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Métaphysique


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634 réponses à ce sujet

#631 Hattie

Hattie

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Posté 01 juillet 2020 - 06:28

Tout est là

flottant

 

c’est encore trop de le dire

de le montrer

 

 

 

(Gérard Pfister __ Ce qui n’a pas de nom)



#632 serioscal

serioscal

    Serialismo Rigoroso

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  • Une phrase ::All series are not red. But some are. They burn-speak.

Posté 01 juillet 2020 - 09:04

"Die Nacht
Und alles ist da"

"La nuit
Et tout est là"

Paul Celan, poème de jeunesse.

Pour la suite il faudrait que je retrouve le recueil.

#633 Hattie

Hattie

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Posté 02 juillet 2020 - 06:17

La suite ? le jour ;-)



#634 Alfred

Alfred

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Posté 29 août 2020 - 07:42

Dystopie

 

Reprendre le texte, avec la même difficulté que de se remémorer une journée. Il est réconfortant de penser que le texte vit en dehors de nous. Surtout si on se décide à le jeter dans le vide et à ne plus rien exiger de lui. Il n’y a rien de plus conforme à l’idéal artistique que de s’en séparer. Et aujourd’hui, il n’y a rien de plus facile. Le lecteur importe peu, ce pourrait être n’importe qui. Il est équivalent. Équivalent à la nullité du résultat de la séparation. Bien sur, on ne peut penser ainsi l’histoire de la littérature. Mais sommes-nous encore dans le temps historique de la littérature ? Dans son temps technique, d’enjeux, de valeurs, de souffrance ou de joie ?

 

Le réel persiste. On peut considérer que le réel pensé ne persiste plus vraiment. L’arborescence des fictions se déploie dans tous les domaines. Des fictions propres à chaque être comme autant de psychoses, mais soigneusement régulés politiquement, conscrites dans un ensemble économique rigoureux. Un ensemble économique qui a fait ses preuves dans cette partie du monde, je crois que le nom est « Occident », des preuves qu’il serait aujourd’hui inconscient de nier. La preuve, c’est que je suis en vie, que je ne me porte pas trop mal et qu’une grande partie de mes besoins sont satisfaits.

 

Je crois que les penseurs tout au long du XXIème siècle utilisait encore le terme de « post-modernité ».
 

A la fenêtre une publicité holographique vante le mérite d’un nouvel outil de communication, un nouveau téléphone portable. Ce ne serait pas absurde de penser la technique comme incapable d’invention, mais ayant comme principe une valeur permanente d’amélioration. On peut ajouter, qu’à la manière d’une œuvre d’art, à la manière du texte, la technique s’est autonomisé. J’ose espérer que ce qui nous distingue de ce que nous avons réalisés techniquement est une forme de conscience. Nous aurions alors au moins le privilège d’être asservi par quelque chose de plus bête que nous.

 

Cette publicité holographique met en scène une femme, du moins elle en a les attributs. En quoi cette femme partage les attributs d’une femme ? Elle porte un décolleté qui laisse supposer des seins. Une jupe moule ses fesses. Cela semble coller à ce qu’on entend par femme. Curieusement la question du genre, de la construction culturelle du genre et de l’ensemble des comportements qu’il génère, il me semble très à la mode au long du XXIème siècle, n’a pas modifié l’imaginaire de nos publicitaires d’aujourd’hui. Du moins les publicitaires qui s’adressent à des types tel que moi, en bas de l’échelle sociale. Des types dont la grande partie des besoins sont satisfaits, qui forment une masse sans grande exigence et facile à convaincre.

 

J’ai un petit appartement en haut d’une tour. Ma fenêtre donne sur un grand vide. Si je me mets à ma fenêtre je vois ce vide et je sens le vent, un ensemble d’atomes invisibles fouette mon visage. Je ne pourrais décrire ces atomes, comprendre chacun d’entre eux, ce qu’ils sont particulièrement quand ils me fouettent le visage. Et pire encore, je ne pourrai pas comprendre ce que je représente avec ces atomes dans le tout qui nous assemblent. Est-ce que chacun de ces atomes est comme moi ? Est-ce que je pourrai être un atome ?

 

Je saute. Je crois que je suis vraiment satisfait : en tombant je suis comme une œuvre d’art.



#635 Hattie

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Posté 30 août 2020 - 09:39

Dystopie

 

Reprendre le texte, avec la même difficulté que de se remémorer une journée. Il est réconfortant de penser que le texte vit en dehors de nous. Surtout si on se décide à le jeter dans le vide et à ne plus rien exiger de lui. Il n’y a rien de plus conforme à l’idéal artistique que de s’en séparer. Et aujourd’hui, il n’y a rien de plus facile. Le lecteur importe peu, ce pourrait être n’importe qui. Il est équivalent. Équivalent à la nullité du résultat de la séparation. Bien sur, on ne peut penser ainsi l’histoire de la littérature. Mais sommes-nous encore dans le temps historique de la littérature ? Dans son temps technique, d’enjeux, de valeurs, de souffrance ou de joie ?

 

Le réel persiste. On peut considérer que le réel pensé ne persiste plus vraiment. L’arborescence des fictions se déploie dans tous les domaines. Des fictions propres à chaque être comme autant de psychoses, mais soigneusement régulés politiquement, conscrites dans un ensemble économique rigoureux. Un ensemble économique qui a fait ses preuves dans cette partie du monde, je crois que le nom est « Occident », des preuves qu’il serait aujourd’hui inconscient de nier. La preuve, c’est que je suis en vie, que je ne me porte pas trop mal et qu’une grande partie de mes besoins sont satisfaits.

 

Je crois que les penseurs tout au long du XXIème siècle utilisait encore le terme de « post-modernité ».
 

A la fenêtre une publicité holographique vante le mérite d’un nouvel outil de communication, un nouveau téléphone portable. Ce ne serait pas absurde de penser la technique comme incapable d’invention, mais ayant comme principe une valeur permanente d’amélioration. On peut ajouter, qu’à la manière d’une œuvre d’art, à la manière du texte, la technique s’est autonomisé. J’ose espérer que ce qui nous distingue de ce que nous avons réalisés techniquement est une forme de conscience. Nous aurions alors au moins le privilège d’être asservi par quelque chose de plus bête que nous.

 

Cette publicité holographique met en scène une femme, du moins elle en a les attributs. En quoi cette femme partage les attributs d’une femme ? Elle porte un décolleté qui laisse supposer des seins. Une jupe moule ses fesses. Cela semble coller à ce qu’on entend par femme. Curieusement la question du genre, de la construction culturelle du genre et de l’ensemble des comportements qu’il génère, il me semble très à la mode au long du XXIème siècle, n’a pas modifié l’imaginaire de nos publicitaires d’aujourd’hui. Du moins les publicitaires qui s’adressent à des types tel que moi, en bas de l’échelle sociale. Des types dont la grande partie des besoins sont satisfaits, qui forment une masse sans grande exigence et facile à convaincre.

 

J’ai un petit appartement en haut d’une tour. Ma fenêtre donne sur un grand vide. Si je me mets à ma fenêtre je vois ce vide et je sens le vent, un ensemble d’atomes invisibles fouette mon visage. Je ne pourrais décrire ces atomes, comprendre chacun d’entre eux, ce qu’ils sont particulièrement quand ils me fouettent le visage. Et pire encore, je ne pourrai pas comprendre ce que je représente avec ces atomes dans le tout qui nous assemblent. Est-ce que chacun de ces atomes est comme moi ? Est-ce que je pourrai être un atome ?

 

Je saute. Je crois que je suis vraiment satisfait : en tombant je suis comme une œuvre d’art.

 

 

Dans cet esprit, tout au moins ainsi que je l'ai lu, l'excellent Mr Gwyn d'Alessandro Baricco.

Pour moi un ouvrage, un roman-essai marquant. Qu'est-ce qu'un artiste ?