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Ténèbres

mort brume silence rencontre givre

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3 réponses à ce sujet

#1 Nathalie Verdier

Nathalie Verdier

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  • Une phrase ::Reflet de poésie dans le miroir.
    Prenons garde au miroir déformant, au miroir sans tain...

Posté 16 mars 2016 - 09:37

La brume était si dense, on aurait pu marcher dessus.

Pour ne pas me perdre, je suivais l' écho de ton rire déposé derrière cette immense montagne de non- dits, de silences et de pauses, de pensées à peine dévoilées.

Le froid était si mordant, mes lèvres, le bout de mes doigts auraient pu geler sans le souvenir de tes caresses à venir, ce que j' imaginais de nous.

Il faisait un temps à mettre les loups dehors, et d' ailleurs , ils marchaient sur mes traces, suivaient les gouttes de vie échappées de mon cœur, humant les effluves de la peur, se délectant  de ma peine, des lambeaux d' amour que je laissais derrière moi.

Certains se battaient pour quelques restes de lumière d'été dans des combats mortels qui soulevaient la poussière rougie de nos âmes. 

Un temps déraisonnable, ou les morts nous montraient la voie, serrant contre leurs linceuls les mots que nous ne pouvions prononcer, accrochant à leur regard éteint les lueurs des matins de Décembre, lorsque le givre distribue des étoiles.

Tu te tenais dans un recoin de ma tête, grelotant de peur et de froid, derrière le mur invisible de tes secrets.

Je me brisais sur la paroi de glace, désormais incapable de te rejoindre.

Des rivières s' écoulaient de mes yeux dans lesquelles je noyais les empreintes de mes gestes.

Les morts s' asseyaient à table, picoraient du bout de leurs rictus les reliefs d' une passion calcinée.

Et leurs rires faisaient de l' ombre à ma peine dans cette immensité de glace, ce désert blanc.

Nous attendions la mort, ou la fin, comme les âmes folles attendent leur bourreau.

L' odeur putride des espoirs déchirés emplissait l' espace de ses gestes amples, s' enveloppait dans les draps froissés de l' envie dépassée.

Tu te tenais droit, le front  cerné de barricades, la mine attachée aux barbelés sur lesquels séchaient mes pleurs.

Je serrais entre mes paumes ce qu' il restait de nous, tous ces jours sans lumière à chercher tes traces.

La lune déposait sur nos visages la doublure des ténèbres , posait sur nos cheveux des filets de soi dans lesquels nous serions bientôt pris au piège, aliénés par le mystère de notre rencontre.    

 



#2 Invité_nicolasd_*

Invité_nicolasd_*
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Posté 16 mars 2016 - 11:33

Superbe.

#3 Escamillo Cavradossi

Escamillo Cavradossi

    Tlpsien +++

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  • 2 311 messages

Posté 17 mars 2016 - 07:35

épicé d'Aragon, ce texte est rond,riche et acidulé comme un Saint amour



#4 Nathalie Verdier

Nathalie Verdier

    Tlpsien ++

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  • 121 messages
  • Une phrase ::Reflet de poésie dans le miroir.
    Prenons garde au miroir déformant, au miroir sans tain...

Posté 17 mars 2016 - 09:46

épicé d'Aragon, ce texte est rond,riche et acidulé comme un Saint amour

Très touchée, je rougis comme un framboisier... Miam...


vous vous enivrez de vos jeux d'écriture....

 

Votre texte est tout de même un peu entre la poésie et le roman quelque part ...enfin c'est ce que m'inspire la lecture

Merci pour cette remarque pertinente


Superbe.

Merci beaucoup !

Douce nuit





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