C'est dans une nuit bleue, qu'elle perdit son ivresse
Dans une rue humide, un souffle la caresse
Celui de son amant, la quittant en vitesse
Car il ne voulut plus, la chaleur de ses fesses
Elle promenait son âme, au centre des damnés
Dans une rue sans lune, la nuit des condamnés
Usant de ses services, la pauvre prostituée
Elle satisfait les vices, de malintentionnés
Sa famille la quitte, l'oubliant à jamais
Ses gènes qui l'habitent, mais qui l'ont répudiée
Elle se fond en ermite, mais doit rester courbée
Sa vie n'est plus qu'un mythe, mais qu'elle a décrochée
Pour dormir dans la rue, la seringue vidée
Les yeux grands et perdus, l'âme décorporée
Et sur son corps sans vie, s'agite un téléphone
Un appel d'un ami, voulant qu'elle raisonne.





