Mon père acheta une parcelle agricole. Il y construisit, aidé de quelques amis, la maison de plain-pied, dont il avait longtemps rêvé. J’en revois chaque mètre, -- moi qui n'ai jamais construit que des maisons de mots . Dans la hâte de sa construction, mon père, recherchant des pierres pour...
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A la maison de retraite, dans son unité Alzheimer, ma mère apparaissait, chaque jour davantage « désorientée », terrible euphémisme, en la circonstance. Elle perdit très vite son appareil dentaire et fut incapable de dire ce qu’elle en avait fait. En poussant son fauteuil roulant, je l’accompagnai plus...
Un jour de la fin de l’année 1995, mon père fut hospitalisé. Son pronostic vital était engagé. Ma mère ne voulait pas le croire, ni l’admettre, elle qui lui disait, avec cette adorable faute de grammaire : « tu mouriras pas ». Arrachée à sa Pologne nata...
Quelquefois, parlant de sa femme, s’il était d’humeur moqueuse, ou conflictuelle, mon père lui disait, ironiquement, « tu es une vraie D.P. » . C’est ainsi que les Américains désignaient après la guerre, les personnes déportées. Pourtant, de son jardin, qui était , au bout du compte, son...
Dans le présent du verbe aimer, dans tous les printemps à venir, il n’y a que vous. Dans toutes les pluies, tous les matins, toutes les nuits, dans les grands vents, les paysages, vous régnez de ce seul règne, celui d’aimer. Dans la saveur de chaque fruit, dans les saisons que je traverse, dans tout mon appétit de vivr...
Un jour que je racontais mes chagrins d’amour à ma mère, quand, devenue veuve, elle vivait seule, depuis plusieurs années, elle me répondit : « qu’est-ce qu’on va devenir ? ». Je compris alors, à travers ce « on », qui nous désignait , elle et moi, à quel point son amour...
Quand ma mère mourut, je ne pensai qu’à la faire accompagner sur le chemin qui l’attendait, désormais, par un violon jouant de la musique klezmer, – cette musique qui survécut à l'extermination des juifs. Bien que nous n’en eussions jamais écouté ensemble, elle m’avait souvent dit qu...
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Quand ma mère fut atteinte de la maladie d’Alzheimer, son comportement, dans sa petite maison et dans la rue où elle se trouvait, inquiéta le voisinage. Un jour, elle aligna des chaises sur le trottoir, se parlant à elle-même. Mais ce qui décida de tout, fut l’inquiétude soulevée par une rumeur :...
Quand ma mère fut atteinte de la maladie d’Alzheimer, son comportement, dans sa petite maison et dans la rue où elle se trouvait, inquiéta le voisinage. Un jour, elle aligna des chaises sur le trottoir, se parlant à elle-même. Mais ce qui décida de tout, fut l’inquiétude soulevée par une rumeur :...
Mes parents tenaient l'épicerie du village. Un jour qu’il y avait grande affluence, et que le médecin était au milieu des clients, attendant son tour, ma mère profita de sa présence pour valoriser ses fruits et légumes, elle l’interpella : « n’est-ce pas, docteur, que mes fruits et mes légumes sont...
Mon père était un homme sensible : j’ai retrouvé, après sa mort, dans ses affaires, « Les fêtes galantes » de Verlaine, petit opuscule illustré d’aquarelles, et édité par Gründ. C’est le seul livre de poésie qu’il possédait : d’une certaine manière, c...
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