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Publications sur Toute La Poésie

La veine de jade

01 mai 2026 - 10:49

tous les gens que j'ai croisés, côtoyés ou approchés,

j'ai aimé les imaginer enfants  et chercher en eux

"la veine de jade" secrète, qui a commandé leur vie,

a fait d'eux les hommes et les femmes d'aujourd'hui

 

ce vieil homme qui passe, au corps lourd et gauche,

aux traits sans grâce, né et ayant vécu à la terre,

perpétue le petit garçon qu'il était, à l'état brut,

sans que le monde l'ait tant soit peu poli ou changé,

fort et vrai comme une motte de terre ou la pierre,

Qui jamais ne fait défaut, jamais ne triche ni ne ment

 

en contraste, cet autre, à la table d'à côté, au restaurant,

pantalon, chemise et cravate impeccables de couleur noire

et, signature du dandy, des souliers d'un brun foncé

aux lacets de cuir très clairs , photoshopé de pied en cap,

pur produit du marketing mais à la conscience trouble,

scrute, anxieux, son image dans les yeux de sa compagne

dans l'espoir de déchiffrer, dans les profondeurs de l'iris,

comme aujourd'hui encore les hommes des steppes d'Asie

dans les veines du jade,

                                                sa vérité

 

enfouie, ignorée, niée au long d'une vie de mensonges,

 
                                                 et peut-être.au-delà, son destin
 

* " Li fonde la nature propre de chacun (Xing) - laquelle se reflète dans une forme - en réalisant
ses dispositions naturelles .Comme tout ce qui est de l'ordre de l'essence, elle est dans l'interne,
l'intime, voilée, cachée, occultée, à découvrir. Elle est "ce par quoi on se fait reconnaître
quand l'obscurité rend invisible" dit l'étymologie de Ming.La "nature essentielle enfouie au cœur
de chacun, recouverte des injonctions du social, du familial, du religieux, des images
dont nous avons eu besoin mais dont nous devons nous déprendre, est en l'Homme
le reflet de li. Li signifie veines ( de la pierre, du bois), raison, vérité, principe, raison naturelle, ....
en tant qu'elles véhiculent, comme les veines du jade, l'ordre naturel, le Principe qui régit toute chose , ... "
( page 21 )  Jean-Marc Kespi,  L'Homme et ses symboles en médecine traditionnelle

La maison à loggia

10 avril 2026 - 05:27


 

je sais que tu es là


derrière un écran de feuillage
au bas du versant,
à peine trahie par un pan du toit
de tuiles ocres

 

parfois, un souffle de vent
déplace une branche
et dévoile un pan de mur,
l’amorce d’une colonnade,

.   .  .

                          
.  .  .  et comme par magie,
c’est la Toscane entière
qui est là, secrète, insaisissable,
réveillant nos mémoires
et enchantant nos cœurs

L’oiseau orphelin de son arbre

21 mars 2026 - 04:00


il se dresse, pathétique, muet
sur la souche de l'arbre décapité,
dernier soldat vaincu encore debout
sur quelque champ de bataille,
amant délaissé, sombre proscrit,
loin de sa patrie, sur les rivages
                        d'une mer lointaine

 

le vieux frêne était sa seule patrie,
il y avait son manger et son coucher,
son quartier général, son refuge
quand il pressentait un danger,
mais seules quelques traces au sol
trahissaient sa présence de la nuit

 

c'est là aussi qu' il cachait son nid
au temps des amours

 

                      . . . . . .

 

        des jours et des jours après,
il est encore là, frémissant, têtu,
ayant refusé de croire à l'évidence
d'abord, et maintenant, résigné,
pleurant sans fin son paradis perdu

 

                  . . . . . . . 

 

mais bientôt,

              attentif au moindre signe,
ne sent-il pas déjà sourdre sous lui
la sève impétueuse, indomptable,
qui permettra à son arbre absent,
toujours vivant, de renaître du néant?

 

et lui, maintenant,

                     pris d'une joie étrange

T

L’oiseau orpheiin

21 mars 2026 - 03:56


il se dresse, pathétique, muet
sur les plaies de l'arbre décapité,
dernier soldat vaincu encore debout
sur quelque champ de bataille,
amant délaissé, sombre proscrit,
loin de sa patrie, sur les rivages
d'une mer lointaine

 

le vieux frêne était sa seule patrie,
il y avait son manger et son coucher,
son quartier général, son refuge
quand il pressentait un danger,
mais seules quelques traces au sol
trahissaient sa présence de la nuit

 

c'est là aussi qu' il cachait son nid
au temps des amours

 

                      . . . . . .

 

des jours et des jours après,
il est encore là, frémissant, têtu,
ayant refusé de croire à l'évidence
d'abord, et maintenant, résigné,
pleurant sans fin son paradis perdu

 

mais, attentif au moindre signe,
ne sent-il pas déjà sourdre sous lui,
la sève impétueuse, indomptable,
qui permettra à son arbre absent,
toujours vivant, de renaître du néant?

 

et lui, maintenant,

                     pris d'une joie étrange

T

Elle

05 mars 2026 - 11:36

 

 

                                 son image éclatée,
en autant de fragments séparés,
aux petits carreaux des portes vitrées
qui sont là, sous ma fenêtre

 

encore dans sa robe de chambre noire,
ombre pâle, esseulée dans le jardin,
parmi les reflets des arbres, des buissons,
                                 dans le matin clair


                                                et mon regard
cherchant encore et toujours à la rejoindre