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A La Lune
Je vais te bâtir un pays d’étoiles
Où nous vaguerons sur les eaux de nuit ;
Nos cœurs d’éternité prendront les voiles
Échappant au froid de la vie qui nuit.
Dans l’air du silence qui vit de noir,
Je prendrai la barre aux vents des ivresses
De la mer grisée aux reflets du soir
Nacrant la vague des beautés maîtresses…
Partir, partir, aux sources du temps !
Saisir, Saisir l’onde et la lumière !
Furtive fraîcheur du grand firmament !
Voir le rivage de l’onde première !
Le flot sera beau, chavirant ainsi
Au penchant de nos cœurs qui ensorcelle
La nuit, les songes, les rêves d’ici,
Blottis aux ailleurs d’un monde étincelle.
Nous débarquerons au sable des ors
Qui se baignent aux empreintes des âmes,
Frôlant la voie lactée des grands essors
Pour livrer nos pas aux cercles des lames…
Et la ville et ses larmes partiront
Au lointain des plaies de nos amertumes,
Et nos lèvres, nos mains retrouveront
L’eau et le sel purifiant des écumes ;
Et là, rassurés par le vert palmier
Ouvrant nos ailes au flanc de la dune
Nous prendrons enfin, l’élan du sentier
Qui mène l’Amour au cœur de la Lune…
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