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Jped

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#400838 Peace now

Posté par Jped - 13 juillet 2024 - 04:02

La Paix?         Les cyniques diront : Quand on aura atteint le fond du trou … .

 

Et ils n’ont peut-être pas tort !
 

:

« Comment cela s'appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?

- Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s'appelle l'aurore. »

 

( Electre de Jean Giraudoux )




#400828 L'agapanthe

Posté par Jped - 12 juillet 2024 - 10:02

sur le seuil, gardienne de la porte,

intangible d'une saison l'autre,

ses feuilles, lames courbes de cimeterre

en faisceau serré, en touffe dense

d'un vert profond , chargée de sucs épais,


l'agapanthe, "fleur de l'amour" *


en une nuit dresse passionnément

ses longues hampes florales,

glands ou vulves gorgés de sève,

images d'un désir premier et fou,

pathétique, qui cherche, vainement,

son objet dans le vide,

             en appelant au ciel


et au matin suivant,

après le déchirement de l'hymen

dans la nuit,

c'est l'orgasme, dans un feu d'artifice,

une explosion de corolles bleues,

poignée d'étoiles nouvelles

jetée, comme un pied de nez,

à la face des hommes et des Dieux,

proclamant le triomphe absolu

                                    de l'amour



* Agapanthe : Du grec ancien ἀγάπη (a̍gápê) (affection, amour divin) et ἄνθος (a̋nthos) (fleur).




#400807 Que fait-il donc

Posté par Jped - 06 juillet 2024 - 03:05

Procès en règle. Jugement sans appel. Il ne s’en remetttra pas!




#400803 Parfum de femme

Posté par Jped - 05 juillet 2024 - 02:00


tu crois sentir sous tes doigts le galbe d'un sein

lisse, doux, humide, comme le varech sur la plage,

qui glisse entre tes doigts, t'échappe presque

et que tu serres encore plus fort, désespérément,


encore et encore,  matin après matin, soir après soir,
          
          que tu presses contre ta peau,

                   que tu pétris dans d'amoureuses caresses,


corps contre corps sous le jet d'eau de la douche

ou mieux encore dans la chaleur émolliente d'un bain,


explorant avec elle les endroits les plus secrets,

usant et abusant d'elle jusqu'à la réduire à presque rien,

n'ayant plus ni volume ni forme

              [ seul son parfum de femme, pénétrant, subtil ],


jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse comme un rêve


               entre tes mains, belle défunte,



                                                     la savonnette




#400802 L'un-L'autre

Posté par Jped - 05 juillet 2024 - 01:46

ARRGGGHHH!

Un texte comme il est plaisant d'en lire un, le matin après avoir arrosé les fleurs et écouté les oiseaux, avant que la journée débute vraiment.

Comme disent les Amérindiens: c'est un beau jour pour mourir.

https://youtu.be/kX_...wUAtkGjzrXcutai

Belle journée!

 

jim

 

 

 

Que dire de mieux ?

Un poème qui mêle le passé au présent, la grande Histoire à la petite, l'aventure à l'imaginaire autour d'un héros inspirant : Antoine de Saint-Exupéry.

Merci pour ce voyage...

 

 

La mer - la mère - a repris dans son sein les ennemis d’hier… Après l’agitation humaine, le grand repos de l’éternité…

 

 

Merci pour vos  lectures et vos réactions à ce texte.




#400791 À la lettre

Posté par Jped - 02 juillet 2024 - 10:09

 

Sombre vision. Qu’avonx-nous fait de nos rêves d’un avenir plus fraternel et plus juste ?




#400776 L'un-L'autre

Posté par Jped - 29 juin 2024 - 08:24


il vole, imperturbable,

sur l'envers du ciel,

l'air d'un joujou en bois

d'un autre temps,

grossièrement taillé,

mais intact,

sans une seule éraflure,

calé bien à l'horizontale

en direction de la côte

des Maures et de l'Esterel


face à lui, l'autre,

étrave dressée vers le large,

indestructible, orgueilleux,

défie la houle

et les tempêtes,

canons menaçants

pointés vers le ciel


mais

il n'y a aucun bruit de moteur,

à bord,

aucun signe de vie,

il n'y a ni servants

de la batterie sur la frégate,

ni pilote dans l'avion

dont l'hélice s'est arrêtée,

l'un et l'autre désertés,

renvoyés à leur solitude

         au fond des abysses


il y a plus de trois quarts de siècle,

ils s'étaient rencontrés,

par hasard,

au-dessus des eaux

de la Méditerranée,

ils s'étaient défiés,

puis affrontés

et, dès lors, avaient lié leur sort

et leur destin,

et ils se sont retrouvés

tous les deux

au fond de la mer,

réunis dans la mort


aujourd'hui, la même boue,

les mêmes algues

et les mêmes coquillages

se sont incrustés

sur les deux épaves,

les mêmes mérous

les mêmes murènes

hantent leurs entrailles

les mêmes détrousseurs

de cadavres s'affairent

                             autour

 

frères ennemis réunis

dans la même mémoire,

le même héroïsme,

le même malheur,

archanges déchus,

presque oubliés

dont les nouveaux

marchands du temple

se disputent la dépouille,

au risque de les renvoyer


cette fois, à jamais,


         dans le néant

 

 


Le 31 juillet 1944, Saint-Exupéry part en mission. Il n'en reviendra pas.

Peut-être a-t-il croisé cette frégate allemande… .




#400773 Un seul coup d'aile

Posté par Jped - 28 juin 2024 - 03:09

 

Leur escale pressée strie à nouveau notre ciel. Ils étaient une dizaine il y a quelques années, puis cinq ou six, cette année ils sont trois.




#400772 Elle danse

Posté par Jped - 28 juin 2024 - 08:44

 

Elfe, fée, astre de la nuit, pur fantasme, … , qui est-elle ? L’Inspiratrice ou la Poésie elle-même ?




#400764 Fleur exquise des sabres mouvants ( remix )

Posté par Jped - 26 juin 2024 - 07:24

Bonsoir,

c'est bizarre ce que peut générer un après-midi à la plage lors d'une excursion estivale.

Des années après, je n'en ai toujours pas fini avec ce texte qui va chercher ses racines je ne sais où, vraiment.

Ses premiers vers, si je me souviens bien sont nés de jeux de mots entre Bidart et Bigeard et ont grandi comme les ronds d'un caillou jeté à l'eau. Ensuite, il a fallu agencer.

Il ne s'agit pas d'écriture automatique mais plutôt d'un puzzle qui se réinvente sans fin.

Il s'agit d'un texte écrit des mois après les faits et qui fait écho, bien vu, à plusieurs femmes rencontrées dans le réel ou simplement via des échanges de mails et qui se croisent virtuellement sous mes paupières.

Je ne commets jamais d'explication de texte, laissant à chacun.e le choix d'y trouver ce que bon lui semble et il me serait encore plus difficile de m'attaquer à celui-ci après toutes ces années. La mémoire réécrit beaucoup trop.

L'Enfer de Dante... il va falloir que je me décide à le lire.

Bon coucher de soleil. ( Je retourne au jardin afin d'en profiter )

Merci pour le commentaire.

A bientôt.

 

jim

 

Nous serions un remix de tout notre passé, « un puzzle qui se réinvente sans fin », et qui emprunte sans doute aussi aux autres?

 

 

« Je est un autre »… .




#400754 Fleur exquise des sabres mouvants ( remix )

Posté par Jped - 23 juin 2024 - 08:22

Un nouvel Enfer de Dante, pour ce soldat perdu, ce chevalier errant - image de l’humanité-, sur fond de guerre, de violence et de chaos, avec sa/ses figure/s féminine/s, gage d’amour, cette «braise qui couve encore »




#400753 Quelques instants de paix

Posté par Jped - 23 juin 2024 - 07:40

L’éveil à la poésie, comme une ascèse, un exercice du corps et de l’esprit.




#400745 carnet de voyage /5

Posté par Jped - 21 juin 2024 - 08:25

 

Il y a du road movie, de l’aventure, une quête spirituelle et amoureuse dans ce périple, cette errance que vous nous proposez à travers le sous-continent indo-asiatique.




#400739 La paix me va si mal

Posté par Jped - 20 juin 2024 - 06:18

Puisque cela existe, regardons le en face. De là à en être fasciné...

Je ne pensais pas en terme de séduction, d’attraction mais à cette emprise que l’horreur, le monstrueux ont sur nous, malgré nous, comme un serpent paralysant sa proie.




#400738 L'amande ourlée

Posté par Jped - 20 juin 2024 - 04:52


les amandiers en fleurs s'en sont allés

 

      et  leurs torches flamboyantes,  dans le matin clair

 

ils n'ont laissé  à leur place que de simples arbres

 

feuillus , avec quelques haillons  tachés de blanc

 

aussi mornes que la neige en fin d'hiver, grise, sale,

 

ou le front des glaciers mêlés de pierres et de boue,

 

déversant leurs eaux noires dans les vallées perdues

 

 

et dans nos mémoires l'éblouissement et les regrets,

 

mais aussi l'espoir secret que de cette beauté évanouie

 

naîtront bientôt, comme dans les  amours neuves,

 

sève débordante, lèvres avides, ces tendres amandes,

 

fraîches et naïves qui, dans une lente et subtile alchimie,

 

transformeront l'âcre sang de l'amandier en une gelée

 

d'abord translucide, puis en cette chair paradoxale

 

douce ou bien amère, à l'image de nos vies, enveloppée

 

d'une armure qu'il faut empoigner, pourfendre, vaincre,

 

 

pour libérer la précieuse  mandorle  à la forme parfaite

 

 

où s'inscrivent la création, la terre et le ciel,

                                                     le temps et l'éternité,

 

 

    "l'amande ourlée"*,     celle qui ouvre  sur la Lumière

 

 

 

.* "l'amande ourlée", l'amande éclatée. On peut rapprocher l'amande de "l'oeuf du monde" .
D'après le mot hébreu "Luz" qui possède différents sens : "amande", mais aussi "lieu caché" ,
"noyau d'immortalité".
Dans la symbolique de la "mandorle", c'est aussi, la Porte, le Passage vers un autre Ailleurs.