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Fabienbien

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Hors-ligne Dernière activité : hier, 06:34

Publications sur Toute La Poésie

Rien

hier, 06:35

Rien dans l'avènement du monde ne m'expose

À vivre pour vouloir devenir une chose.

 

Aussi leste que l'air je n'emprunte jamais

Deux fois la même voie : ou je viens ou je vais.

 

Comme l'eau dont l’élan part toujours de la source

Jusqu'à son estuaire où terminer sa course,

Je crée en apparence un univers entier,

Quand je suis son principe auquel seul se fier.

 

Entre tous mes reflets lorsque je discrimine,

Y compris les subtils au creux de ma poitrine,

Demeure une évidence agrafée à mon cœur :

Je me ris du néant pour puiser ma vigueur.

 

Il est mon paravent mon bruit ma tentative

Je suis son créateur son âme saine et vive.

 

Nature du réel

26 septembre 2026 - 05:24

A l’aune de cette existence 
Il faut se rendre à l’évidence 
Je ne suis qu’artificiel 
Dérisoirement irréel.
 
Après qu’en plein cœur nous atteigne 
La connaissance de son règne,
Ne demeure qu’un sentiment :
Celui d’être éternellement.
 
Tout dans la nature reflète 
Sa présence qui se répète 
Et manifeste en vérité 
Son inaltérabilité.
 
Voir, accepter, tenir le rôle
Tantôt tragique, tantôt drôle 
Pour l’amour unique de soi
Dont l’égide seule fait foi.

Automne, hiver

21 septembre 2026 - 01:54

Voici venir le temps du noir,

De la nuit tout enveloppante,

De l’épouvante galopante :

Le froid, la pluie et le brouillard.

 

Voici venir les âges sombres

Et la mise à mal du réel

Pour des fantasmes et des ombres,

L’ère de l’artificiel.

 

Dans ce chaos, dans cet abîme

Tu luis d’une étincelle infime

Qui supporte tous les fléaux,

Les pires, ceux des idéaux.

 

Secret de la vie éternelle,

Aussi vivante que mortelle,

Intense un instant, tu t’éteins

Aux yeux du monde, pas des tiens.

 

Du foyer nuptial...

02 septembre 2026 - 11:19

Du foyer nuptial je partis en secret

Pour suivre le sentier qui mène à la forêt.

Je voulais t’apporter le vent dans les feuillages,

La candeur de l’aurore au ciel lavé d’orages,

Les flaques se changeant en miroirs pour les dieux,

La course du chevreuil, l’oiseau mélodieux.

Je n’ai pu les saisir à moins de les détruire.

De retour, je n’ai pu que t’offrir un sourire.

Midi sur Mindin

29 août 2026 - 03:11

Après quelques de dix ans concentré sur le travail spécifique du sonnet régulier, je m'autorise un peu de liberté en m'ouvrant également aux vers libres, dont voici le premier essai.

 

Midi sur Mindin

 

Rade odieuse où jeune il me fallut venir

Pour m’éloigner de toi qui voulais m’asservir.

Je n’étais bien qu’au soir lorsque cessait l’ouvrage

Et que je sommeillais à l’abri de l’ombrage.

 

Chaque jour cependant je me croyais plus fort

Surpris de t’oublier, employé sur ce fort,

Bénissant l’univers où je pensais te perdre

Comme un corps englouti par les sables de l’Erdre.

 

C’est moi que j’avais fui dans cet élan brutal ;

Malgré tous mes efforts il n’en sortait que mal.

Ton souvenir hantait mes nuits de lancinance :

Je n’avais que pour seul réconfort le silence.

 

C’est toi-même un beau jour qui sus me retrouver !

En plein travail au port, je ne pus qu’éprouver

Un double mouvement de recul et de hâte :

J’avais autant rêvé qu’évité cette date.

 

Il venait de sonner douze coups sur Mindin :

Midi ! C’était la pause et sans plus de dédain

Je te souris de loin puis mes bras s’entrouvrirent

Et nos cœurs séparés enfin se réunirent.