Un rayon de soleil, --rien que cela : la vie. Les arbres perdent leurs feuilles : place au règne des sapins, et du pin. Bientôt, la rivière sera en crue : la violence du courant et l'eau boueuse m'impressionnent toujours. Les éléments de la nature, dans leur force, nous ramènent à notre dimension.La rivière rythme, ici, la vie : l'eau gronde,...
michelconrad' Blog
C'est en Allemagne, dans les années cinquante. J'ai cinq ans. Je suis blotti derrière le comptoir d'un « Foyer d'accueil pour soldats », dont mes parents sont les gérants. La salle est comble. Dehors, c'est le carnaval. Soudain, venant de la rue, surgissent des enfants, aux visages couverts de masques de sorcières. Je hurle, à me coup...
On passe à côté d'un grand amour sans y prendre garde. Quand on se retourne, il est trop tard.H./Ven/22/10/10/8H45
J'aurais aimé vous rencontrer dans un café de Bruges, pour voir si le rêve plane sur la Ville, comme à Venise et à Saint-Pétersbourg, mais votre coeur s'est refermé, comme le froid d'Octobre a refermé le paysage. J'aurais aimé vous dire mille choses sur ce feu de la poésie qui me dévore, mais la magie des mots ne renverse pas l'ordre d...
Découvert, hier, un chant du XVII° siècle, qui me bouleverse : «Bisogna morire ». L'expression elle-même, « Bisogna morire », ne peut avoir d'équivalent dans la traduction française « il faut mourir », car le français offre une tournure impersonnelle, là où l'italien est d'un laconisme qui glace, parce que se superposent, pour l'audit...
Ce que mon coeur et ma raison ont voulu dire, à l'aide des mots, et ce que ces mots mêmes suscitent dans des régions secrètes de l'âme du lecteur, fusionnent en une alchimie, dont tout le mystère m'échappe, mais qui revêt, à mes yeux, quelque chose de sacré : naît alors, chez qui me lit, imprévisiblement, l'émotion.LdN/Di/17/10/10/7H55
Les artisans circulent, crayon en main, dans la maison : « tout est à refaire », disent-ils. Ne voient-ils pas, par la fenêtre, le sorbier des oiseleurs, dont le feuillage flamboie ?H./Ven/15/10/10/9H10
Matin : un concert d'oiseaux. Onze heures : je me rends à la banque. L'on me dit : « comment avez-vous pu en arriver là ? ». Au retour, je téléphone à l'assurance. L'on me répond : « écrivez une lettre. » Fin d'après-midi : autre concert d'oiseaux, plus intense et polyphonique, cette fois. Ils disent leur insouciance, leur joie de...
Pour voir les colverts nager sur la rivière, sans qu'ils ne s'envolent, soudain, tous ensemble, il me faut rester à distance : pourquoi faut-il, toujours, rester à distance de ce qu'on aime ?H./Lun/4/10/10/8H50
La glycine lance des filaments torsadés qui se balancent au vent et cherchent des points d'appui, autour desquels s'enrouler, pour étendre, encore, son royaume.Pourtant, les feuilles tombent, déjà, des arbres : la glycine veut-elle conquérir de nouveaux espaces, avant que les premières gelées ne pétrifient tout le jardin ?Ainsi mon coeur va-t-il a...
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