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Une vie (2)

Posté par JMAP06, 26 juin 2011 · 665 visite(s)



Une vie



J'allais le cœur tendre et les mains grandes ouvertes,
N'ayant en poche, ni la langue ni les mots,
J'allais bouche ouverte, et maman pour les maux,
Sans penser à demain aux passions entrouvertes.

Le regard dans les cieux, et les cieux pour chemins,
J'avançais béant d'âme, et regardant bien droit.
L'avenir dans les yeux, et mon âme à l'endroit,
J'avais l'essieu du monde tournant dans mes mains.

j'écoutais des étoiles tinter les lueurs,
Sur leur grève lactée mes rêves écumaient,
Les quelques vagues peurs au matin s'embrumaient,
Mon enfance au soleil bâtissait des bonheurs.

A force de moissons, les blés se sont couchés
Et le blond de ces jours, a bruni sous l'été.
Passée, l'adolescence à l'angoisse entêtée
Les blanches farines, au pain noir ont séchées.

Peu à peu j'ai appris qu'il est de bon aloi
Pour gagner l'age adulte, assurer l'avenir,
De tamiser ses joies pour penser à venir
De la loi de l'amour, à l'amour de la loi.

Peu à peu j'ai senti cette sourde blessure,
Cette source d'eau claire, affaiblie aux vapeurs
De l'alcool et du sang de la haine et des peurs,
Puis j'ai vu le monde battre à sa démesure.

J'ai senti lentement et sans jamais mentir,
Un mensonge bercer mes plus profonds désirs.
J'ai du faire des choix, mais sans jamais choisir
Entre fausses passions, entre faux repentir.

Il a plut sur les fards, de mes amours grimés
Et les clowns des beaux jours après jours ont pleurés.
A trop mimer la joie, de masques apeurés,
Le bonheur le malheur, peu à peu ont rimés.

Mes plus belles histoires, à l'échelle des ans,
Ont gravi leur futur jusqu'à l'insignifiance.
Les doutes ont fléché peu à peu la confiance,
Jusqu'à préférer l'ombre au soleil épuisant.

Alors j'ai ressorti la langue de ma poche,
Tous ces mots qui au fond, étaient restés collés,
Je les ai dévoilés, ces émois envolés
Au gout de praline dans mon palais de mioche.

Car je suis retombé lentement en enfance,
La chute fut douce, en dépit des blessures,
Si le temps sur ma peau gravait ses flétrissures,
Ma plume ranimait des mots en abondance.

Puis j'ai dérivé au gré de ma fantaisie,
Du seins des muses coulait un lait hérétique.
Sur les cotes au loin trépignait la critique
Et mes amis d'antan bouffis de jalousie.

Je récitais des vers tout en suçant mon pouce,
Un poème en sucette et rimes plein la bouche
Parfois d'un gros rot, mais, plus souvent dans ma couche
Les mots échouaient là où tous les maux repoussent.

Au bout du voyage, le monde fut trop petit,
Peu à peu les mots fous ont bâti ma folie.
Pour avoir une idée, je frisais l'embolie
Mes neurones, aux vers, ont ouvert l'appétit.

Il me faut maintenant refermer mon grand livre
Où ma plume en partant et d'un gras trait narquois
A barré chaque page en écrivant « Pourquoi ? »
Est-ce bien de la vie, que la mort nous délivre?

Maintenant Je m'endort au caveau des poètes maudits
Lentement Mais la haut dans les cieux une boite à musique
Doucement Tourne ses berceuses aux notes nostalgiques
Oh! Maman... Je la vois... elle est là.....illuminant ma nuit....








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