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Voir Venise et mourir

Proust Turner

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9 réponses à ce sujet

#1 Invité_Jacou_*

Invité_Jacou_*
  • Invité

Posté 04 juin 2016 - 12:16

Voir Venise et mourir.

 

Quand déjà le malheur s'abat et fait sa danse sur le flot,

 

que la pupille gustative perd le sens de la vie dans un brouillard de lagune,

 

par-delà l'horizon visible dont l'une des muses se passe,

 

allant au plus loin sans tracer de perspectives dans la profondeur,

 

sans fonder un sol sinon sur la seule clé n'ayant pas de pêne,

 

musique et peinture cisaillent et isolent.

 

 

Et pourtant la tristesse s'éternise dans la couleur,

 

non pas d'une voix qui serait trop vouloir encore trouver la voie de la vie,

 

mais d'une touche à la Turner qui prend un tourbillon et le noie à la façon dont Proust a traduit une toile de son Elstir,

 

matière et dessin, manière et destin,

 

vision qu'un Bergotte perd et lèse soudainement à la vue d'un mur obsédant,

 

à reverdir le lierre - "valse et langoureux vertige" -,

 

sur lequel vient battre Vermeer par le canal de l'oeil dans Delft que sa féerie irise d'une heure étirée éternelle pour les nerfs

 

(l'oeil de la fille voit sa perle logée à l'oreille et ce portrait idéal d'une rose arrache le vers de Malherbe :

 

l'art n'est plus à cela près.

 

La tige de rhétorique s'éteint,

 

mais elle a été d'un long instant la continuité immobile du seul homme s'étant ingénié à ce que perle une larme d'un rien ou de la lumière,

 

Dieu effacé sur l'âpre lit de la feuille après la pluie).

 

 

L'art investit d'un vestige toute musique que sa haute voltige éparpille sitôt diluée la note de présent de ses ficelles.



#2 M. de Saint-Michel

M. de Saint-Michel

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  • Une phrase ::Je suis quelqu'un pour qui poésie et respiration ne font qu'un.

Posté 04 juin 2016 - 12:52

Le propre de l'Art est d'arrêter le Temps - ou, mieux, d'extraire de lui ce qu'il recèle d'éternel...

#3 Invité_Jacou_*

Invité_Jacou_*
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Posté 04 juin 2016 - 05:03

Merci à vous pour votre lecture !

 

Dans le vertige de notre dépossession, l'Art maintient.



#4 Dad Allaoua

Dad Allaoua

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Posté 04 juin 2016 - 07:14

Un joli tableau peint avec des mots

Merci pour le partage

Amitiés



#5 Invité_Jacou_*

Invité_Jacou_*
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Posté 04 juin 2016 - 07:24

Merci à toi pour ton commentaire !



#6 bibi

bibi

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Posté 04 juin 2016 - 10:26

merci à toi brillant Artiste



#7 Invité_Jacou_*

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Posté 05 juin 2016 - 04:01

Merci bibi !



#8 Jped

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  • Une phrase ::Le voyage immobile après une vie de voyage

Posté 15 juin 2016 - 10:54

A travers la fusion - la confusion, la coïncidence - des sens, des sensations dans la vie et dans l'art, n'est-ce pas" la nostalgie de la continuité perdue" ( Georges Bataille ) qui s'exprime . Et le témoignage d'un  "homme qui n'est rien d'autre que ce qui lui manque", comme il disait aussi. " Voir Venise" et " mourir" seraient deux équivalents?



#9 Invité_Jacou_*

Invité_Jacou_*
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Posté 16 juin 2016 - 03:00

Voilà un questionnement ardu ! Je me trouve quelque peu désarmé devant Georges Bataille. Mais dirais-je qu'après avoir vu Venise, ses peintres (Tintoret, Titien, Giorgione...) et les vues qu'en donna Turner, on peut se laisser glisser comme à Naples dans la douce agonie, comme avoir pu visiter Florence m'y a disposé pour le restant de mes jours ?



#10 Jped

Jped

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  • Une phrase ::Le voyage immobile après une vie de voyage

Posté 16 juin 2016 - 04:48

Voilà un questionnement ardu ! Je me trouve quelque peu désarmé devant Georges Bataille. Mais dirais-je qu'après avoir vu Venise, ses peintres (Tintoret, Titien, Giorgione...) et les vues qu'en donna Turner, on peut se laisser glisser comme à Naples dans la douce agonie, comme avoir pu visiter Florence m'y a disposé pour le restant de mes jours ?

 

" L'Art investit d'un ve®tige ...  C'est donc le syndrome de Stendhal, et d'abord dans les mêmes lieux! Mais sans doute d'un Stendhal plus sombre, qui vient après Nietzsche.

Et tjrs l'ombre de Georges Bataille : "Ecrire pour ne pas devenir fou"





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