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Publications sur Toute La Poésie

2 sonnets

15 mai 2026 - 05:56

  Amon-Râ

 

 

Celui qui donne de la puissance est en compagnie de dieu, ce qu'il aime sera accompli pour lui.

Ptah-Hotep

 

Le long du cours fertile où le Nil se répand,

L’imposant sphinx de pierre et le dur obélisque

Témoignent au pays qu’est surmonté du disque

Comme un dieu Pharaon et son pouvoir ardent.

 

Dans le simple mystère alliant son monument,

Les adeptes d’Amon, tels des béliers, se risquent

À défendre la foi hiératique et confisquent

Un espoir à celui qui profane ou qui ment.

 

Les Égyptiens, nombreux, scrutent des sols arides,

Ardentes au soleil, de hautes pyramides

Illustrant un passé dont le règne s’étend.

 

Créateur harmonieux, Râ se maintient le guide,

Des bâtiments levés à travers l’air torride

S’élucident des lois réglant chaque élément.

 

 

Marduk

 

 

Les cieux ne peuvent porter le poids de ses mains mais sa main légère retient celui qui est voué à la mort.

Ludlul Bēl Nēmeqi

 

Dans le calme épuré de ses végétations,

Babylone s’applique à décrypter le monde,

Les chiffres singuliers, les astres qu’elle sonde

Ouvrent à son esprit de fermes intentions.

 

La violence constante agitant les nations

Et l’éclat incertain de leur terre féconde

Lui procurent souvent l’amertume profonde

Qu’imposent au final toutes dominations.

 

L’Egasil* en son cœur veut que de vrais arts priment,

Élevant toujours plus le savoir au sublime,

Et n’offre aux habitants qu’un esprit immortel ;

 

Marduk, à ses cotés, la préserve du rêve

Et, sous un calme obscur et une lueur brève,

Peut purifier son âme au poids de son autel.

 

 

* le temple

 

 

Abraham et Isaac

 

 

Dieu dit : C’est ici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à toujours : j’ai placé mon arc dans la nue.

Genèse

 

Le chaldéen*, confiant, monte vers le rocher.

La voix de l’Éternel désormais le conforte,

Jéhovah lui manda hier d’une voix forte :

« Prend avec toi ton fils et prépare un bûcher. ».

 

Isaac, près de lui, continue à marcher,

Son esprit concentré sur le feu qu’il transporte,

Son jeune dos courbé sous le fagot qu’il porte,

Et, d’un regard naïf, il commence à chercher.

 

Il s’arrête soudain puis brusquement demande :

« Père, pour sacrifier, ne faut-il une offrande ?

Pourtant nous n’avons pas emmené de brebis. ».

 

Abraham le regarde et dit d’une voix tendre :

« Sois confiant, Isaac, sans chercher à comprendre. ».

Ils repartent tous deux vers le destin promis.

 

 

* La Chaldée est une région de Mésopotamie comprenant Babylone ; le culte d’un seigneur des orages, souvent assimilé à Baal, épithète récurrente du dieu Marduk, y est existant.

 

 

 

 

 

La Terre Promise

 

 

Tout le peuple sorti d'Égypte, les mâles, tous les hommes de guerre*, étaient morts dans le désert pendant la route, après leur sortie d'Égypte.

Josué

 

Le Jourdain est à sec quand Israël le passe.

Au chemin, le désert a tué tous ses gens.

Déjà, plusieurs cités pressentent la menace

De plus de cent milliers de ces hommes vaillants.

 

Jéricho s’est rompue et les juifs prennent place,

Massacrant sans pitié chacun des habitants.

Une fille de joie et sa famille lasse

Vivront, ayant aidé ses deux espions un temps.

 

Josué doit brûler un premier réfractaire

Qui dans la ville en ruine a saisi des objets,

L’Éternel les veut purs pour mener ses projets ;

 

Le peuple élu s’en va pour délivrer sa terre

Des locaux, des chevaux et de trente et un rois.

Tous les Héviens, rusés, pourront couper son bois.

 

 

*la seule tribu non-bénie par Moïse est Siméon - (Cf Es 3/2-3, Ge 49, De 33, Am 5/6 ...)

 

 

on admet que, non seulement dans le chant religieux, mais encore dans le chant profane des temps les plus reculés, le rythme exerçait une puissance magique, par exemple lorsque l’on puisait de l’eau ou lorsque l’on ramait : le chant est un enchantement des démons que l’on imaginait actifs dès que l’on en usait, il rend les démons serviables, esclaves et instruments de l’homme. Et dès que l’on agit on tient un motif à chanter, chaque action est rattachée au secours des esprits : les formules magiques et les enchantements semblent être les formes primitives de la poésie.

Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir

 

 

Baruch Spinoza, frappé en son temps par un herem, soutint : "Dieu est une substance possédant une infinité d'attributs" ... 

 

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https://www.editions...s/sous-un-ciel/

 

 

Bon au final, c'est encore 4 sonnets ...

 

 

 

Le Lama

21 juillet 2025 - 10:39

Au calme des cerros, la curieuse vigogne

Arpente avec entrain la sente des adrets

Ou comme le troupeau se pose dans l’air frais

Pour tendre vers l’herbage un long cou de cigogne.

 

Que la neige l’enceigne ou que le soleil cogne,

Dans les altiplanos, la mort est sans apprêts,

Son corps demeure alerte et ses sabots sont prêts,

Des bêtes, maraudant, ont laissé sa charogne.

 

Parfois son front laineux que le temps a bruni

Entrouvre un fin museau qui brillamment hennit

Pour témoigner à tous du plaisir qui l’avive

 

Ou face au malotru le rendant ténébreux,

La colère sauvage écarquille ses yeux

Dont le sombre miroir reluit de force vive.

 

Récits

26 juin 2025 - 02:09

Le Reniement de Simon

 

« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. » Evangile de Matthieu

 

La foule, au sanhédrin, toise le prosélyte :

« Ils mènent jusqu’au temple un dangereux vaurien ! »,

« Qui parcourt le pays, promet et n’offre rien ! »,

« Assez ! A mort ! Ce n’est qu’un mendiant qui milite ! ».

 

Jésus, vide d’espoir, se tient face à l’élite :

« Sion entière frissonne à chaque ordre romain.

Triomphe-t-on du mal en énervant sa main ?

Ignores-tu comment Dieu juge, israélite ? ».

 

Dans l’ombre Simon observe le Seigneur

Enseignant par la grâce au sacrificateur

Et ressent plus en plus que le doute l’accable,

 

Un servant le surprend et lance une question :

« Toi ! Je te reconnais ! Ne suivais-tu ce diable ? »

Et l’apôtre, surpris, vient lui répondre : « Non ! ».

 

 

 

 

La Crucifixion de Jésus selon l’Apôtre Luc

 

« Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous sont vivants.» Evangile de Luc

 

La peuple, sur la place, a décidé du sort

Et le nazaréen doit monter au Calvaire

En portant une croix, certains encore espèrent

Qu’un ange paraitra pour éviter sa mort.

 

Jésus pourtant chemine et souffre dans l’effort,

Jérusalem lançant son jugement sévère :

« Ne savons-nous déjà comment les cieux opèrent ? ».

Un premier clou s’enfonce et sa face se tord.

                                                       

On place l’écriteau qui proclame le règne

Echéant à celui dont le cœur d’amour saigne,

Le crucifié dessous ne livre aucun émoi

 

Et dans un dernier souffle avant de rendre l’âme

Il entend le larron à sa droite qui clame :

« Quand ton règne viendra, souviens-toi donc de moi ! ».

 

 

 

Saül de Tarse

 

« il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul Dieu, le Père » Epitre aux Corinthiens

 

Le boucher des chrétiens, atteint par un fétu

De lumière, soudain se retrouve par terre.

Partout l’air se remplit d’une voix solitaire

Lançant : « Saül, pourquoi me persécutes-tu ? ».

 

Le regard aveuglé ce verbe une fois tu

Et l’esprit convaincu qu’un principe s’altère :

Un pharisien obtus, consciencieux et austère

Doit affronter le ciel doutant de sa vertu.

 

L’hébreu se ressaisit et interroge l’arche.

Celle-ci lui répond : « Lève-toi donc et marche

Jusqu’à la ville où tu verras ce qui t’attend ! ».

 

Les auxiliaires cois, le maitre se redresse,

Saisi par Jéhovah dont la mission l’oppresse.

Ils partent vers Damas, autour, en le tenant.

 

 

Michel et le Dragon

 

« Elle opérait de grands prodiges, même jusqu'à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. » Apocalypse

 

Michel levant son front devant la mortifère guivre,

Se tient sans hésiter pour l’accuser des maux

Et lance de la voix tranquille du héros :

« Ne faut-il à présent que le combat se livre ! ».

 

Le dragon le contemple aussi vigoureux qu’ivre,

Un peu de feu s’échappe à travers ses naseaux,

Sous son front écaillé se dévoilent ses crocs ;

La terre est un endroit ou chacun doit survivre.

 

Le preux esquisse un pas et s’élance soudain

Dans un regard ardent n’aspirant qu’au destin

De tous les villageois subissant sa présence.

 

Le monstre se redresse et gonflant son poitrail

Veut délivrer à l’homme et son morne travail

Son principal atout sur tout ce qui l’offense.

 

 

 

« aucune science ne peut surgir de l’accumulation d’un matériel de faits, sans l’intervention d’un esprit fécondé par la foi. » Max Planck, Initiation à la physique.

 

La poésie, l’acte créateur au fond, peut questionner. Le propos, purement amateur, reste pragmatique : tombé sur un mécanisme étonnant, j’ai entrepris une expérimentation sur le sens suivi et la résistance de l’œuvre. Parmi l’infinité d’attributs dont Baruch Spinoza dota Dieu, pourraient en effet exister deux principes logiques et conséquents. D’après l’observation du fond diffus cosmologique, l’univers proviendrait d’un Big-Bang. Selon ce scénario celui-ci serait probablement apparu à partir du vide, impliquant dans ce cas une somme vectorielle nulle des particules le composant ; la modélisation vectorielle correspond par exemple à l’équation de Schrödinger. 


Imaginons un individu bougeant une main. Comment l'univers pourrait-il conserver cet éventuel équilibre ? Il se pourrait qu’il doive se réarranger, en conservant sa dynamique notamment.

 

Un autre point peut aussi interpeler : l’entropie ; quand un ensemble de particule A réagit avec un ensemble de particule B, il existe plusieurs configurations possibles après réaction. Notre corps est composé de nombreux ensembles de particules et ce nombre d’état final possible est donc très grand (mouvements, pensées, homéostasie … etc.) ; or, le corps n’en prend qu’un, parmi ces multiples solutions, et il apparait clairement que notre esprit intervient, consciemment ou non, dans le choix de l’état final en question. Il semble évident qu’une pierre ne possède pas, en ce sens, d’esprit ; qu’en serait-il, pourtant, d’un autre système chimique complexe ? Un animal, un arbre, une forêt, une foule, une planète ? Il semble difficile de nier que l’esprit, au sens le plus large ou il serait possible de l’envisager ne puisse pas procéder de l’entropie d’un système, conscient ou non, intervenant potentiellement dans le choix de l’état final en question. Le cas de l’acacia drepanolobium poussant près de la corne de l’Afrique interpelle en ce sens. En effet, ce type d’arbre, capable d’établir un contact par voie chimique avec ses pairs, a effectué un partenariat avec des fourmis qu’il loge et nourrit ; il est de même capable de sécréter une autre molécule permettant d’éloigner ces fourmis lors de la pollinisation afin de protéger les fleurs occupées alors par d’autres insectes. Le cas du simple hasard semble discutable en ce sens : existe-t-il de nombreuses solutions partielles de ce résultat et vouées à mourir ? Les recherches actuelles témoignent de même de multiples cas de contacts chimiques entre organismes vivants, notamment entres des plantes et des insectes. Le tukdam tibétain, état intermédiaire observable du corps entre vie et mort, peut questionner aussi, entre autres.

 

En considérant ainsi l’instinct de prédation, rarement étranger au poète, on remarque les conséquences qu’il pourrait avoir sur l’être, les canidés, visiblement, sont devenus plus sensibles aux relations d’autorité que certains herbivores, les félins apparaissent aussi développer des sortes d’inhibitions, les poussant notamment à ne pas prendre de bain comme leurs autres congénères, le reste de la faune mortifère errant, au fond, au gré de ce ses envies.

 

Tout cela reste, en grande partie des présuppositions ; il semble cependant difficile d’admettre qu’une structuration active de l’univers soit absolument impossible. Les lois physiques interrogeraient éventuellement dans ce cas sur l’éventuelle nuance entre un Dieu Tout-Puissant et une plus aléatoire cause première soumise, comme le monde, au principe de moindre action ; l’approche scientifique, objectivement, met en évidence un aspect probabiliste des phénomènes physiques observés.

 

En y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’avant de percevoir des mathématiques rudimentaires, les populations primitives formalisèrent généralement un ou plusieurs concepts métaphysiques, un esprit souvent assimilé au ciel ou à un astre pour l’essentiel, un culte ou un rituel des ancêtres et de leurs dépouilles, en Egypte comme chez de nombreuses populations sud-américaines ou africaines par exemple et, manifestement, l’idée qu’un effort constructif permettrait de transcender un certain état de fait. Objectivement, aux presses universitaires françaises, on statuait encore en 2006 parmi les hypothèses admises de la conscience : « inaccessible par des méthodes scientifiques » (sic.), de même le philologue allemand Friedrich Nietzsche vantait, en son temps : « des mystiques de toute espèce, qui plus qu’eux [les philosophes], honnêtes et lourds, parlent d’ « inspiration » » (sic.) – ayant abordé le sujet, un mystique parlant d’inspiration reste pourtant suspect, pour ma part je suis distant et critique d’une telle approche.

 

 

 

 


 

Sur une tombe

25 juin 2025 - 09:25

« Mon âme vagabonde à travers le feuillage, frémira … » Epitaphe de José-Maria de Heredia

 

Une brume envahit la roche de mystère,

Un peu plus bas la Seine argente son parcours,

L’ancienne basilique élançant ses deux tours

Transperce sans un bruit les cieux comme la terre.

 

Entré dans la légende et le granit austère,

Mieux que maint parnassien sut-il donner le cours,

Ses écrits de tout rythme arderont le concours,

Chantre des Cipango, des Armor, des Cythère.

 

Ayant franchi les murs et la grille d’acier,

J’observe stèle et croix du chemin de gravier,

Songeant à découvrir cet endroit de mémoire.

 

Face à l’emplacement où gisent les vieux os,

Je livrais, silencieux, à l’ossuaire clos :

« Que donc ton âme vibre et j’en chante une histoire ! »

 

 

 

Pour comprendre, sinon, la genèse de cette œuvre, il faut la replacer dans son contexte. Encore étudiant et jeune philosophe amateur, j’étais tombé sur un ouvrage d’Elizabeth Badinter regrettant que l’homme n’admettent pas davantage ses sentiments et se construisent souvent contre l’image de la femme ou de l’homosexuel ; curieux d’éprouver un tel propos, je commençais à fréquenter un site de poésie. Au bout de 2 ans, étonné de constater que ses membres se refusaient à tenter de perpétuer l’élégance de la versification classique, je montais vers la tombe de José-Maria de Heredia et invoquait à titre expérimental l’esprit du maître, qui comprendrait peut-être, lui – il s’agissait d’une expérience sans véritable espoir de réussite au départ. J’avais déjà écrit l’Alchimiste et me questionnait, au besoin, sur la direction à prendre.

 

Un songe point sur le moment : une visite en enfer avec le spectre du maitre parnassien. La montée commença le jour suivant, une très solide injection de dopamine. Dans les faits j’ai marché 10000 km la première année, accompagné d’au moins deux heures de musculation quotidienne, réussissant dans mes études sans reconnaitre ma propre mère, c’est ce qui m’embêtait sur le moment, une première vision d’ouvrage apparut au bout d’un an, une considération ésotérique, douteuse à mon sens. Subjectivement, quelque chose semblait agiter les êtres. Certaines de mes conceptions changèrent aussi, à ce niveau le monde semble se géométriser, après rien ne prouve que cela ne soit pas une simplification de l’esprit déjà observée lors des tests sur la pervitine, molécule assez similaire à la dopamine ; et c’est au vu du matériel conceptuel recueilli au bout de 16 ans que j’aborde ce propos étrange ; les croyances de l’auteur sont cependant claires : « montant au soleil, en son vivant foyer, […] dans la félicité des flammes éternelles » (in La Vie des Morts). Le rapport de causalité présumé est donc proposé de facto – et je n’argumente pas vraiment par plaisir sur le sujet …

 

Un poète hanté ? :// (il avait déjà été maudit, il était près à tout)

Eugène Lafont et Jagadish Chandra Bose

24 juin 2025 - 08:12

« Je ne pense pas exagérer en affirmant que, pour les neuf dixièmes des chrétiens pratiquants, le travail humain reste à l’état d’« encombrement spirituel ». » Pierre Teilhard de Chardin, Le Milieu Divin

 

Eugène Lafont vient d’arriver au Bengale

Pour bâtir un collège et fonder sa mission.

Séduit par la technique, il monte une station

Et commence à prévoir la météo locale.

 

L’enseignement intrigue et son cours s’installe.

Des écoliers, curieux, écoutent la leçon

Et Bose sous ses airs se trouve une passion

L’incitant à penser science expérimentale.

 

Le savant met au point les transmissions radios

Et, délaissant l’argent au profit d’idéaux,

Découvre mystérieux, métaux et botanique.

 

Un temps discriminé, son poste à Calcutta

Vint générer, en plus d’un pionnier des quanta,

Un semi-conducteur lançant l’informatique.