Le Piano,
C’est un piano tout blanc au doux bois rayonnant
Qui reluit bien charmant au noir mauve luisant ;
Tandis que ses deux mains pianotent Oh ! si belles !
Nacrées teint de Renoir, des temps loin demoiselles,
La clé haute au solfège libère le long flot
Touché clair et pensif qui file son solo …
Parait à la croisée, la lune qui inspire,
Mélodie de soirée qui va et se respire.
Que faites-vous de moi, jeu et ruissellement,
Écoulant vos frissons, dans mon cœur, finement ?
Que faites vous de moi, en ce voile de rêve,
Tissé au son d’amour qui, si pur, me soulève ?
Et l’onde est de clartés s’étirant au clavier
Laissant pencher la rose Ah vers moi à moitié !
Ah ! Beauté magique du doigté fin et leste,
Tu luis porcelaine ; Bel amour, Ô Toi ! Reste !
Quel vent d'un bel "antan", perle en ton front d'azur
Moi qui t’observe autant en terrasse au soir pur ?
Le rideau flotte, flanche, dentelle et voilure,
Traversé par cet air qui chante en vraie guipure.
Au soir qui sourit tant, la lune est d'un minuit
Qui s'éprend au chant lent, naturel qui séduit ;
Tout va si doux, si clair, si mémorable, étrange
Qu’il n’est que poésie, dans ce soir, qui s’échange !





