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patricia moles

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Publications sur Toute La Poésie

Le Lot

04 février 2026 - 11:40

Le Lot

 

 

 

Le Lot est le miroir de notre campagne,

Celle-ci est coquette comme une demoiselle,

Tout le jour elle s’y mire à loisir.

 

 

Sous le ciel parcouru de la danse des nuages,

Glissent sur l’eau des cygnes sauvages,

Dans un clapotis tranquille et sage,

Troublant ainsi sa belle image.

 

 

Aux matins d’hiver il se couvre de brume,

Nous engage à rester dans nos lits douillets ;

Dehors il fait froid et les terres endormies,

Attendent le printemps pour porter leurs fruits.

 

 

Le Lot y serpente doucement, dans la vallée il coule

Sinueux et patient, il attend lui aussi son heure

Pour donner aux passants une halte de fraîcheur.

 

 

Mille  éclats de lumière : des poissons d’argent

Frétillent et se rient  des pêcheurs aux longues lignes

Munies d’appâts clignotants , gigotants.

 

 

 

  

 

PMH mercredi 4 janvier 2026

 

 

 


 

VIEUX CORPS

31 janvier 2026 - 04:41

VIEUX CORPS

 

 

 

 

Comme un bateau sous le vent

Mon corps chancelant s’agite,

Quand ma main se lève elle tremble et palpite,

La jambe gauche refuse de me porter souvent.

 

 

Je rêve aux temps anciens ou je courrais si vite

Le long des vagues mourantes des baies de Bretagne.

Mais le passé n’est plus, il faut vivre au présent,

Et savoir profiter de l’instant.

 

 

La douleur dans les os irradie l’édifice,

Et ce vieux corps usé demande à se coucher.

Cette vieillesse est mienne, et j’ai l’esprit en paix,

Mais pour gagner cela combien de sacrifices !

 

 

L’esprit en paix : pour être sincère je doute,

Et remets en question chaque jour ma pensée,

Mais c’est un jeu léger, juste un peu brouillé,

La mémoire me fait perdre les mots envolés.

 

 

Eh oui ! L’âge s’impose avec son cortège,

De richesses et de souffrances voisines,

C’est ainsi, la vie court si vite qu’à peine apprivoisée

 Il faut la quitter.

 

 

 

 

 

 

 

PMH Samedi 31 janvier 2026

Fugues animales

28 janvier 2026 - 06:03

Fugues animales

 

 

 

 

Ce matin, plus de poules dans le poulailler.

Les lapins aussi ont déserté leur enclos.

Les chiens dorment à poings fermés.

Et le chat ne vient pas réclamer son repas.

 

 

 

Que se passe-t-il ? Quel voleur est entré,

Et tous nos animaux nous a volé ?

La maison est vide, plus un souffle de vie.

Le désert a tout envahi et le silence sévit.

 

 

 

C’est étrange et l’angoisse nous étreint,

De n’être plus entouré de ces âmes,

Qui chaque jour sans parler nous accompagnent,

Ah ! Mon Dieu ! Pourquoi ce châtiment ?

 

 

 

Étions-nous si mauvais qu’elles ne pouvaient plus vivre

Auprès de nous sans souffrir un martyre ?

Ou le train-train des jours les a si bien lassés,

Que vers d’autres cieux elles se sont envolées ?

 

 

Pour la première fois nous nous nous demandons

Si nous étions des maîtres suffisamment bons.

Si nous leur donnions assez d’attention,

Et nous préoccupions de leur donner affection.

 

 

Notre vieux chien aveugle qui sentait si mauvais

Recevait-il autre chose que des « Ah ! Truf ! Assez ! »

Lorsqu’il venait maladroitement chercher

Un gâteau qui était la joie de sa journée ?

 

 

Notre gros chat qui devait chaque nuit,

Sortir dans le noir sous le vent et la pluie,

Quitter son bon coussin et son doux abri,

Pour rester vif et chasser les souris ?

 

 

Quant aux poules leurs œufs régulièrement pondus,

Leurs étaient kidnappées : elles ne pouvaient jamais

Couver à loisir leurs poussins au nid,

Non ! Pour des poules, ce n’était pas une vie !

 

 

Enfin les lapins se trouvaient enfermés,

Lorsque la terre de trèfles était couverte,

Ils ne pouvaient y mettre le bout de leur nez,

Au supplice de Tantale ils étaient  condamnés.

 

 

Ce matin je me suis réveillée,

Avec un goût amer dans la bouche installé,

Et voyant ma petite chienne venir chercher

Pleine de gaité son gâteau journalier

 

 

Je me sentis honteuse de n’avoir su donner

A tous ces animaux qui ne savaient qu’aimer,

Une pitance meilleure d’attention et de soins,

Que celle qu’ils recevaient.

 

 

Depuis ce rêve j’ai lâché mes lapins

Dans le cresson bleu du jardin matin,

Laissé aux poules de la tranquillité,

Et à mon chat une chatière pour vivre sa liberté.

 

  

 

 

 

 

 

 

    PMH mercredi 28 janvier 2026

 


 

Perdu

26 janvier 2026 - 05:37

Perdu

                                   

 

 

Un endroit sombre et froid

La deuxième porte à côté

En haut de l’escalier.

On entend son cœur battre

Jusque dans ses tempes

Le silence se brise

Sur les murs humides.

 

 

 

Un vrai coupe-gorge

Cette bâtisse perdue

Au milieu de nulle part.

Et pourtant j’y étais

Encore, depuis toujours,

Ne parvenant pas à trouver

Le chemin du retour.

 

 

A l’abri de mon âme

De cet endroit sacré

Celui où je me tiens

Debout. Où je suis qui je suis.

Où un tison brillant

Rappelle l’amitié.

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

    PMH le 26 janvier 2026

Hiver glorieux

05 janvier 2026 - 04:54

Hiver glorieux

 

 

 

 

Comme je suis légère aujourd’hui

Et comme l’air est pur !

Le ciel est haut : je voltige dans la nuée.

C’est un matin magique où l’on peut traverser

L’horizon sans jamais le toucher.

 

 

 

Il fait froid et le gel a blanchi

D’un grand manteau blanc toute la prairie.

C’est un travail de fées que ces dentelles pendues

Aux arbres endormis dans ce matin béni.

 

 

 

Il fait froid, mais si beau :

Le soleil s’est levé et dissipé la brume,

Tout scintille et s’habille de vêtements de fête,

En mon cœur monte le désir de ne plus qu’être.


 

 

 

 

 

 

PMH le 05/01/2026