - 11 septembre 2018 - 09:35

Derrière la porte,
Un cumulus,
Et toi dans moi
Qui se regarde
Sans nous

La lune épave
Ton ombre
Dun nom porté
À nu

Le serpent des mots
Pénètre
Et coeur
Et sang


Et le doux soleil
De l'arbre
Rend la bouche
Plus bègue


#349562 Bande à part

Posté par concerto - 13 juillet 2018 - 01:31

Il y avait de Trappes une enfant de 16 ans qui suçait son pouce et puis
Un été, dans un camp ensoleillé, elle regarda avec son cur lâme de cet homme qui navait que 12 ans.
Lui ne voyait que le pouce de cette presque femme. Elle lui parlait dune voix douce et égale assise sur un muret.
Il en avait peur mais se sentait supérieur à celle qui ne regardait pas les jeunes de son âge.
Elle paraissait belle et fragile derrière le poing qui cachait son visage, mais quand elle parlait il détournait les yeux.
Rien, depuis, dans le lexique dune vie, na pu légender cette figuration. Une séquence cubiste où rien ne fut à sa place dans un tout à jamais harmonieux.


#349073 Quand il n’y a rien que du papier à regarder #10

Posté par concerto - 30 juin 2018 - 04:14

Je me suis mis sous un saule qui pleurait couvert du voile de ses branches.
Derrière, le monde faisait la queue : il y avait des pas, des roues et toutes sortes de paquets et dobjets enchaînés les uns aux autres par la route et tous les murs qui sy dressaient.
Le saule était attaché, lui aussi, par un carré dherbe et déposait, digne mais inconsolable, sa longue gerbe.


#347390 Tant de maîtres par seconde

Posté par concerto - 16 mai 2018 - 07:23

Depuis quelques minutes
Le monde a changé
Si vite
Mes yeux
Restent ouverts à limmobile

Tu es venu
Sans parti pris
Ta valise pleine de lointain

Le temps la vidé
Dun vol doiseau
Dun trait de plumes entre deux nuages
Que sépare la chute des paupières

Depuis quelques minutes
Je suis la mouche dun coche
Qui me fixe
Un moineau de son bec vient me fermer les yeux


#345782 Du chêne églandé et des baroques églises

Posté par concerto - 29 mars 2018 - 04:34

De désir, non.
Mais loeil aspire à la douceur du néant
Et par millions je finirais
En sauce
Accroché au persil de ton bas sein

La mélodie du coeur
Gros comme une caisse où le malheur résonne au pas de charge
Sourdit dans l'ourlet des sons elliptiques

Chacun cherche son Dieu
Comme toujours
Et le clame
Fétichiste, animiste, idolâtre,
Ou prétendu démiurge
La cène cannibale commence.

Parfois hors de la juste quinte
Les degrés s'effondrent comme un château de cartes

Des rois nus
Rares sont les couronnes
Même d'épines

Mais leurs vassaux repartent sillonner leurs champs aux rythmes
Des cornes muses.